Au palais du chocolat

Au détour de la Place Guillaume ou de la Chambre des Députés, tout juste en face du Palais, une humble demeure du XVème siècle, encore frappée de la fleur de Lys d’un illustre propriétaire, abrite un palais aux mille saveurs de chocolat. La gourmandise du visiteur est alors éveillée par les ornements de truffes, de fondues, de cuillères à faire fondre dans du lait, de tartes et gâteaux. Rencontre avec la maîtresse des lieux, Nathalie Bonn.

Si ce n’est une féroce insatiabilité pour le sucré, rien ne la prédestinait véritablement aux métiers du chocolat. Il y a maintenant huit ans, entourée de ses enfants Kim et Lynn, elle se laisse guider par sa passion et ouvre la NB Chocolate House. Le concept est relativement simple: la matière première provient de France et de Belgique afin d’en assurer la qualité, les créations sont faites à la main et les gâteaux sont autant généreux que savoureux (le pommes-cannelle-raisin est un délice: parole de rédacteur).
En semaine, la maison est généralement occupée par les étudiants d’entre deux cours, par les mamies en après-midi et les employés à cols blancs qui viennent après le travail mais durant le weekend, elle est véritablement «prise d’assaut par les familles», s’enthousiasme Nathalie Bonn. La patronne des lieux ne manque pas de rappeler que ce sont ses employés (elle dit «la famille») qui ont fidélisé cette clientèle éclectique.
Déjà présente à Luxembourg-ville, Mersch et Echternach, la Chocolate House Luxembourg se lance aussi à l’international avec une maison à Reims, une autre à Riyad en Arabie Saoudite et très prochainement à Shanghai. «Des discussions sont également en cours avec la Serbie et le Qatar», avoue Mohammad Salman, responsable du Chocolate House International.
Toutes ses antennes sont approvisionnées à partir des ateliers d’Ellange par Cargolux. Le label «Made in Luxembourg» s’exporte ainsi à travers le monde, non pas uniquement pour la finance, mais aussi pour couronner le savoir-faire artisanal national. Au tableau de ses ambitions à venir, Nathalie Bonn souhaite également produire sa matière première, le cacao, directement avec les agriculteurs sur place, et ce, afin de favoriser le commerce équitable.
La patronne, qui au faste des ouvertures aux quatre coins du globe, préfère servir le café tout en regardant la garde grand-ducale faire les cent pas, sait déjà qu’elle est amenée à quitter son Luxembourg dans les mois à venir…
Julien Brun

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