Accompagner dans la digitalisation

Telindus Luxembourg constitue le pilier ICT du Groupe Proximus à Luxembourg et, à travers Telindus Telecom, la marque opérateur du groupe pour les entreprises. Elle fournit des solutions à l’ensemble des secteurs privés et publics. Pour Gérard Hoffmann, Président & Administrateur délégué depuis plus de dix ans, offrir des solutions ne suffit plus. Il faut aussi conseiller.
Comment accompagnez-vous le client dans la transformation digitale?
Nous offrons des solutions d’infrastructure. Premièrement, à la base de toute digitalisation, il faut une bonne connectivité. Celle-ci est un axe de développement et nous offrons aujourd’hui le même portefeuille que l’opérateur historique.
Deuxièmement, nous offrons des solutions dans le cloud. Nous en avons un installé au Luxembourg. Celui-ci est sous la régulation de la Commission de Surveillance du Secteur Financier. Celle-ci respecte un certain nombre de contraintes et permet de remplir la demande dans une certaine niche du cloud. Une majorité de Luxembourgeois sont rassurés que leurs données restent dans le pays.
Troisièmement, un autre axe de développement est la sécurité. La cybersécurité est un thème important aujourd’hui. Il n’y a pas de digitalisation sans l’obligation de réfléchir à la sécurité. Cela devient incontournable dans chaque projet.
Finalement, nous offrons de l’outsourcing global. Nous prenons en charge une responsabilité complète pour le client dans le domaine de la digitalisation. Nous pouvons faire de manière complète un business process outsourcing dans certains domaines. Nous sommes aujourd’hui l’un des grands acteurs de l’outsourcing au Luxembourg, dans notre domaine de l’infrastructure IT Telecom. Parmi les quatre axes que je viens de citer, c’est celui qui connaît la plus forte croissance depuis le milieu de la crise financière, entre 2010 et 2011.
Ces quatre solutions sont liées…
Oui, vous ne faites pas d’outsourcing sans cloud ou sans sécurité. La connectivité est bien sûr la base. Telindus dispose aujourd’hui de son propre réseau physique. A l’époque, il n’y avait pas d’offre concurrente à l’opérateur historique au Luxembourg qui avait le même niveau de qualité pour les entreprises. Nous revendiquons aujourd’hui être le deuxième opérateur le plus adapté aux entreprises, au même niveau que l’opérateur historique. C’est un investissement conséquent mais c’était une condition sine qua non pour le développement des trois autres activités.
Etendre ce réseau fait aujourd’hui partie de nos projets. Pour le moment, c’est un réseau partiel. Notre but est d’arriver à une couverture de 90% des entreprises luxembourgeoises d’ici deux ans. Les fibres sont là, il suffit juste de les interconnecter.
Avez-vous d’autres projets?
L’un des projets les plus importants de l’histoire de Telindus Luxembourg est son partenariat privilégié avec Innovative Solutions for Finance (IS4F) pour opérer les services de télécommunications et de stockage des institutions issues de l’ancien groupe Dexia. Ce partenariat a démarré fin 2013. De notre point de vue, c’est le plus grand contrat d’outsourcing au Luxembourg. A partir de ce moment, l’outsourcing a réellement commencé à prendre de l’ampleur pour la place financière luxembourgeoise. Depuis lors, d’autres acteurs comme Swiss Life nous ont sollicités.
Conseillez-vous votre clientèle?
Aujourd’hui, tout un chacun a l’impression de maîtriser les technologies. Nous remarquons pourtant que souvent, ce n’est pas le cas. Des acteurs comme Telindus se doivent donc d’être force de conseil. Il y a un réel besoin d’éducation, au sens positif du terme. Quand une personne ne maîtrise pas des éléments technologiques, elle a davantage à perdre qu’à y gagner. Des failles de sécurité peuvent également apparaître. Il faut comprendre le business du client, se mettre à sa place. Nous ne nous adressons plus uniquement à des directeurs IT mais à des PDG, des directeurs financiers, etc. Nous devons appréhender leurs besoins et aller au-delà de la technologie.
Comment voyez-vous le futur de la transformation numérique?
Nous préparons le futur par des projets initiés à ce jour. La plus grande révolution digitale concernera la place financière et, dans une moindre mesure, l’Etat. Ce dernier réalise aussi quelques projets. La grande masse critique des fonctions à informatiser se situe néanmoins dans le secteur financier au Luxembourg. Le public doit être encouragé à se former dans le secteur numérique car une grande majorité d’emplois sont créés dans ce secteur. On estime que 1.000 emplois sont créés chaque année au Grand-Duché dans le numérique. C’est donc le secteur qui emploie le plus en ce moment, à l’exception du secteur financier qui continue de croître.
La FinTech prend également de l’ampleur.
Le Grand-Duché essaye d’attirer de nouveaux acteurs dans ce domaine. Telindus souhaite les accompagner lors de leur implantation dans le pays. Nous nous efforçons de promouvoir la FinTech nous-mêmes à l’international depuis déjà plusieurs années, toujours en parallèle à la promotion qui est faite par le gouvernement.
Nous sommes concernés par l’international car nous avons de nombreux clients à l’étranger que nous servons depuis nos bureaux luxembourgeois. Plus de 30 à 35% de nos utilisateurs finaux sont à l’étranger. Les ventes se font toujours à l’entité luxembourgeoise. Mais l’utilisateur final, par exemple l’administratif qui utilise les logiciels, n’est pas toujours à Luxembourg. Le Luxembourg devient une plateforme pour beaucoup de gens qui travaillent à partir de l’étranger dans leur groupe respectif car leur informatique se situe au Luxembourg.
Comment le Luxembourg se situe-t-il par rapport aux pays frontaliers dans le digital?
Le Luxembourg a une très grande densité digitale. Le taux de connectivité de ses ménages est parmi les plus élevés en Europe. La connectivité des entreprises, l’intensité informatique dans les entreprises est également très élevée. La taille du marché de l’IT est la moitié de celui de la  Belgique, alors que notre pays est dix fois plus petit. Le Luxembourg est une place internationale de l’IT et de l’ICT. C’est un axe de croissance. Tout est digitalisé aujourd’hui, cela devient très simple avec tous les outils dont nous disposons. Tous les secteurs sont concernés : les hôpitaux, la logistique, etc.
Quant aux communes?
Le service de numérisation des communes pourrait encore être amélioré. Je pense qu’un bon travail est réalisé par le Syndicat Intercommunal de Gestion Informatique (SIGI), mais également par les communes qui ne sont pas rattachées à celui-ci. Le Luxembourg est assez innovant au niveau des communes, peut-être même plus qu’au niveau de l’Etat. Par exemple, l’Etat du Luxembourg n’offre que peu de services en ligne, tandis que le SIGI ou la Ville de Luxembourg en offrent énormément. L’Etat luxembourgeois est un peu en retard. La digitalisation dans les communes est louable et plus développée que dans nombre d’autres pays.

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