Rajeunir, innover, former : l’impulsion de Goblet Lavandier

Référence incontournable du génie technique au Luxembourg, Goblet Lavandier & Associés, continue d’écrire son histoire. Dans un secteur en constante évolution, le bureau renforce son organisation interne et mise sur l’intégration d’outils numériques et d’innovations. Rencontre avec deux membres clés de ce conseil, Nicolas Claude et Andreas Finken.

Quels sont les changements qui ont récemment eu lieu au sein du conseil d’administration et quelle était la motivation derrière ceux-ci ?

NC : Effectivement, il y a récemment eu du mouvement. Nous pouvons en quelque sorte parler d’un rajeunissement du conseil : Roby Eischen est parti il y a un an et demi et plus récemment, c’est Jacques Weyland qui s’est retiré. Pour ma part, je suis arrivé en juillet 2024 et Andreas nous a rejoints en juillet 2025. Ce renouvellement s’inscrit dans un processus de rajeunissement, mais concerne également l’actionnariat de l’entreprise pour en assurer sa pérennité sur le moyen et long terme. C’est un processus qui a été enclenché en 2022 et qui est désormais presque achevé.

Désormais, quels sont vos rôles respectifs au sein du conseil d’administration et comment se répartissent vos responsabilités ?

NC : Pour ma part, je m’occupe principalement du développement IT de l’entreprise, de la stratégie informatique et de celle en matière d’intelligence artificielle. En parallèle, je continue de gérer l’équipe énergie et innovation, qui intervient sur tous les aspects de concepts énergétiques, que ce soit pour des bâtiments ou des quartiers, pour des constructions neuves ou existantes. Cela inclut les certificats de performance énergétique, les audits, l’électromobilité ainsi que le photovoltaïque.

Nous avons également deux personnes dédiées à l’innovation. Elles assurent une veille réglementaire et technologique, restent en contact avec les fabricants pour connaître les nouveautés du marché et réfléchissent à la manière de les intégrer dans nos projets. Elles se chargent aussi de former nos ingénieurs à ces nouvelles technologies par l’intermédiaire de formations internes régulières.

AF : De mon côté, je suis chargé de la formation des nouveaux collaborateurs, à la fois interne et externe. Je suis également responsable de la qualité des études et des travaux pour assurer que les audits que nous faisons restent conformes et optimaux. L’objectif est de toujours rester à la pointe de l’innovation dans notre domaine. Je suis également chargé, avec deux autres personnes, du Capacity Management. Notre rôle est de déterminer qui peut travailler sur quel projet. Je suis donc régulièrement en contact avec les clients et les maîtres d’ouvrage pour assurer la liaison et la bonne coordination entre eux et nos équipes. Je suis très souvent le premier point de contact, notamment en cas de problème ou de question.

Avec les évolutions rapides du numérique, l’IT prend une place de plus en plus stratégique dans les entreprises, y compris dans le secteur de l’ingénierie. Comment envisagez-vous ce développement technologique dans les années à venir ?

NC : Dans un futur proche, notre principal axe de développement repose clairement sur l’intelligence artificielle et l’optimisation de nos processus internes. Nous lançons actuellement un vaste projet visant à introduire des outils basés sur l’IA pour automatiser un grand nombre de tâches chronophages, que ce soit pour nos ingénieurs, nos secrétaires ou nos dessinateurs. L’idée est d’éviter les tâches répétitives afin qu’ils puissent se concentrer sur leur véritable cœur de métier, sur les missions à haute valeur ajoutée, plutôt que les opérations facilement automatisables. Ce travail concerne tous les niveaux de l’entreprise : traitement de mails, planification, analyse de documents, etc.

Parallèlement, nous souhaitons aller beaucoup plus loin dans l’exploitation de notre base de données interne. Nous disposons d’un volume considérable de données accumulées depuis 1948, même si, évidemment, tout n’était pas numérisé au départ. Aujourd’hui, nous les utilisons déjà, mais nous voulons les valoriser davantage pour offrir à nos clients des chiffrages et études toujours plus précis. Cela nous permettra aussi de produire des documents plus cohérents et plus pertinents sur les plans réglementaire et administratif, en conformité avec les normes et les règlements en vigueur.

La protection des données et la cybersécurité sont nos priorités. L’ensemble de nos informations est hébergé dans un cloud sécurisé, géré par un prestataire certifié européen, ce qui nous offre déjà un haut niveau de protection. Nous réalisons aussi des audits réguliers par des spécialistes externes afin de tester nos défenses, que ce soit via des tests de pénétration ou des simulations d’attaques.

Comment accompagnez-vous vos collaborateurs pour qu’ils puissent être constamment à jour et continuer à développer leurs compétences ?

AF : La formation continue est essentielle. Nous disposons d’une grande salle de conférence dédiée à nos sessions internes et nous avons mis en place un programme interne que nous appelons TGA-Basics. Concrètement, un jeune ingénieur approfondit un thème technique, accompagné d’un tuteur, puis présente son travail à l’ensemble de l’équipe. Chaque session est enregistrée et digitalisée, permettant à tous nos collaborateurs d’y accéder à tout moment, même plusieurs années plus tard, ou lors de l’arrivée de nouveaux collègues.

En plus de cela, nous encourageons nos collaborateurs à participer régulièrement à des événements. Il y a par exemple l’ISH à Francfort, où chaque édition une délégation d’ingénieurs s’y rend pour échanger directement avec les fabricants, découvrir les innovations et analyser les tendances émergentes. Cette immersion permet à nos équipes de rester en prise avec un marché en constante évolution. Il est essentiel pour nous d’être à jour, d’anticiper les développements et d’intégrer rapidement les nouveautés.

NC : Une nouveauté qui verra prochainement le jour est la création
d’une « académie » interne ; nous travaillons à la mise en place d’un programme de formation individualisé, pensé pour répondre de manière précise aux besoins de chaque personne. Il n’est pas rare que nous soyons sollicités spontanément par des collaborateurs qui souhaitent se former sur des sujets spécifiques. L’idée est donc de proposer, pour chacun, un plan de formation annuel, voire pluriannuel, afin que chaque collaborateur puisse évoluer à son rythme et développer les compétences qui lui permettront d’exceller dans son domaine.

À titre d’exemple, dans le photovoltaïque, les avancées sont spectaculaires. En l’espace de deux ans, la puissance fournie a augmenté de 50%, tandis que les solutions de stockage se multiplient. Nous sommes désormais sollicités pour concevoir des systèmes complets à l’échelle de quartiers ou même de villes. Cela exige une maîtrise fine des outils de simulations et une connaissance précise des solutions offertes par les fabricants.

AF : Le même mouvement touche l’électromobilité, tout comme les secteurs du chauffage, de la ventilation et du sanitaire. Les pompes à chaleur évoluent, les réglementations se transforment et les fluides frigorigènes de nouvelle génération font leurs entrées. Récemment encore, deux de nos collaborateurs ont suivi une formation en Allemagne pour intégrer ces nouveautés dans leurs projets.

Disposer d’ingénieurs et de chercheurs continuellement formés et informés n’est pas seulement un atout, c’est une nécessité pour maintenir la qualité de nos prestations et assurer le respect des normes qui restent au cœur de notre métier.

Nous travaillons à la mise en place d’un programme de formation individualisé, pensé pour répondre de manière précise aux besoins de chaque collaborateur

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