GERI Management, la performance passe d’abord par l’humain

À contre-courant d’une RSE (responsabilité sociétale des entreprises) parfois perçue comme cosmétique, GERI Management fait du bien-être de ses collaborateurs un levier central de performance. Une approche incarnée, construite dans la durée, où l’humain n’est pas un discours, mais une pratique quotidienne. Zoom sur cette approche avec Angéline Prévot, administrateur délégué de l’entreprise.

Quelle place occupe la RSE au sein de l’entreprise et comment se traduit-elle concrètement dans votre management ? 

La RSE occupe une place centrale chez nous, parce qu’elle est directement liée à la manière dont je conçois mon rôle de dirigeante. Je manage les équipes au quotidien et je suis convaincue qu’une équipe qui se sent bien est une équipe performante et solide. Pour moi, la base d’une entreprise, c’est avant tout l’humain. Nous ne pouvons pas construire quelque chose de durable sans cette fondation.

Concrètement, cela passe par une attention particulière portée à l’évolution des collaborateurs. Notre rôle, en tant que managers, n’est pas simplement de recruter, mais de révéler des talents, d’accompagner les personnes dans leur développement, à la fois professionnel et personnel. Ce qui est très marquant, ce sont les transformations que l’on observe. J’ai en tête le cas d’une collaboratrice très réservée à son arrivée, presque fermée. Avec le temps, dans un environnement où elle s’est sentie en confiance, elle s’est ouverte, elle a évolué de manière impressionnante. Ce sont des choses qui ne se forcent pas, mais qui deviennent possibles lorsqu’un cadre sain est posé.

Nous attachons aussi beaucoup d’importance aux relations humaines et à la transparence. Il peut y avoir des tensions, comme partout, mais elles sont exprimées. Une fois les choses dites, nous repartons sur des bases claires et saines. Cela permet d’éviter les non-dits et de construire des relations durables. La RSE, pour moi, ne doit jamais être artificielle. Ce n’est pas quelque chose que l’on met en place pour « bien paraître ». Ce sont des liens qui se construisent dans le temps, au quotidien. La stabilité de nos équipes, avec des collaborateurs qui restent souvent dix à quinze ans, en est une illustration concrète.

Vous avez mis en place plusieurs initiatives autour des espaces de travail et du collectif, notamment une expérience de théâtre. En quoi ces aménagements et ces moments partagés influencent-ils la dynamique de vos équipes ?

L’atelier de théâtre constitue sans doute l’initiative la plus marquante, car il a permis de faire émerger des dimensions rarement visibles dans un cadre professionnel classique. Organisé en décembre, il s’est inscrit dans une volonté d’explorer d’autres formes d’expression au sein de l’entreprise. À travers des exercices et des mises en situation, notamment autour de la gestion de conflits, un véritable déclic a pu être observé. Cette démarche a favorisé une plus grande aisance dans la communication et une meilleure capacité à s’exprimer dans des contextes variés, y compris professionnels. L’intérêt du théâtre réside précisément dans sa capacité à sortir du cadre habituel. Il permet de travailler la posture, la prise de parole et la gestion des émotions sans la pression immédiate des enjeux opérationnels. Pourtant, les effets se traduisent concrètement dans le quotidien, avec des échanges plus fluides, une meilleure gestion des situations complexes et un renforcement global de la confiance.

Nous mettons régulièrement en place des moments collectifs, qu’il s’agisse d’apéros ou de projets communs. Notre dernière campagne, organisée pour carnaval en est un exemple : construite sur plusieurs mois, elle a reposé sur une mise en scène progressive, avec une implication active des équipes. Ce type de projet contribue à structurer une expérience collective forte. L’ensemble de ces initiatives produit des effets tangibles : une organisation plus fluide, une meilleure coordination et une cohérence renforcée dans le travail au quotidien.

Comment parvenez-vous à faire vivre cette culture au quotidien sans qu’elle ne perde en cohérence
à mesure que l’entreprise évolue ?

C’est surtout une question de constance dans la manière de fonctionner au quotidien. Une culture d’entreprise, ça ne tient pas à des grandes déclarations, mais à des habitudes et à une façon de faire les choses, jour après jour. Nous essayons de garder un cadre clair, avec des valeurs simples : la confiance, la transparence et le respect. Après, la forme peut évoluer, les outils aussi, mais l’essentiel reste là. Ce qui compte, c’est de ne pas perdre ce fil conducteur.

Il y a aussi beaucoup de choses qui passent par la manière de communiquer et de gérer les situations concrètes. Si les décisions et les échanges restent cohérents avec cet état d’esprit, alors la culture suit naturellement, même quand l’entreprise grandit. Et puis, c’est quelque chose qui s’entretient en permanence. Ce n’est jamais acquis. Il faut y faire attention au quotidien, sinon ça s’effrite assez vite. 

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