Le renouveau dans la continuité

Même si les projets de grande envergure sont légion dans la «capitale du sud» et que leurs contours se dessinent lorsqu’ils ne sont pas déjà partiellement sur pied, la bourgmestre Lydia Mutsch nous confie vouloir conserver une ville des «courts chemins» et à taille humaine. Entretien.
 

Les jalons de la future stratégie de développement du Square Mile, le «Business District» de Belval, viennent d’être posés. En quoi consiste-elle précisément et quelles sont les modifications apportées au projet global initial ?

Il s’agissait d’affiner le Masterplan existant datant de 2001 dans la partie centrale du Square Mile, afin de l’adapter aux nouvelles réalités existantes. Plus précisément, de définir les contours du Square Mile afin qu’il s’inscrive dans la continuité du site, et un concours a ainsi été organisé à cette fin. Signalons que lors de l’élaboration du Masterplan, il n’y avait encore rien sur le site.
Signalons également que le site de Belval se situe sur deux communes, celle d’Esch-sur-Alzette et celle de Sanem, et que la partie en phase de conception se situe principalement sur le territoire de Sanem. Les trois quarts de la superficie du Square Mile appartiennent à la commune de Sanem, et nous travaillons étroitement à sa réalisation avec nos collègues de Sanem.
Pour la partie située sur notre territoire, il s’agissait avant tout de faire le lien avec l’existant, à mon sens le cœur du site à connotation internationale et qui réunit déjà une mixité de fonctions : habitations, commerces, loisirs, bureaux et l’Université sur le point d’être érigée

 

Est-ce que les installations Sudcal qui ont été inaugurées en votre présence dernièrement marquent la mise en place d’une politique énergétique efficace pour le site de Belval ? Peut-on imaginer son extension sur d’autres quartiers de la ville ?

La chaleur distribuée par Sudcal l’est aussi dans le quartier Nonnewisen tout comme pour les bâtiments du Sommet – Lycée technique, CNFPC – et le ZARE-Sommet qui relie les trois communes d’Esch, de Sanem et de Mondercange.
Sudcal est un modèle d’avenir pour d’autres régions du pays. On se souvient des voix qui se sont élevées lors de la réalisation du projet Twinerg. Ici, aucun adversaire qui ne s’est manifestés lors de la réalisation de celui de Sudcal, tant le premier projet a été couronné de succès.

 

Un autre masterplan, celui du projet de reconversion du site industriel «Lentille Terre Rouge» serait en phase de finalisation, dit-on. Même si vous avez affirmé fin mars qu’il ne s’agissait que d’un document de travail, peut on imaginer un projet dans la même veine que celui de Dudelange, «Néi Schmelz», qui repose à la fois sur un concept très poussé de développement durable – intégrant les trois composantes sociales, environnementales et économiques  – et sur la préservation de l’histoire et du patrimoine du site ?

Je préfère m’inspirer des projets réalisés dans notre commune. Nous n’avons pas besoin de nous mesurer à ce que font d’autres à partir du moment où un tel concept de développement durable a déjà été mis en place chez nous, et ce, aussi bien sur le site de Belval que dans le quartier du Nonnewisen, pour ne citer qu’eux. Il faut savoir que tous les bâtiments qui s’y trouvent sont à basse énergie, et que le concept de mobilité de Belval repose sur un modal split 40/60.

 

Quel rôle ce projet jouera-t-il dans le développement de la ville d’Esch-sur Alzette ? Peut-on voir en lui un «mini-Belval» ?

Non, le projet ‘Terres Rouges’ ne sera pas un Belval bis. Lorsque le crassier sera totalement exploité, il se retrouvera au même niveau que le centre-ville, ce qui signifie qu’il constituera une extension de l’actuel centre-ville, à l’instar des quartiers de la Grenz, de la Hiel et du Brill qui le sont déjà. Certes, il affichera également une mixité de fonctions, mais n’aura pas vocation à devenir un quartier du savoir. Il s’inscrira plutôt comme un quartier local voire transfrontalier déjà de par la création du Groupement européen de coopération territorial Alzette-Belval signé avec la France.

 

La majeure partie du site ‘Terres Rouges’ se situe sur le territoire français. Comment se passe la collaboration avec l’Hexagone ?

Nous travaillons très étroitement avec nos homologues français. Le masterplan a été élaboré conjointement, et avec ce nouvel instrument que constitue le GECT, qui se prête très bien à l’échange d’informations et au transfert d’idées, rien ne se fait plus sans la participation des deux parties.

 

Pour répondre au développement de la ville d’Esch-sur-Alzette, celle-ci a décidé de mettre les bouchées doubles en matière de logements avec la réalisation du quartier Nonnewisen. Quel est l’esprit de ce projet et où en est-on ?

L’esprit est un peu le même que celui de Belval Nord, à savoir «vivre dans le parc» avec pour mots d’ordre la mobilité douce, les court-chemins, les commerces de proximité, un quartier où il ya donc un peu partout des espaces verts de même que de très bonnes connexions en matière de transports en commun.

 

On l’aura compris, Esch-sur-Alzette voit grand avec la réalisation de pareils projets d’envergure. A quoi ressemblera la deuxième ville du pays dans une quinzaine d’années ?

Je pense que nous allons pouvoir confirmer notre position de «capitale du sud», déjà rien qu’avec l’arrivée de l’Université qui nous donnera un rayonnement international et permettra de bien nous positionner au niveau national et dans la Grande Région. Esch-sur-Alzette a toujours été une ville des courts chemins où il fait bon vivre, et tout ce que nous comptons entreprendre devra toujours s’inscrire dans cette perspective. Notre objectif n’est pas de croître démesurément, et je dirais même que le seuil des 40.000 habitants nous rapproche de la limite à ne pas dépasser si nous voulons conserver notre qualité de vie.
Si je peux me permettre d’émettre un souhait, c’est qu’Esch affiche dans le futur une meilleure mixité économique et sociale.

 

Dans quelle mesure n’est-ce pas le cas ?

Je dois reconnaître que nous connaissons de graves problèmes sociaux qui ont presqu’une envergure nationale, que nous affichons un taux de chômage au-dessus de la moyenne nationale, que nos jeunes ont des lacunes au niveau de l’enseignement et de la formation, et le dynamisme qui se créé autour de Belval, notamment de par l’implantation de l’Université et de la venue des nouveaux projets que nous avons évoqués, nous espérons qu’une dynamique se créera permettant d’améliorer les perspectives économiques de notre ville.

 

Madame la bourgmestre, comptez-vous vous représenter en octobre ?

Oui. Nous avons déjà présenté notre liste au mois de janvier et suis déjà tête de liste depuis trois mois… avec une très bonne équipe pour m’épauler.

PhR

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