La stratégie de la SuperDrecksKëscht® pour le climat

Derrière chaque pot de peinture entamé, chaque bidon d’huile usagée ou chaque aérosol déposé dans un point de collecte se cache un enjeu bien plus vaste que celui de l’élimination des déchets. La SuperDrecksKëscht® fait de la gestion des déchets dangereux un véritable outil au service de l’économie circulaire et de la protection du climat. Thomas Hoffmann, assistant de direction chargé de la protection du climat, de la gestion environnementale et de la RSE, présente cette démarche qui s’appuie sur des données scientifiques permettant de mesurer, de manière concrète, les bénéfices environnementaux des filières de traitement choisies. 

Depuis 2020, Oeko-Service Luxembourg S.A., chargé de mission de l’action SuperDrecksKëscht®, établit chaque année son bilan climatique. Depuis 2022, cette évaluation intègre également le Scope 3, qui prend en compte l’ensemble des émissions indirectes liées aux activités de l’entreprise. L’objectif est clairement défini : disposer d’une vision complète de l’empreinte carbone générée par la collecte, le transport et le traitement des déchets, qu’ils proviennent des ménages ou des entreprises.

« Chaque année, environ un tiers des déchets collectés provient du secteur professionnel, contre deux tiers issus des particuliers. Ces données permettent non seulement de suivre les performances environnementales des filières, mais également d’alimenter les statistiques transmises aux communes. Celles-ci disposent ainsi d’une vision globale des quantités de déchets, dangereux ou non, collectées sur leur territoire. C’est un indicateur précieux dans le cadre des politiques environnementales et climatiques », explique Thomas Hoffmann.

OSL a établi le rapport pour l’année 2025 qui se base sur le Greenhouse Gas Protocol et sur la norme ISO 14064. L’empreinte carbone globale de la SDK s’élève à 1243.62 t de CO2  avec une économie de 2573.23 t grâce à l’application du concept de potentiel de ressources pour le traitement des déchets.

Choisir les filières les plus performantes

Depuis plusieurs années, la SuperDrecksKëscht® soumet les différents partenaires chargés du traitement des déchets à un audit approfondi. L’objectif n’est pas simplement de vérifier leur conformité, mais d’identifier les procédés offrant les meilleures performances environnementales. « Or, tous les modes de traitement ne se valent pas. Selon les matériaux concernés, plusieurs solutions existent : valorisation énergétique, recyclage, récupération de matières premières secondaires ou encore réutilisation de certains composants. La priorité est donnée aux procédés capables de préserver au maximum les ressources et de réintroduire les matériaux dans un nouveau cycle de production », déclare Thomas Hoffmann.

« Pour faciliter cette évaluation, chaque procédé est classé selon un système de notation, représenté par un code couleur allant du rouge au vert. Plus la part de matières récupérées est importante, plus le procédé est considéré comme performant. Cette approche permet ensuite d’évaluer également les émissions de CO₂ associées à chaque filière. Cette logique s’inscrit pleinement dans la stratégie européenne en faveur de l’économie circulaire. Pour Oeko-Service Luxembourg, il s’agit de travailler en permanence avec les partenaires qui utilisent les meilleures technologies disponibles. Si une solution plus performante apparaît, elle est étudiée afin d’améliorer encore les résultats obtenus », explique-t-il.

Les peintures et vernis, un exemple concret

Afin d’illustrer cette démarche, la SuperDrecksKëscht® a récemment confié à un bureau d’études indépendant allemand une analyse comparative portant sur les peintures et vernis, l’une des catégories de déchets les plus fréquemment collectées auprès des ménages luxembourgeois dans les communes. L’étude compare le procédé utilisé par la SuperDrecksKëscht® à un traitement plus conventionnel reposant essentiellement sur l’incinération.

La différence apparaît rapidement. Dans le système développé par la SDK, les déchets sont d’abord triés avant d’être orientés vers différentes filières. Une partie est valorisée énergétiquement, tandis qu’une autre permet de récupérer des matières premières secondaires ou des métaux destinés à être réintroduits dans l’industrie. À l’inverse, un traitement conventionnel repose principalement sur une valorisation thermique sans récupération de ces ressources. Les résultats sont significatifs. Selon l’étude, le traitement des peintures et vernis par la SuperDrecksKëscht® génère une empreinte carbone de 391 grammes de CO₂ par kilogramme de déchets traités, contre 710 grammes pour un système conventionnel. Cela représente une réduction de 319 grammes de CO₂ par kilogramme, soit environ 45 % d’émissions de gaz à effet de serre évitées.

Une démarche fondée sur des données scientifiques

Pour établir ces résultats, Oeko-Service Luxembourg s’appuie sur un bureau d’études spécialisé dans le calcul des empreintes carbone des entreprises et des produits. L’analyse mobilise les normes internationales de référence ainsi que de nombreux facteurs d’émissions reconnus. 

« L’exercice présente toutefois une particularité : les méthodes de calcul évoluent constamment. Les facteurs d’émissions sont régulièrement affinés afin de mieux refléter la réalité des procédés industriels. Cette amélioration continue rend parfois délicates les comparaisons directes entre plusieurs années, les méthodes utilisées n’étant pas toujours strictement identiques, car plus poussées », indique Thomas Hoffmann. Pour autant, cette évolution constitue un progrès. L’objectif est moins de comparer des chiffres à tout prix que de disposer d’indicateurs toujours plus fiables pour guider les décisions et améliorer les performances environnementales. 

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