Faire évoluer les modèles d’entreprises des minutes aux octets est désormais devenu essentiel
Selon un nouveau rapport publié par Ernst & Young, les questions relatives aux nouveaux modèles d’entreprises, aux niveaux des dépenses en capital et à l’incertitude réglementaire représentent les plus grandes menaces et opportunités dans un secteur des télécommunications en mutation rapide.
Le rapport intitulé “Top 10 risks in telecommunications 2012”, dernier en date d’une série de rapports publiés annuellement et basés sur les points de vue des professionnels Ernst & Young de ce secteur, démontre, pour la première fois, que l’incapacité à contrôler les coûts ne figure plus parmi les dix risques les plus fréquemment évoqués. Alors qu’un positionnement fortement défensif, auquel s’ajoute la gestion dynamique des liquidités, a aidé les opérateurs à composer avec les incertitudes économiques, de nouveaux modèles d’entreprises sont indispensables à un déblocage de la croissance.
Olivier Lemaire, EMEIA Telecommunications Leader chez Ernst & Young ajoute qu’à «l’échelle mondiale, les opérateurs de télécoms sont confrontés à des demandes changeantes de la part de leurs clients, concurrents et régulateurs, engendrant de nouvelles pressions sur leurs organisations. Il est essentiel qu’elles fassent évoluer leurs modèles d’entreprise vers une approche basée sur les services “data“. Refuser cette progression constitue l’un des risques majeurs identifié cette année. De nouvelles approches en matière de tarification sont primordiales, les opérateurs ayant un rôle significatif à jouer à un moment où les infrastructures de télécommunications deviennent essentielles au développement d’autres secteurs, tels que celui de la santé ou des services publics».
Alors que les opérateurs élargissent leur gamme de services, les partenariats ne sont désormais plus un atout parmi d’autres, des “écosystèmes industriels forts“ sont indispensables à la promotion de nouvelles propositions. Simultanément, de nouvelles mesures commerciales sont également nécessaires pour communiquer plus efficacement ses performances financières et opérationnelles à la communauté d’investisseurs.
Enfin, les structures organisationnelles doivent également s’adapter à un paysage industriel changeant, afin de redéfinir de nouveaux atouts au sein même de leur activité. Il s’agit du dernier risque identifié pour cette édition 2012.
Manque de compréhension des clients
Olivier Lemaire poursuit: «Les opérateurs, ne tenant pas suffisamment compte de l’esprit changeant de leurs clients, mettent en péril l’identification pertinente des attentes des utilisateurs. Alors que la connaissance du client constitue une préoccupation actuelle pour l’industrie, les opérateurs reconnaissent qu’ils partagent leur appréhension clients avec d’autres acteurs du marché, qu’ils soient fabricants ou banques. Comprendre l’approche clients en perpétuelle mutation est plus important que jamais dans un contexte où les acteurs de l’industrie sont susceptibles d’ajouter de la valeur dans un marché évoluant rapidement».
Le rapport met également en évidence la nécessité pour les opérateurs d’utiliser au mieux la mine d’informations constituée par leurs clients afin d’optimiser la performance du réseau et de développer de nouveaux services. L’incapacité à entreprendre cette démarche signifierait une non-transformation de la demande en valeur ajoutée.
Manque de confiance dans le retour sur investissements
Les risques liés aux investissements d'infrastructure sont plus importants qu’au cours des années précédentes, étant donné les déploiements en cours de la technologie LTE (Long Term Evolution) et le ciblage agressif des réseaux nationaux à haut débit. Les opérateurs se sont montrés capables de contrôler les dépenses en capital grâce à une meilleure gestion des liquidités, mais un manque de confiance dans le retour sur investissements signifie qu’en rognant sur leurs dépenses en capital, ils pourraient mettre de côté les perspectives de croissance.
Manque de visibilité sur l’avenir réglementaire
Les pressions réglementaires constituent une préoccupation majeure pour le secteur. Selon Olivier Lemaire: «La réglementation de certaines activités est bien comprise, cependant les procédures évoluent rapidement dans des domaines tels que le lancement de services mobiles et le déploiement du réseau à très haut débit. Il est nécessaire de collaborer avec un grand nombre d’acteurs de l’industrie afin d’encourager les investissements dans cette industrie».
Entre-temps, les règles relatives à la confidentialité et la sécurité en ligne demeurent litigieuses. «La faible prise de position sur le respect de la vie privée, en termes de responsabilités envers les utilisateurs finaux et autres acteurs de l’industrie pourraient porter atteinte au rôle des opérateurs dans l’ère digitale», confie Olivier Lemaire.
Les dix risques majeurs identifiés dans le secteur des télécoms pour 2012 sont: le manque d’évolution des modèles d’entreprises des minutes aux octets, le désintérêt vis-à-vis de l’évolution changeante du client, les manques de confiance dans le retour sur investissements, d’information sur la possibilité de transformer la demande en valeur ajoutée et de visibilité sur l’avenir réglementaire. A ceci s’ajoutent, l’incapacité à capitaliser sur de nouveaux types de connectivité, une mauvaise formulation des stratégies de partenariat et des fusions et acquisitions, l’incapacité à définir de nouvelles mesures commerciales, le respect de la vie privée, sécurité et résilience et, enfin, le manque de flexibilité organisationnelle.
«J’ai entièrement confiance dans la capacité du Luxembourg à continuer d’attirer des opérateurs de télécoms et de les assister dans leurs stratégies destinées à maintenir et à accroître la valeur dans l’environnement de risque actuel. Grâce à une infrastructure ICT de pointe, un environnement politique et un cadre réglementaire favorables à la conduite des affaires, le Luxembourg compte de nombreux atouts, mis à disposition des sociétés qui vont tout d’abord appréhender, puis gérer les risques et enfin évaluer les bonnes opportunités», conclut Olivier Lemaire.
Communiqué par Ernst&Young