Accompagner les communes face au défi de l’électromobilité

Au Luxembourg comme ailleurs, les véhicules électriques prennent progressivement place dans les parcs automobiles, les services techniques, les entreprises et les transports. Pour les communes notamment, cette évolution ne se résume toutefois pas au simple remplacement d’un véhicule à moteur thermique par son équivalent électrique. Vincent Hieff, chargé de direction au Centre National de Formation Professionnelle Continue (CNFPC), présente les multiples enjeux qui impliquent de nouvelles pratiques, de nouveaux risques et, surtout, de nouvelles compétences. 

 

Bien plus qu’un changement de motorisation

Si le véhicule électrique s’intègre progressivement dans le quotidien, son utilisation et sa maintenance nécessitent une adaptation des habitudes. 

« En atelier, les procédures évoluent, tout comme la gestion des outils et l’organisation du travail. Plus largement, l’arrivée de véhicules électriques dans une flotte implique la refonte de certaines tâches. La question de la recharge, par exemple, demande une organisation différente : il faut anticiper les besoins afin de s’assurer que les véhicules et les équipements soient disponibles et chargés au bon moment », explique Vincent Hieff. 

L’évolution ne concerne pas uniquement les mécaniciens ou les techniciens spécialisés. « Tout le monde ou presque a passé son permis et appris à conduire sur un véhicule à combustion », rappelle-t-il. 

Aujourd’hui, les conducteurs professionnels, les employés communaux ou encore les utilisateurs occasionnels de véhicules de service sont confrontés à une technologie différente, avec ses propres risques ou caractéristiques.

 

Démystifier les risques et apprendre de nouveaux réflexes

L’un des objectifs des formations proposées par le CNFPC est également de démystifier l’électromobilité. Le véhicule électrique suscite parfois des craintes qui ne correspondent pas toujours à la réalité. 

« Il ne s’agit pas de nier les risques, mais de les comprendre et d’apprendre à y faire face. Avec les véhicules à moteur thermique, de nombreux gestes et réflexes sont devenus naturels au fil des générations. Les risques liés aux carburants, à leur stockage ou à leur manipulation font partie d’une culture acquise progressivement. Avec l’électromobilité, de nouveaux risques apparaissent et de nouveaux réflexes doivent être adoptés », déclare Vincent Hieff.

Le risque électrique constitue naturellement un premier élément à prendre en compte. S’y ajoutent les situations liées à une batterie endommagée, au risque d’incendie ou à la présence de substances chimiques. 

Ces situations restent encadrées par des protections importantes, mais elles nécessitent des connaissances spécifiques, notamment pour savoir ce qu’il est possible de manipuler et, surtout, ce qu’il convient de ne pas toucher. « Pour une commune, cette question peut concerner aussi bien un agent qui utilise quotidiennement un véhicule électrique qu’un service technique amené à intervenir sur un véhicule ou à effectuer un dépannage. Les services de secours et les pompiers sont également concernés.  L’objectif n’est donc pas de transformer chaque utilisateur en spécialiste de la batterie. Tous les professionnels n’ont pas besoin du même niveau de compétence. En revanche, chacun doit être conscient de la nature du véhicule avec lequel il travaille et connaître les règles adaptées à son activité », explique-t-il.

 

Les communes, pilier de la transition

Les communes occupent une position particulière dans cette évolution. Elles sont à la fois employeurs, gestionnaires de flottes et responsables d’une partie des infrastructures qui accompagnent la mobilité sur leur territoire. « Leurs parcs ne se composent pas uniquement de voitures : utilitaires, camionnettes, bus, machines et autres engins peuvent progressivement être concernés par l’électrification. Les besoins en formation doivent donc être adaptés à la diversité des véhicules et aux missions des agents ».

Les formations peuvent aussi contribuer à lever certaines appréhensions et à permettre aux utilisateurs de se familiariser avec une technologie qu’ils ne connaissent pas toujours. Les agents communaux ont, par ailleurs, un rôle qui dépasse leur seule fonction professionnelle. Dans leur quotidien, ils constituent également des personnes de référence pour les citoyens. Une utilisation maîtrisée et sereine de ces nouvelles technologies peut ainsi contribuer à les rendre plus familières auprès du grand public.

Les communes devront également composer avec un autre enjeu : les infrastructures. « En effet, l’électromobilité ne concerne pas uniquement les véhicules, mais aussi les installations qui permettent leur utilisation et leur recharge. Les parkings, les équipements de recharge et, plus largement, l’évolution des espaces publics font partie des nouveaux défis communaux », prévoit Vincent Hieff.

 

Une formation adaptée aux besoins

Pour répondre à l’ensemble de ces enjeux, le CNFPC a développé un domaine de formation spécifiquement consacré à l’électromobilité. L’offre couvre différents types de véhicules, de la voiture au bus, en passant par les motos, les camions ou les véhicules utilitaires.  « Notre approche pédagogique s’organise autour de plusieurs niveaux, qui va de la sensibilisation des utilisateurs jusqu’à des formations destinées à des professionnels amenés à intervenir de manière beaucoup plus approfondie sur les véhicules ».

Des formations courtes peuvent ainsi être proposées à des personnes qui utilisent un véhicule électrique dans le cadre de leur travail et souhaitent simplement comprendre les principales différences avec un véhicule thermique. D’autres formations s’adressent à des professionnels dont les missions nécessitent des compétences plus poussées. 

« Certaines sont aussi organisées dans le cadre d’une accréditation de l’Association d’Assurance Accident (AAA). Un contenu et un nombre minimum d’heures sont alors nécessaires pour accéder aux certifications concernées. Nous pouvons néanmoins adapter nos formations aux réalités des participants, à leurs véhicules et à leurs contraintes organisationnelles », explique-t-il. Les formations peuvent également être dispensées directement au sein des communes ou des entreprises. Celles-ci sont disponibles en plusieurs langues : luxembourgeois, allemand, français et anglais. 

« Nous nous positionnons comme un partenaire des entreprises et des administrations publiques pour les accompagner dans leur transition, avec une offre qui va de la simple sensibilisation à des formations spécialisées », conclut Vincent Hieff. 

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