L’IFSB: de challenges en challenges

Christian Thiry a beaucoup de cordes à son arc. Administrateur-directeur chez Karp-Kneip Constructions SA, président du Groupement des entrepreneurs, administrateur à la FEDIL et à la Chambre de commerce, entre autres fonctions, c’est aussi lui qui, il y a quinze ans, eu l’idée de créer l’IFSB avec Roland Kuhn, président de la Chambre des métiers. C’est en cette qualité que LG le rencontre ce mois-ci, pour se souvenir de l’idée, à l’époque un peu folle, de créer l’institut qui fête ses dix ans de succès aujourd’hui. C’est aussi l’occasion d’évoquer le Conseil pour le Développement Economique de la Construction luxembourgeoise Asbl (CDEC) dont il est, là encore, le président.

 

Pourquoi avoir créé l’IFSB?

La création des structures de l’IFSB, il y a une quinzaine d’année, fut un vrai travail d’équipe. On savait depuis toujours que la base de nos entreprises était la compétence de nos salariés. Il fallait donc travailler main dans la main avec eux afin de leur offrir les meilleures formations possibles pour qu’ils acquièrent ainsi des compétences élevées.
C’était la condition sine qua non si nous voulions, dans le futur, avoir des entreprises bien plus performantes et bien plus compétitives.

 

Un pari risqué, non?

Tout le monde trouvait que l’on voyait un peu grand, mais il est un fait, qu’aujourd’hui, nous avons réussi, et nous pensons déjà à de nouveaux projets, tel que l’agrandissement de l’IFSB.

Il faut cependant avouer qu’à l’époque, tous les éléments jouaient en notre faveur. Nos partenaires sociaux, avec lesquels nous signons les contrats collectifs, ont bien compris qu’il ne suffisait pas uniquement de traiter sur les salaires ou la sécurité de nos salariés, bien que ce soit deux points très importants. Ils ont donc aussi voulu intégrer la question des compétences dans ces contrats, afin que les salariés puissent avancer dans leur métier.
Nous avons ainsi pu insérer la formation dans le contrat collectif, qui, lui, est d’obligation générale.

 

Quel bilan tirez-vous de ces dix premières années?

Nous avons eu un regard juste, et la vision de ce qu’est devenu le projet IFSB est très positive. Il faut quand même s’imaginer que l’on est parti de rien et que, jusqu’à aujourd’hui, nous avons formé 17.000 personnes. D’ailleurs, je remercie sincèrement toutes les personnes qui ont fait en sorte que cela soit possible: les entrepreneurs, les administrateurs, notre directeur, M.Renders, qui dirige une équipe dont beaucoup sont également présents depuis la création.

Le secteur, aujourd’hui, est plus ordonné, le Groupement est extrêmement fier de la réussite de l’IFSB qui gère plusieurs volets très importants tels que l’évaluation des compétences de nos salariés ou la mise en place de formations sécurité-santé dans tous les cours donnés, ce qui a aidé à diminuer les accidents ainsi que l’absentéisme dans les entreprises.
Aujourd’hui, la grande majorité de nos salariés sont passés par l’IFSB et ont pu ainsi augmenter leurs niveaux salariaux grâce à leurs compétences.

Mais tous les défis se terminent un jour pour qu’en débutent de nouveaux.

 

Quels sont ces nouveaux défis?

Nous avons de nouvelles idées en permanence et il nous faut de plus en plus de structures pour pouvoir les mettre en route. C’est pourquoi, nos principaux défis résident dans l’agrandissement du bâtiment à Bettembourg et l’intégration de plus en plus de jeunes grâce à notre projet Youth&Co qui permet de mieux faire voir la construction à la jeunesse, lui montrer qu’il y a de l’avenir dans ce secteur. Les jeunes doivent réapprendre que les métiers manuels et l’artisanat peuvent mener à de belles carrières très valorisantes.

Le développement durable est l’une autre de nos autres grandes missions désormais. Nous avons créé, au sein du CDEC (Conseil pour le Développement Economique de la Construction luxembourgeoise Asbl), Neobuild, qui étudie les nouvelles technologies qui permettront des  constructions durables et écologiques. Une fois ces nouvelles technologies adoptées, c’est via l’outil IFSB et ses formations que se fera l’intégration de nouvelles façons de construire, par l’apprentissage de ces nouvelles compétences, et ce, toujours pour garantir aux entreprises et aux salariés, pérennité des emplois et compétitivité.

 

Vous avez mentionné le CDEC. Pouvez-vous nous expliquer ce que c’est et quel est votre rôle dans ce conseil?

Après le succès de l’IFSB, d’autres idées sont nées et les missions réalisées par le Groupement se sont multipliées. Nous nous sommes alors confrontées à plusieurs gestions, à la fois distinctes et similaires: l’IFSB, Cocert, Neobuild, Youth&Co et l’encaissement des Cotisations Formation Sectorielle Bâtiment.

Nous avons donc décidé, en 2008, de créer le Conseil pour le Développement Economique de la Construction luxembourgeoise Asbl, que je préside, pour regrouper et gérer au mieux l’ensemble, surtout au niveau juridique, managérial et normatif. C’est donc une véritable stratégie sectorielle intégrée qui est mise en place et menée.

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