Un effort commun pour des solutions adaptées

Au Luxembourg, énormément d’aides à l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap existent, pourtant, nombre d’entre elles ne savent pas comment accéder à ces informations. Le 29 novembre dernier, Info-Handicap et ses nombreux partenaires ont présenté le projet «Modes d’emploi» visant à créer un réseau et rassembler toutes les initiatives dont le but est d’aider ces personnes à trouver un emploi et à s’assumer pleinement au quotidien.
Au sein de l’Union européenne, 15% de la population souffre d’un handicap, ce qui représente environ 80 millions de personnes au total. Mais 95% des handicaps ne se décèlent pas à l’œil nu, c’est pourquoi nombre de personnes se trouvant dans cette situation le cachent à leur employeur.
Cette solution n’est pourtant pas idéale: une personne en situation de handicap peut être aussi performante, voire même plus, qu’une autre personne, mais seulement si son handicap est pris en charge par son entreprise.
En effet, lorsqu’il est caché, une perte de productivité ainsi qu’une augmentation des absences dues à la maladie sont constatées alors qu’elles pourraient être évitées si une structure propre était mise en place pour encadrer ces personnes.
Zarabina asbl
Marcelle Jemming, active dans le domaine de la consultation, a présenté le projet «GesoL» visant à réorienter professionnellement des personnes souhaitant changer d’activité suite à un problème de santé.
En proposant des séances individuelles et en groupe, Zarabina accompagne les personnes en situation de handicap dans leur démarche de réintégration et dresse avec eux la liste des compétences qu’ils pourraient mettre à profit dans un autre secteur d’activité.
Danièle Kirchen, occupant le même poste, a quant à elle décrit leur «Guide du job matching» rassemblant les questions essentielles que les personnes accompagnées doivent se poser sur leur situation. Par le biais de questions simples sur son état de santé, ses compétences et ses nouveaux objectifs, cet outil aide le consultant à préparer un Curriculum Vitae, une lettre de motivation et de futurs entretiens. Les consultants pourront aussi y prendre connaissance des formations qui s’offrent à eux.
Un changement d’identité à affronter
Avec 320 blessés graves en 2015, les accidents de la route ont augmenté de 30% par rapport à l’année précédente. Face à ce constat, le rôle de l’Association nationale des Victimes de la Route (AVR) prend encore plus d’ampleur. En effet, son rôle est principalement d’aider les personnes dont les capacités ont été réduites suite à un accident de la route. Dans ce contexte, Marie-Paule Max, pédagogue curative et coordinatrice pour l’AVR, a présenté les projets «Coaching» et «Tremplin» de l’association. Le premier projet doit être mis en place juste après la réhabilitation afin de continuer à stimuler le développement et maintenir la personne accidentée en activité constante avec la collaboration des familles. Dans un deuxième temps, les futurs employés sont soutenus dans leurs démarches de recherche d’emploi sur le marché ordinaire.
Le projet «Tremplin», accompagne les personnes concernées dans leur retour vers la vie  professionnelle après un accident grave.
Ce programme rassemble toutes les informations nécessaires au niveau des démarches administratives à effectuer pour obtenir des aides financières et le statut de personne souffrant d’un handicap et renseigne les formations existantes.
Création d’une charte
Catia Fernandes de l’IMS Luxembourg, est en charge de la gestion de la Charte nationale de la diversité que l’IMS a mise en place dans le but d’encourager les entreprises signataires à respecter et promouvoir la diversité. Dans ce cadre, des conférences, des ateliers et même des formations sont organisés pour aider les entreprises à élaborer des stratégies concernant la diversité. En signant la charte, chaque entreprise dispose de deux ans pour mettre en place une pratique relative à la diversité et pour communiquer à ce sujet.
Leur programme «(Handi)Cap Emploi» vise quant à lui à rassembler les informations concernant l’emploi de personnes en situation de handicap pour faciliter la tâche des employeurs. Via ce projet, des «cafés pour l’emploi» sont organisés afin de faciliter les rencontres entre les personnes handicapées et les employeurs luxembourgeois. L’année dernière, 30% des personnes ayant participé à cette rencontre avaient réussi à trouver un emploi suite à celle-ci.
Soutien politique
Ces initiatives sont bien sûr encouragées par l’Etat qui les soutient et en assure la coordination et la continuité. De nombreux ministres étaient présents lors de la conférence dont Lydia Mutsch, ministre de la Santé. Dans son discours a été soulignée la volonté de la part du gouvernement
luxembourgeois de soutenir les initiatives visant à évaluer l’état de santé, à identifier les compétence, à réinsérer professionnellement et à former à de nouveaux métiers les personnes souffrant d’un handicap. Selon elle, le rôle de l’Etat est avant tout de les informer, les sensibiliser et les orienter dans leurs démarches.
Des défis pour demain
Les préjugés sont les premiers obstacles rencontrés par les personnes en situation de handicap sur le marché de l’emploi, c’est pourquoi il est aujourd’hui si  important de sensibiliser les employeurs en leur faisant voir les compétences de ces personnes plutôt que leur handicap.
En coordonnant mieux les efforts de chacun des organismes présentés et de l’Etat afin de pousser les entreprises à créer des emplois adaptés, la réinsertion
professionnelle des personnes handicapées serait grandement facilitée.    MC

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