Le développement durable comme fer de lance
Lors d’un entretien dans les locaux d’Astron Luxembourg à Diekirch, René Oly, manager du département «recherche et développement», nous a fait part de la nouvelle stratégie de la société mise en place pour les années à venir, fortement axée sur le développement durable.
Monsieur Oly, pouvez-vous brièvement revenir sur les activités de Lindab-Astron?
Lindab-Astron propose des produits industrialisés pré-étudiés pour les bâtiments métalliques destinés aussi bien à l’industrie qu’au commerce, aux loisirs, garages, bureaux, ou les plateformes logistiques ; les possibilités de constructions sont quasiment infinies, personnalisables et transformables. Nous sommes les leaders européens sur le marché avec un réseau de 350 bâtisseurs et trois sites de production dont un ici-même à Diekirch.
Ce ne sont pas moins de 40.000 entreprises qui se sont déjà tournées vers nous, que ce soit ici au Grand-Duché, dans le reste de l’Europe et en Russie, et ce, pour un total de près de 50 millions de m2 construits jusqu’ici. Lindab-Astron cherche à être le partenaire préféré de solutions durables dans le domaine de la construction métallique industrielle.
Sur quelle stratégie repose cet objectif ambitieux?
Lindab-Astron s’est fixé un objectif de croissance de 8 pour cent par an sur la période de 2010 à 2015, tout en mettant l’accent sur la durabilité des petits bâtiments.
Notre stratégie revêt elle-même quatre priorités. La première consiste à se concentrer sur l’optimisation des grands bâtiments qui sont notre pain quotidien. La deuxième est d’agrandir le réseau de concessionnaires. La troisième, de renforcer la vente directe, notamment en Russie et dans la CEI. La dernière priorité réside dans le développement de bâtiments de moindre envergure très durables, en utilisant par exemple des concepts de fabrication plus compétitifs et plus écologiques.
S’il est important d’améliorer les produits en tant que tels, il devient également de plus en plus important de participer à la conception des bâtiments, ce que nous nous attelons à faire pour dépasser ainsi le rôle de simple fournisseur. Car en tant que fournisseur, on ne peut jouer que sur les propriétés du produit.
Pour cela, nous travaillons de concert avec nos bâtisseurs pour trouver les meilleures solutions à mettre en place.
Nous avons ainsi mis à disposition de nos bâtisseurs différents modules spécifiques dans notre logiciel bien connu CYPRION. Cela leur permet de concevoir des solutions qui s’inscrivent toujours davantage dans la mouvance du développement durable. C’est très important, et cela à deux titres : les normes européennes de plus en plus strictes obligent d’une part les bâtisseurs à construire des bâtiments plus respectueux de l’environnement, et d’autre part, de réduire la consommation d’énergie des bâtiments, de réduire les coûts de fonctionnement et les émissions. Mais nous ne cantonnons pas à l’aspect écologique : nous considérons le développement durable dans son ensemble.
C’est-à-dire?
L’outil de conception et d’évaluation qu’est Cyprion ne se contente pas de comparer la consommation énergétique des bâtiments et d’en démontrer la raison économique. Notre nouvelle vision consiste à réaliser des bâtiments durables au sens large du terme, c’est-à-dire tenant compte des trois piliers du développement durable. Nous avons pour cela élargi notre «champ d’investigation» en matière de recherche et développement. Grâce à Cyprion, qui permet déjà un calcul de l’éclairage naturel, nous serons désormais également en mesure de calculer l’empreinte carbone, et la performance acoustique et d’un bâtiment, ce qui permettra d’accroître en plus le bien-être des occupants du bâtiment et ainsi de répondre à l’aspect «social» du développement durable.
Tout cela présuppose des investissements massifs en recherche et développement?
Tout à fait. Nous travaillons sur de nouveaux concepts et produits qui permettront d’atteindre des standards de bâtiments dits passifs, notamment une toiture double peau métallique de 260 mm avec une valeur de U=0,15 W/m2 /K, très rare dans notre secteur jusqu’à présent. Un autre exemple, le développement d’une gouttière intérieure plus durable, grâce à l’utilisation d’un nouveau produit laminé dans lequel nous combinons la technologie de membrane et l’acier, et qui permet dès lors de s’aligner sur la réglementation européenne en matière d’évacuation des eaux pluviales.
… L’acier a donc de beaux jours devant lui?
Sans aucun doute. L’acier est un matériau très écologique et économique, que ce soit en termes de fabrication que d’utilisation. Il peut être résistant à la corrosion par moyen de revêtements, n’émet aucune substance polluante, est indéfiniment recyclable – sans altération de ses qualités – en construction il est facilement modulable, un atout crucial à une époque où les bâtiments doivent rapidement pouvoir changer de fonction ; et les assemblages sont facilement et rapidement déboulonnables.