SWIO amorce un virage stratégique

Au départ ахé sur les infrastructures dе recharge, SWIO s’еngagе dans un développement stratégique significatif аu Luхembоurg. Grâce à unе rеfоnte dе sоn imagе de marquе, l’еntrеprise sоuhаite élargir sоn сhamp d’aсtiоn au-delà dе l’électrоmоbilité pоur s’аffirmеr cоmme un actеur inсоntоurnаblе dаns le sеcteur dе l’énergie, еn аdéquatiоn avеc l’évоlutiоn rapidе des usagеs et des besоins du marсhé. Zoom sur les contours de ce rebranding avec Marvin Rassel, responsable de la marque.

SWIO s’est d’abord imposé comme un spécialiste des infrastructures de recharge. Comment décririez-vous aujourd’hui votre rôle dans l’écosystème luxembourgeois et la manière dont il a évolué ces dernières années ?

À l’origine, notre cœur de métier était effectivement très centré sur la recharge : nous accompagnions nos clients de l’étude à la mise en œuvre des infrastructures, en passant par l’exploitation et le service après-vente, avec tout le volet nécessaire pour gérer et intégrer les bornes dans un système cohérent. Mais, assez rapidement, nous avons cherché à aller plus loin en proposant des solutions complètes et en anticipant les besoins du marché, notamment à travers des développements internes comme des bornes mobiles pour les chantiers.

Aujourd’hui, notre rôle s’est élargi. Nous accompagnons les entreprises dans l’électrification de leurs flottes, un enjeu majeur au Luxembourg où les véhicules de société représentent une part très importante du parc. En parallèle, nous travaillons étroitement avec les communes pour déployer des infrastructures publiques et répondre aux contraintes du terrain, notamment dans les zones où l’installation de bornes privées est plus complexe. Cette proximité avec les différents acteurs nous permet d’avoir une vision très concrète des usages et des besoins et de faire évoluer notre positionnement en conséquence.

Vous évoquez justement une évolution des usages. Quels changements observez-vous sur le terrain et en quoi ont-ils contribué à faire émerger ce rebranding ?

Le changement est très net. Il y a encore deux ou trois ans, lorsque nous réalisions un diagnostic chez un particulier pour installer une borne, la décision était généralement rapide : le besoin était identifié et la solution assez évidente. Aujourd’hui, les discussions sont beaucoup plus riches, mais aussi plus complexes. Les clients s’interrogent sur le photovoltaïque, sur les prix dynamiques de l’électricité, sur la manière d’optimiser leur consommation ou de combiner différents équipements entre eux. Cela traduit une montée en maturité du marché, mais aussi une complexification globale du sujet énergétique. L’électromobilité ne peut plus être pensée isolément. Elle s’inscrit dans un ensemble beaucoup plus large, où interviennent de nombreuses variables.

C’est précisément ce constat qui a également motivé notre rebranding. Il ne s’agit pas d’une rupture, mais plutôt d’une évolution naturelle. En avançant dans notre métier, nous avons compris que notre valeur ajoutée résidait de plus en plus dans la capacité à orchestrer l’énergie dans son ensemble. Nous avons donc fait le choix de nous repositionner comme « SWIO, The Energy Company », afin de refléter cette réalité et d’apporter une réponse plus globale aux attentes du marché.

Concrètement, comment se traduit ce nouveau positionnement et quelles sont les différentes briques que vous développez à travers cette nouvelle identité ?

Ce nouveau positionnement se traduit par une structuration beaucoup plus claire de notre offre, autour de plusieurs volets complémentaires qui forment un écosystème énergétique cohérent. L’idée est vraiment de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, en partant de l’infrastructure jusqu’à l’optimisation et à la gestion de l’énergie.

Le premier pilier reste celui des infrastructures de recharge, qui constitue notre base. Nous continuons à concevoir, installer et opérer des bornes, que ce soit pour les entreprises, les particuliers ou les collectivités. Ce volet reste essentiel, mais il est désormais intégré dans une vision plus large.

Le deuxième axe concerne les systèmes de gestion de l’énergie, les EMS (Energy Management System), que ce soit à l’échelle d’un foyer ou d’une entreprise. À travers ces solutions, nous permettons de piloter intelligemment la consommation en fonction de plusieurs paramètres : les prix du marché, la production photovoltaïque, l’état des batteries ou encore les habitudes d’usage. L’objectif est d’optimiser à la fois les coûts et l’efficacité énergétique, en automatisant des décisions qui deviennent de plus en plus complexes à gérer manuellement.

Enfin, le troisième volet, plus récent, est celui des communautés énergétiques. Nous avons développé une plateforme en interne qui permet de connecter des producteurs et des consommateurs au sein d’un même système, avec un processus d’intégration et une facturation automatisée. Concrètement, cela permet, par exemple, à une commune de redistribuer l’électricité qu’elle produit à ses habitants, plutôt que de l’injecter dans le réseau, créant ainsi un modèle plus local, plus efficace et avantageux pour tous.

Au-delà de ce rebranding, comment envisagez-vous l’avenir du secteur, au Luxembourg et plus largement en Europe ?

Nous sommes convaincus que l’électromobilité va continuer à se développer, mais surtout à s’intégrer de plus en plus dans une logique énergétique globale. Ce qui se dessine, c’est une convergence entre mobilité, production et gestion de l’énergie, avec des systèmes de plus en plus intelligents et interconnectés.

Parmi les évolutions majeures, la recharge bidirectionnelle va jouer un rôle clé. Elle permettra d’utiliser les véhicules comme des sources d’énergie, capables d’injecter de l’électricité dans un bâtiment ou dans le réseau aux moments où la demande est forte, puis de se recharger lorsque les conditions sont plus favorables.

Finalement, le message est assez simple : la mobilité électrique ne doit plus être perçue uniquement comme une alternative technologique, mais comme une composante d’un système énergétique plus large, porteur d’opportunités. C’est cette vision que nous portons aujourd’hui et que notre rebranding vient formaliser. 

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