Sur le podium du gaspillage

Plus de 30 % de la production mondiale de nourriture finit à la poubelle: c’est l’immonde réalité du gaspillage alimentaire qui consiste à se débarrasser de produits encore comestibles. La FAO (Organisation Des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que 28% des superficies agricoles mondiales engendre de la nourriture gaspillée, soit 1,4 milliard d’hectares de terres.
Cette dilapidation est avant tout un problème de riches et le Luxembourg – dont le niveau de vie est l’un des plus élevés au monde – est dans le peloton de tête. Une récente étude du ministère de l’Environnement chiffre le gaspillage alimentaire d’un habitant grand-ducal à 123 kg de nourriture par an. C’est l’un des scores les plus élevés en la matière, au regard des pays développés. Le souvenir de l’indignation provoquée par une poubelle du centre-ville remplie de pains et dont la photo fut intensément relayée sur les médias sociaux en avril, est encore vif dans nos mémoires.
D’où provient le gaspillage? Toujours selon la FAO, les consommateurs sont les premiers coupables: 42% des déchets alimentaires européens proviennent des foyers, suivis de l’industrie alimentaire (39%), de la distribution et de la restauration (19%). Dans les sociétés nanties, le gaspillage naît de la surabondance alimentaire, du rejet des denrées jugées moins appétissantes mais surtout d’un immense manque d’informations du public. Les consommateurs achètent trop ou ils confondent les différentes catégories de date de péremption, par exemple.
Il est plus que temps de changer ces habitudes irresponsables et de faire évoluer les mentalités. Pour être efficace, la prise de conscience doit être soutenue par la classe politique; comme le démontrent plusieurs communes belges où, à l’initiative d’Hestal depuis 2012, les supermarchés sont forcés de faire don de leurs invendus à l’association de leur choix; ou bien à l’image de l’adoption récente en France d’une loi anti-gaspillage alimentaire à l’action similaire. Et au Grand-Duché? Bien que le gouvernement ait promis de «prendre des mesures concrètes», encore aucun objectif chiffré ne pointe à l’horizon. Du côté des citoyens cependant, les initiatives se multiplient. L’une d’entre elle est une pétition, actuellement en ligne sur le site web de la Chambre des Députés, réclamant une loi stipulant que les produits résiduels de la grande distribution soient cédés gratuitement à des associations, valorisés pour l’alimentation animale, compostés pour utilisation agricole ou encore recyclés à des fins énergétiques. En ligne jusqu’au début de juillet, elle doit atteindre 4.500 signatures pour faire l’objet d’un débat public aux portes du parlement. A vos souris?   SoM

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