«La meilleure équipe possible»

Le ministre des Sports, Romain Schneider, s’est rendu à San Marin au début du mois à l’occasion de la 17e édition des Jeux des Petits Etats d’Europe, auxquels a participé le Luxembourg. Il revient sur l’importance d’un tel événement pour le pays et ses athlètes.
 
 
Quel sens ont les Jeux des petits d’Etats d’Europe pour un pays comme le Luxembourg?
C’est un grand événement. Nous y participons depuis leur création, en 1985. Dès le début, notre volonté était double. Le premier volet concerne les sportifs en fin de carrière qui ont l’occasion de s’arrêter sur une sorte d’apothéose. Le second, sans doute le plus important, concerne les jeunes talents qui ont l’occasion d’avoir une première expérience sur la scène internationale, de se mesurer à des adversaires lors de compétitions concrètes avec comme récompense un podium. Cela ajoute de la pression par rapport aux rencontres nationales et autres championnats, mais cela reste des Jeux avec un podium et un tableau des médailles.
 
Quel est le niveau de ces Jeux?
Cela dépend des épreuves. Le Luxembourg a quelques sports phares avec des avantages considérables. Mais les autres nations ont également des points forts. C’est un bon mélange. En ce qui concerne le tableau des médailles, le Luxembourg a toujours terminé parmi les trois premières nations et a même remporté les derniers Jeux organisés au Grand-Duché, en 2013. Lors de la dernière édition, en Islande, en 2015, nous avons terminé deuxième, juste derrière le pays organisateur.
 
En tant que ministre, avez-vous des objectifs chiffrés avec les entraîneurs et le Comité national olympique ou laissez-vous une liberté à la délégation?
Du point de vue des médailles, il n’y a pas de pression. Mais il est clair que nous n’allons pas envoyer des sportifs uniquement pour participer. La sélection est faite par le Comité olympique qui choisit des sportifs qui ont des chances de ramener des médailles. Nous envoyons la meilleure équipe possible. Le mot clef, lors des derniers Jeux olympiques mais aussi lors des derniers Jeux des Petits Etats, était «Team lëtzerbuergesh». Cela montre cette idée de cohésion, cette image de marque importante pour le Luxembourg.
 
L’important n’est pas de participer mais bien de ramener des médailles…
Oui, c’est un objectif clair. Il est en tout cas fondamental que les athlètes évoluent à leur meilleur niveau.
 
Aujourd’hui, les grands jeux, les Jeux olympiques, occultent tous les autres. Un pays de 500.000 habitants comme le Luxembourg peut-il aujourd’hui rivaliser avec les plus grandes nations du sport?
C’est possible, bien entendu. Il faut toujours un brin de chance et pour le moment elle nous échappe. Que ce soit le cycliste Andy Schleck ou le tennisman Gilles Müller, il leur a toujours manqué quelques centimètres ou points. Après Rio, nous avons analysé comment tenter de combler ces écarts. Le potentiel est là, les talents sont là. Il faut encore investir dans certains domaines que nous déterminons avec le Comité olympique. Que ce soit au niveau du suivi médical, scientifique ou des infrastructures, en passant par la technique, la formation et la psychologie des athlètes, c’est un nouvel ensemble qui est mis en place.
 
Dans de nombreux pays, le sport sert l’ascension sociale. La prospérité luxembourgeoise n’est-elle pas paradoxalement un frein à cet ascenseur?
De nombreux jeunes Luxembourgeois ont besoin de cet ascenseur social, au niveau de la base large de la société. Il est le vecteur de l’intégration et de la cohésion sociale aussi au Grand-Duché.
 
Aujourd’hui, le Luxembourg peut organiser les Jeux des Petits Etats mais peut-il voir plus grand?
Non, le pays est trop petit pour organiser des manifestations comme les Jeux olympiques. C’est énorme, en matière de coût. Il suffit de voir les difficultés qui se posent au niveau mondial pour des Coupes du monde, des championnats d’Europe ou même des Jeux olympiques. Pour 2024 et 2028, il ne reste que Paris et Los Angeles. Rome pour l’Italie, Budapest pour la Hongrie ont par exemple choisi de retirer leur candidature.
 
Les petits pays sont peut-être les derniers tenants de l’amateurisme?
En effet, il y a un palier, entre le semi-professionnalisme qui caractérise nos athlètes, à l’exception des meilleurs, et celui du professionnalisme absolu qui est le cadre des meilleurs mondiaux.
 
Vous étiez à Londres, puis à Rio. Serez-vous présent aux Jeux olympiques de Tokyo, dans trois ans?<
Pour cela, il faudra gagner les élections. Je suis déjà le seul ministre des Sports à avoir pris part à deux olympiades. J’ai toujours l’énergie et l’engagement pour faire avancer le sport. Alors si on me le demande, je serai heureux de faire profiter de mon expérience.  CC
 
 
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