Consolider des bases déjà centenaires
2011 sonnait les 100 ans d’IBM. Pour cet anniversaire, et alors qu’au niveau mondial, le milliardaire Warren Buffet vient de racheter pour 10 milliards d’actions IBM, la branche luxembourgeoise de la multinationale s’est offert un très bon bilan ainsi qu’une couverture de plus en plus importante sur le marché. Pascal Lanser, directeur d’IBM Luxembourg, revient sur l’année passée et se projette dans celles à venir.
En ce début d’année 2012, pouvez-vous nous dresser un bilan de l’année passée? A-t-elle été bonne?
Oui, 2011 fut une très bonne année pour ce qui concerne IBM Luxembourg qui s’est plus ou moins aligné aux bons résultats du reste du groupe et cela malgré les années consécutives de crise que l’on connaît. Nous sommes particulièrement satisfait du positionnement de notre solution de «Cloud Computing» qui s’illustre par le partenariat que nous avons signé avec LuxCloud.
Nous avons également été très performant dans le domaine des softwares, un département où notre portefeuille de produits s’agrandit de jours en jours et où notre croissance locale est assez exceptionnelle puisque de 26%. Une bonne performance due à la stratégie qu’IBM mène depuis quelques années en termes d’acquisitions. Nous avons acquis des sociétés de softwares et des logiciels qui sont pour nous de vraies valeurs ajoutées que l’on assemble dans notre portefeuille et qui nous rend extrêmement attractif et plus présents, nous permettant une bonne pénétration sur le marché en termes de couverture fonctionnelle. Les acquisitions que nous faisons aujourd’hui sont vraiment des produits à destination des métiers de nos clients et non plus axés sur l’IT, comme cela pouvait l’être.
Ensuite, il faut tout de même rappeler qu’en 2011, IBM a fêté ses 100 ans d’existence, un anniversaire assez exceptionnel qui démontre combien la compagnie est stable et gère bien sa stratégie! Preuve en est le rachat pour 10 milliards d’actions d’IBM par le milliardaire Warren Buffet. Cette grande confiance est un signe révélateur.
Par ailleurs, au niveau mondial, IBM a changé de dirigeant. Nous sommes désormais dirigé par une dame, Ginni Rometty (ndlr: une première dans l’histoire d’IBM), cela démontre que les femmes ont, dans notre entreprise, une place importante: elles en occupent les plus hautes fonctions.
Une année 2012 qui s’annonce donc aussi bonne que l’année 2011, si ce n’est meilleure. Quels projets sont au programme pour cette nouvelle année?
Nous prévoyons un recentrage vers les domaines qui marchent le mieux, vers nos activités majeures. Nous nous sommes longuement intéressés aux spécificités des pays en cherchant à savoir ce qui pourrait nous différencier par rapport à nos concurrents et accroître notre valeur. Des choix ont donc été faits et ils constitueront les pôles dans lesquels IBM va investir, que ce soit en technologies ou en personnel. Bien entendu, nous n’abandonnons pas le reste. Nous le traitons comme nous l’avons toujours fait, mais nous n’investirons que dans ces domaines bien particuliers. Ici, au Luxembourg, nous collerons de plus en plus notre stratégie sur ce qui composera le tissu économique du futur, nous produirons des solutions adaptées aux différents secteurs.
Depuis six ans, IBM se projette dans le futur et présente les «IBM Five in Five», une liste de 5 innovations susceptibles de transformer nos façons de vivre (travail, divertissements, etc.) dans les 5 prochaines années. Qu’est-il prévu, plus concrètement, pour 2015?
«IBM Five in Five», est une liste de tous les changements qu’IBM imagine pour les années à venir dans nos vies de tous les jours. On pourrait qualifier ces visions de futuristes, mais, à y regarder de plus près, la plupart sont plutôt réalistes et certaines ont même été réalisées.
Cette année, nous avons imaginé que nous produirions nous-même notre énergie grâce au sport -marche, jogging, vélo- ou par l’intermédiaire de la chaleur que dégage nos ordinateurs. Nous espérons aussi que le temps des mots de passe soit révolu et qu’à la place, nos caractéristiques biologiques -reconnaissance vocale, rétinienne et biométrique- soient nos seules clés d’accès. Par ailleurs, la télépathie ne sera peut-être bientôt plus réservée qu’au domaine de la science-fiction. Plus réalisables encore, faire des courriers indésirables des publicités pertinentes qui intéressent le destinataire et donc faire disparaître la notion de spam, ou encore, et c’est là la chose la plus probable: la réduction de la fracture numérique. Il est évident que, d’ici 5 ans, 80% de la population mondiale actuelle possédera un terminal mobile.
Plus concrètement, notre feuille de route pour 2015 est assez simple. Comme je l’ai mentionné, il y a tout d’abord notre focalisation sur des domaines d’activités bien particuliers, trouver des différenciateurs dans ce qui est spécifique par secteur et par pays.
Ensuite, ce qui est également important c’est de consolider les bases de ce que l’on a en travaillant, par exemple sur la satisfaction client.
Enfin, nous allons pousser trois axes stratégiques très clairs, très affirmés, qui sont: tout ce qui se rapporte au «Cloud Computing», tout ce qui concerne le traitement intelligent des données («Business analitics and optimization») et le «Smarter commerce», des solutions destinées à faciliter les contacts commerciaux, une nouvelle manière de faire des affaires.
Bien sûr, nous avons cette stratégie business, mais nous n’oublions pas notre stratégie recherche et développement, surtout au niveau local. L’an passé, nous avons décerné notre IBM Faculty Award à Anne-Laure Mention, manager du programme InnoFinance et responsable de l’unité Innovation Economics & Service Valuation du CRP Henri Tudor. Cet été, notre programme Extreme Blue proposera à des étudiants une collaboration pour travailler avec nos laboratoires sur un projet en partenariat avec un de nos clients. Voilà comment IBM se projette aussi dans le futur au Luxembourg.