Un projet porté par les Dudelangeois

Partenaire du Fonds du Logement et du cluster EcoInnovation dans l’aventure Néi Schmelz, Dudelange se lance dans un projet urbanistique inédit qui préfigurera l‘avenir sans faire table rase de l‘histoire industrielle qui fait l’identité de la ville, une réalisation qui ne se fera pas sans les habitants. Interview d’Alex Bodry, bourgmestre.

Le projet Néi Schmelz consiste en la revalorisation de 39 hectares de friches industrielles en nouvelle zone mixte qui fera la jonction entre les quartiers Schmelz et Italie qui existent déjà. Quel rôle la commune joue-t-elle dans son développement?

La commune est un partenaire à part entière du développement du projet. C’est le conseil communal qui est chargé de déterminer l’affectation des différentes zones du futur quartier. Pour pouvoir commencer par une planification globale avant de nous pencher sur des projets particuliers, nous avons défini tout le site comme zone différée.

A quoi devrait ressembler ce nouveau quartier?

Nous avons souhaité maintenir l’idée de départ qui était de construire un quartier d’habitation qui comprendrait aussi des activités économiques, culturelles et de loisirs, ainsi que des infrastructures publiques qui sont indispensables pour lui donner vie. Une nouvelle école est prévue avec une structure pour l’accueil périscolaire.
Le projet d’urbanisme retenu fait le lien entre les quartiers Schmelz et Italie, en prenant la gare-usine comme point de départ du développement de tout le site. Le choix du projet a également été marqué par le fait qu’il accorde une grande valeur aux anciennes installations. Cest celui qui proposait de trouver une nouvelle affectation au plus grand nombre de bâtiments plutôt que de les démolir. Je crois que cela donnera un cachet particulier au site. Nous garderons ainsi le lien avec le passé historique de Dudelange qui fait son caractère, son identité.
Ce qui est très important pour nous est de parvenir à surpasser la période de planification qui s’étendra sans doute sur plusieurs années. Nous avons décidé avec nos partenaires d’avoir, dans un premier temps, une utilisation temporaire de certaines parties du site, qui pourrait déjà préfigurer leur utilisation finale. Dès le printemps prochain, une ouverture ouest-est sera créée pour que piétons et cyclistes puissent aller du quartier Schmelz au quartier Italie. Le long de ce chemin, ils trouveront un point d’information, des jeux et des espaces publics. Nous avons aussi beaucoup insisté auprès de nos partenaires pour trouver rapidement une première affectation à l’ancien crassier qui se trouve à proximité de l’hôtel de ville. Nous travaillons déjà ensemble avec le Fonds du Logement sur un concept.

Quelles sont vos priorités dans la réalisation de ce projet?

Néi Schmelz est le plus grand projet urbanistique auquel la ville de Dudelange ait été confrontée depuis des décennies. Il nécessite beaucoup de réflexion, d’expertise, mais également la participation de la population. Le fait qu’il soit porté par les Dudelangeois et qu’il ne soit pas un projet artificiel créé par des experts externes est un de nos soucis majeurs.
Par ailleurs, ce projet doit incarner de manière ambitieuse l’avenir de Dudelange, sans être un îlot dans l’urbanisme de la ville, ce que nous avons déjà vécu pendant près d’une centaine d’années puisque ce site est une sorte de ‘no man’s land’, exclu du reste de Dudelange. Il doit porter l’empreinte du 21e siècle tout en restant adapté à la réalité d’une commune de quelque 20.000 habitants.

Qu’est-ce que ce projet représente pour la ville de Dudelange en termes de développement?

D’après les premières estimations, nous serions à quelque 700 logements sur ce site, ce qui représente environ 1.750 habitants qui viendraient s’ajouter aux 19.000 actuels.

Vous avez eu récemment une réunion avec tous les acteurs concernés au sujet de l’assainissement du terrain qui reste une question importante. Qu’en est-il ressorti?

Nous n’avons pas encore toutes les réponses aux questions qui se posent. Il ne faut pas oublier que ce site est le plus ancien d’Arcelor au Luxembourg, puisque l’usine a été construite au milieu des années 1880, donc beaucoup de bâtiments ont été construits puis démolis pour céder la place à de nouvelles constructions et l’assainissement n’a sans doute pas toujours été fait correctement. Il reste encore effectivement des spécificités importantes à incorporer dans le processus de

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