Luxcontrol : Entre déconstruction, réemploi, dépollution et revalorisation
Luxcontrol accompagne depuis plusieurs décennies les mutations industrielles et urbaines. À travers ses différentes expertises, l’entreprise est en mesure d’intervenir à chaque étape de la vie d’un site, de son exploitation jusqu’à sa reconversion en intégrant des enjeux environnementaux qui imposent de repenser en profondeur la manière de construire, déconstruire et réutiliser. Explications avec Christophe Bubel, Murielle Dauvin, Régis Reicher et Camille Jongy.
Assistance à la maitrise des risques
Créée en 1978 dans un contexte industriel marqué par la sidérurgie, Luxcontrol s’est progressivement imposée comme un acteur de référence dans l’assistance à la maîtrise des risques, de la santé, de la sécurité et de l’environnement sur une multitude de secteurs. « Nous sommes présents sur l’ensemble de la durée de vie d’un bien : de l’étude initiale jusqu’à la cessation d’activité et la remise en état du site », résume Christophe Bubel, Head Account Manager.
Son cœur de métier peut ainsi se définir comme une mission globale d’assistance à la maîtrise des risques. « Nous agissons principalement dans les domaines de la santé, de la sécurité et de l’environnement et couvrons l’ensemble des activités qui en découlent », poursuit-il.
Déconstruire
La phase de déconstruction occupe une place stratégique. Loin de se limiter à une simple démolition, elle constitue aujourd’hui un moment clé pour anticiper les impacts environnementaux et envisager le réemploi des matériaux. Avant toute intervention, une première étape s’impose : celle de sécuriser le site et comprendre ce que l’on va déconstruire. « La première chose, c’est l’analyse. Nous devons savoir si le site est accessible, s’il y a des risques, des déchets dangereux ou des pollutions », explique Murielle Dauvin, directrice du service contrôle technique construction. C’est à ce stade que les premières investigations sont menées.
Vient ensuite le temps de la réflexion : que faire du site, et surtout, que faire des matériaux qui le composent ? « Derrière chaque chantier de déconstruction se cache une question centrale : celle de la valorisation. Un matériau issu d’une démolition est, par défaut, considéré comme un déchet. A ce moment-ci, tout l’enjeu, c’est de lui redonner une valeur », poursuit-elle.
Ce travail de requalification est relativement complexe. Contrairement à des matériaux neufs, parfaitement normés et documentés, les éléments issus de la déconstruction sont souvent dépourvus de traçabilité. « D’où viennent-ils ? Quelles sont leurs caractéristiques ? Peuvent-ils être réutilisés en toute sécurité ? Autant de questions auxquelles il faut répondre avant d’envisager une seconde vie », déclare Murielle Dauvin.
Chez Luxcontrol, notre rôle est d’accompagner et de sécuriser les démarches, mais également de garantir la qualité des matériaux, leur sécurité et leur conformité », souligne-t-elle.
Réemployer
Si le réemploi des matériaux apparaît comme une solution évidente sur le plan environnemental, sa mise en œuvre reste néanmoins encore limitée. En théorie, une grande partie des matériaux pourrait être réutilisée. En pratique, les contraintes techniques, réglementaires et économiques freinent cette ambition.
« Aujourd’hui, les taux de revalorisation sont encore assez faibles », constate Christophe Bubel. Les matériaux sont souvent réutilisés dans des usages secondaires, comme le remblai ou les sous-couches routières. Une solution utile, mais encore loin d’un réemploi à forte valeur ajoutée.
L’un des principaux freins reste la question de la responsabilité. Dans le secteur du bâtiment, les professionnels doivent garantir leurs ouvrages. « Or, un maçon ne peut pas prendre le risque d’utiliser un matériau sans connaître précisément ses performances », rappelle Murielle Dauvin.
Pour faire évoluer les pratiques, un changement de logique s’impose. « Il faut penser les projets dès le départ en intégrant le réemploi », insiste-t-elle. Cela suppose une meilleure coordination entre tous les acteurs, dès la conception. « Aujourd’hui, on regarde après coup ce qu’on peut réutiliser. Demain, il faudra concevoir avec ce qui existe déjà », explique-t-elle.
Dépolluer
En parallèle, la question des sols pollués est centrale dans la reconversion des friches industrielles. « Sur des sites comme celui de Esch-Schifflange, nous menons depuis plusieurs années des études pour identifier et caractériser les contaminations », précise Régis Reicher, responsable de secteur Pôle Sites et Sols Pollué.
La démarche repose sur un inventaire des activités passées, suivi de campagnes de forages et d’analyses. « Nous identifions les zones à risque, puis nous vérifions sur le terrain la présence de pollution », explique Camille Jongy, responsable adjointe de ce même secteur. Ces investigations permettent d’établir une cartographie précise de l’état des sols.
L’objectif n’est pas d’atteindre un niveau de pollution nul, mais de rendre le site compatible avec ses usages futurs. « Nous raisonnons en fonction des risques : une zone destinée à des activités artisanales ou industrielles n’a pas les mêmes exigences qu’une structure plus sensible telle qu’une crèche ou une école », poursuit-elle. Cette approche permet d’adapter les travaux de dépollution et d’optimiser les volumes de terres à traiter, tout en garantissant la sécurité sanitaire et environnementale.
Depuis une dizaine d’années, Luxcontrol accompagne le projet de requalification du site. « Nous prenons en charge la gestion complète des problématiques de dépollution », déclare Régis Reicher.
Un laboratoire d’analyse unique
Le laboratoire de Luxcontrol, accrédité ISO 17025, vient en soutien de ces activités, notamment pour les analyses environnementales. Il intervient sur les sols, les poussières ou encore les eaux afin d’identifier les pollutions et d’en suivre l’évolution.
« Sur les chantiers, ces analyses permettent également de surveiller les nuisances, comme les émissions de poussières et d’ajuster les pratiques si nécessaire. Nous mettons en place des suivis et des plans d’action dès que les seuils sont dépassés », précise Murielle Dauvin.
Une vision holistique
En croisant déconstruction, réemploi et dépollution, Luxcontrol est en mesure d’offrir une approche holistique et adaptée à la complexité des projets actuels. Dans un contexte de transition environnementale, cette capacité à relier les expertises au sein d’une même entité est primordiale. « Nous pouvons dès lors accompagner les projets de manière cohérente, en conciliant exigences techniques, contraintes réglementaires et enjeux environnementaux avec un seul et même interlocuteur », conclut Christophe Bubel.