Se former continuellement pour évoluer ou se réorienter
Dans un contexte de transformation du marché du travail, la formation continue s’impose comme un levier essentiel d’évolution professionnelle. Entre montée en compétences et reconversion, les parcours se diversifient selon les besoins. Au Luxembourg, l’offre s’adapte aux contraintes des actifs grâce à des formats flexibles et une pédagogie axée sur la pratique. L’essor de l’intelligence artificielle renforce par ailleurs le besoin de formation, afin de permettre à chacun d’en comprendre les usages et d’en maîtriser les enjeux. Explications avec Stefano Araujo, conseiller en formation à la Chambre des salariés.
Monter en compétences… ou changer de secteur
Deux notions structurent aujourd’hui les parcours de formation : la montée en compétences et la reconversion (upskilling et reskilling).
La montée en compétences, tout d’abord, concerne les personnes souhaitant approfondir leurs connaissances ou élargir leur champ d’expertise. « C’est acquérir de nouvelles compétences, souvent dans son domaine, mais pas uniquement », précise Stefano Araujo. Cela peut aller de l’apprentissage d’outils bureautiques à des formations en leadership ou encore à la prise en main d’outils liés à l’intelligence artificielle.
À l’inverse, la reconversion s’inscrit dans une logique de changement plus profond. « Il s’agit, là, d’évoluer de manière horizontale, de changer de secteur ou d’activité », explique-t-il.
Une offre adaptée aux contraintes des apprenants
Pour répondre à ces besoins variés, l’offre de formation doit elle-même s’adapter. Au Luxembourg, une grande partie des apprenants suit des formations en parallèle de leur activité professionnelle. Cela implique une organisation spécifique. « Cours du soir, formations concentrées en fin de semaine, séminaires ponctuels : les formats sont pensés pour s’intégrer dans des emplois du temps souvent chargés. Les personnes continuent à travailler. Les formations sont ainsi aménagées en fonction de leurs contraintes », souligne Stefano Araujo.
Les entreprises peuvent également libérer leurs salariés pour suivre des formations ou encore coconstruire des programmes sur mesure. « Nous offrons la possibilité d’élaborer des formations adaptées à leurs besoins spécifiques, que ce soit en cybersécurité, en secrétariat ou dans bien d’autres domaines », ajoute-t-il.
Une pédagogie tournée vers la pratique
L’accent est mis sur des approches concrètes et directement applicables. « Nous privilégions le hands-on. L’objectif, c’est que les participants puissent utiliser immédiatement ce qu’ils apprennent », insiste Stefano Araujo. Contrairement à des formations plus théoriques, les participants travaillent sur des cas concrets, manipulent des outils et bénéficient d’un encadrement.
Dans de nombreux cas, ces formations débouchent sur des certifications ou des diplômes, ce qui renforce leur valeur sur le marché du travail. Elles demandent également un investissement personnel important. « Il y a souvent du travail en dehors des cours, des révisions, des préparations. Mais à la fin, il y a une reconnaissance, parfois même une évolution professionnelle », rappelle-t-il.
L’intelligence artificielle, un accélérateur de transformation
S’il est un sujet qui cristallise les évolutions actuelles, c’est bien celui de l’intelligence artificielle puisqu’elle accélère les transformations en cours et soulève de nombreuses questions. « Aujourd’hui, elle s’intègre progressivement dans les formations, que ce soit comme outil ou comme sujet d’apprentissage », déclare Stefano Araujo.
Pourtant, comme toutes les technologies, son utilisation nécessite un cadre clair. « Il faut apprendre à utiliser l’IA de manière raisonnée et responsable car les enjeux sont multiples : protection des données, confidentialité, fiabilité des informations… Ce sont autant de points qui nécessitent une vigilance accrue », insiste-t-il.
Former pour mieux comprendre et maîtriser
« Il y a un vrai besoin d’éclaircir ce qu’est l’IA et comment l’utiliser », explique le conseiller. L’objectif n’est pas de remplacer l’humain, mais de lui donner les moyens de garder le contrôle sur ces outils. « L’IA peut être un très bon outil, mais seulement si elle est utilisée et dirigée par des personnes qui maîtrisent leur domaine ».
Cette approche se retrouve également dans d’autres secteurs, notamment l’industrie, où les métiers évoluent vers davantage de supervision, d’analyse et d’anticipation. « On demande de plus en plus aux personnes de surveiller, d’interpréter et de réagir », souligne-t-il.
Au service des salariés
Au-delà des formations elles-mêmes, l’enjeu est aussi de rendre la formation accessible au plus grand nombre. « Notre objectif, c’est de permettre à chacun de se former, quel que soit son parcours ou son niveau initial », rappelle Stefano Araujo.
Cela passe notamment par la reconnaissance de l’expérience professionnelle qui peut ouvrir l’accès à des formations universitaires ; une manière de valoriser les parcours atypiques et de favoriser l’évolution professionnelle.
Pour s’inscrire aux formations, rendez-vous sur : www.LLLC.lu