L’investissement et le développement immobilier dans l’incertitude
PwC Luxembourg, un acteur important pour le marché de l’immobilier et de l’infrastructure au Luxembourg, a présenté, le 17 février dernier, les résultats de l’étude Emerging Trends in Real Estate Europe. Pour la neuvième fois, l’Urban Land Institute (ULI) et PwC Luxembourg ont conduit cette étude conjointement. Le rapport fournit une perspective des tendances du marché immobilier en Europe : son financement et les levées de capitaux, les secteurs, les villes et d’autres sujets relatifs à l’immobilier.
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«Cette année, plus de 600 acteurs ont participé à cette étude et ont pris part au processus de recherche de ce rapport», a déclaré Amaury Evrard, leader du département Immobilier et Infrastructure chez PwC Luxembourg lors de la présentation des résultats de la 9e étude Emerging Trends in Real Estate Europe, le 17 février dernier à Luxembourg.
En Europe, une crise économique a laissé le secteur de l’immobilier dans l’incertitude et les marchés de prédilection sont davantage ceux qui sont potentiellement des valeurs refuges que ceux à forte croissance économique. De plus, une attention croissante s’est portée sur des investissements très spécialisés, représentant des alternatives aux investissements immobiliers traditionnels.
D’après le rapport, cette année, les perspectives d’un quelconque redressement dépendent d’une part des conséquences que les récentes dispositions réglementaires auront sur la volonté des banques d’accorder des crédits, et d’autre part, du possible effondrement d’un autre secteur financier suite aux problèmes de dettes souveraines qui généraliserait finalement le transfert d’actifs des banques aux investisseurs.
2012 marque le commencement d’une ère qui sera, à ses débuts, caractérisée par plus d’aspects négatifs que de positifs.
Selon Emerging Trends in Real Estate Europe, cette année, le financement immobilier sera la première victime des mesures prises par les banques pour faire face aux pressions réglementaires et macro-économiques, le désendettement ne libérera pas de capital pour de nouveaux prêts immobiliers, la dette sera à court-terme et plus coûteuse, et il deviendra impératif de trouver d’autres sources de financement. Le tout sera donc de trouver de nouvelles opportunités dans les investissements secondaires aussi bien à long terme qu’à court terme. Jean-François Champigny, PwC Luxembourg Real Estate Advisory Leader, cite notamment l’exemple du développement durable, «une préoccupation majeure pour les acteurs de l’immobilier». «Il devient dorénavant une nouvelle source d’opportunités. De récentes études portant sur le marché européen ont démontré que les bâtiments verts trouvaient un locataire plus rapidement et avaient des rendements plus élevés.»
De nombreux investissements secondaires à long terme font leur apparition: les parcs photovoltaïques et éoliens identifiés comme un secteur de croissance par les personnes interrogées ou les hôpitaux et les centres de données qui sont attractifs puisqu’ils offrent un flux régulier de revenus.
Cette année, selon le rapport, les investisseurs continueront à éviter d’avoir une stratégie centrée sur des pays, des villes ou des secteurs tout entiers pour privilégier des approches par actif ou «deal by deal». Les valeurs enregistrées pour les villes européennes «peuvent difficilement être qualifiées de vives», avec plus de la moitié des villes enregistrant un taux d’attractivité plus bas que celui de l’année précédente. Cela comprend les principaux marchés tels que Londres, Francfort, Copenhague, Madrid et Rome.
Les villes figurant en haut du classement dans cette étude ont tendance à être soit en Europe occidentale ou du Nord, soit dans les régions émergentes de l’Est. Les marchés du top 5 sont Istanbul (pour la seconde année consécutive), Munich grâce à son taux de chômage le moins élevé d’Europe, Varsovie, Berlin et Stockholm.
«Le marché luxembourgeois dans son ensemble et en particulier le secteur des bureaux, s’est relativement bien porté en 2011 et les perspectives pour 2012 sont toujours assez positives. Du côté des fonds d'investissement, le modèle traditionnel du fonds d’investissement, tout comme les gérants de fonds, sont sous surveillance. Les grands investisseurs institutionnels veulent investir au travers de nouveaux types de comptes ségrégués, «club deals» et «joint ventures». Le marché luxembourgeois doit s’adapter à ces changements et en même temps anticiper les changements de réglementation», a conclut Amaury Evrard.
Communiqué par PwC Luxembourg