Energiepark Réiden

Acteur pionnier de la transition énergétique au Luxembourg, Energiepark Réiden développe des solutions concrètes, locales et innovantes, en s’appuyant notamment sur des modèles coopératifs et des communautés énergétiques. Entre projets de terrain, intelligence énergétique et engagement citoyen, l’organisation contribue à structurer un nouveau modèle énergétique au service des communes.

Monsieur Kauten, Energiepark Réiden joue aujourd’hui un rôle central dans
la transition énergétique. Quelle est votre mission ?

Notre mission est d’accompagner concrètement la transition énergétique au Luxembourg, en développant des solutions adaptées aux réalités locales.

Nous travaillons à la fois sur la production d’énergie renouvelable, sur la gestion intelligente de l’énergie et sur l’implication des citoyens et des communes. L’enjeu n’est plus seulement technique : il est systémique.

Chaque décision énergétique – qu’elle concerne l’électricité, la chaleur ou les réseaux – a un impact global. Notre objectif est donc de construire un système énergétique durable, résilient et accessible, en ligne avec les objectifs du Plan National Énergie et Climat.

Vous développez un modèle basé sur les coopératives et les communautés énergétiques. Pouvez-vous nous expliquer cette approche ?

C’est effectivement un pilier central de notre stratégie.

Nous avons notamment développé des structures coopératives comme Energy Revolt, qui permettent aux citoyens, aux communes et aux acteurs locaux de devenir directement partie prenante des projets énergétiques.

Parallèlement, nous travaillons sur des modèles de communautés énergétiques (e-community). Concrètement, plusieurs communes s’associent pour produire, partager et consommer leur propre énergie.

C’est le cas notamment avec des communes comme Beckerich, Habscht et Differdange, qui ont fait le choix de collaborer dans une logique territoriale. Ce type de modèle permet d’optimiser la production locale, de mutualiser les ressources et de renforcer l’indépendance énergétique.

Ce qui est essentiel, c’est que tout est structuré de manière professionnelle : la gestion, la facturation, le suivi énergétique et l’ensemble du management sont soigneusement organisés. Cela garantit la fiabilité du système et sa pérennité.

Vous êtes très présents sur le terrain avec des projets concrets. Pouvez-vous nous donner quelques exemples récents ?

Nous privilégions en effet des projets très concrets, directement ancrés dans les territoires, qui démontrent que la transition énergétique est déjà une réalité opérationnelle.

Un exemple emblématique est celui du projet « Am Pesch » à Schwebach, où nous avons développé une véritable communauté énergétique locale.

Ce quartier comprend 16 habitations équipées d’une installation photovoltaïque collective, associée à une batterie de quartier.

Ce système permet d’atteindre jusqu’à 80 % d’autoconsommation en temps réel, ce qui constitue un niveau particulièrement élevé.

Au-delà de la performance technique, ce projet illustre parfaitement la capacité des communes à structurer des modèles énergétiques autonomes et intelligents.

Nous avons également réalisé un projet innovant à Noerdange, avec trois maisons en bande intégrant une approche énergétique globale.

Chaque habitation est équipée de panneaux photovoltaïques (environ 30 kWp au total), d’un système de batterie et de pompes à chaleur géothermiques.

Résultat : plus de 60 % d’autoconsommation, avec un concept particulièrement novateur puisque 20 ans de coûts énergétiques sont intégrés dès le prix de vente.

C’est une approche qui sécurise les acquéreurs et apporte une visibilité économique à long terme. Enfin, nous intervenons aussi dans le secteur privé avec des solutions d’optimisation énergétique avancées.

Chez Barthel à Housen, nous avons mis en place un système intelligent permettant d’optimiser l’autoconsommation solaire pour la recharge de véhicules électriques.

L’objectif est d’utiliser au maximum l’énergie produite localement pour alimenter les infrastructures de recharge, en adaptant automatiquement les flux énergétiques.

Ce type de projet démontre que la transition énergétique passe aussi par la gestion intelligente de l’énergie, et pas uniquement par sa production.

Energiepark Réiden participe aussi à des projets européens innovants. Quel est l’intérêt
de ces collaborations ?

Ces projets nous permettent d’être à la pointe de l’innovation. Nous participons par exemple au projet EnerTEF, qui vise à intégrer l’intelligence artificielle dans la gestion énergétique à l’échelle européenne. L’objectif est de tester et d’optimiser de nouvelles solutions basées sur les données.

Nous sommes également impliqués dans des initiatives comme SmartCORE ou le projet D2ET (Data-Driven Energy Transition), qui visent à développer une transition énergétique basée sur l’analyse des données et la digitalisation.

Ces collaborations, avec des partenaires comme le LIST, le LISER ou le SnT, permettent de relier recherche, innovation et applications concrètes sur le terrain.

Votre approche dépasse largement la dimension technique. Quelle place accordez-vous
à la dimension sociétale ?

Elle est essentielle. La transition énergétique ne peut réussir que si elle est acceptée et portée par la société. C’est pourquoi nous intégrons des modèles comme “Economy for the Common Good”, qui placent le bien commun au centre des décisions.

Nous sommes convaincus que l’énergie doit être pensée comme un levier de développement territorial, de cohésion sociale et de durabilité.

Notre organisation repose aussi sur une équipe à taille humaine, avec un fort esprit collaboratif. Cette proximité nous permet d’être réactifs, innovants et proches des besoins des communes.

Au final, notre ambition est claire : construire un système énergétique local, intelligent et partagé, qui profite à l’ensemble de la société. 

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