Une synergie pour des actions sociales FASSYL

Après une accalmie en 2008, le marché de l’intérim est reparti à la hausse. Même s’il ne représente que 2% de la population active du Luxembourg, il y a de fortes chances qu’il soit de plus en plus plébiscité; flexibilité des entreprises oblige. «Selon les chiffres du syndicat de branche FES, nous avons connu en 2015, une croissance de 15% et depuis le début 2016, nous sommes déjà à plus de 12,5%», affirme Yann Le Jaudet, managing directeur de Synergie Luxembourg.
 
Qu’est-ce que Synergie et quelles sont vos activités?
Nous dépendons d’un groupe présent dans quinze pays et œuvrons à Luxembourg depuis 2003 dans la construction et l’industrie. En 2010, nous avons créé une deuxième agence à Wasserbillig destinée principalement aux candidats et entreprises germanophones.
La grande majorité de notre activité est destinée à proposer du travail temporaire à des personnes désireuses. Nous nous occupons uniquement du marché intérieur et travaillons aussi avec les sociétés étrangères qui œuvrent à Luxembourg. Principalement pour les cols bleus de l’industrie et du bâtiment, nous proposons aussi de nombreuses formations en ressources humaines, des formations linguistiques en français, anglais et allemand mais aussi des formations sur-mesure. Je prends pour exemple l’entreprise Carbon Novabus, bien connue de vos lecteurs. Il y a quatre ans ils n’étaient encore que quinze salariés, aujourd’hui ils sont quarante. Un développement considérable comme celui-ci requiert des formations adaptées. D’autant plus que Carbon Novabus prend en charge des personnes à mobilité réduite et avait donc besoin de formations spécifiques comme par exemple la relation chauffeur-client.
Ainsi, le conseil et la formation sont deux domaines que nous allons continuer de développer dans les prochaines années. Nous souhaitons également diversifier notre clientèle vers les cols blancs dès 2017.
 
On le sait, les “boîtes intérims“ sont très en vogue en ce moment; quel est selon vous leur rôle dans une économie comme celle de Luxembourg?
Il en existe plusieurs et le premier d’entre eux est social; notre activité principale étant de trouver un emploi aux personnes désireuses. Et notamment pour les personnes qui au fil des années ont été exclues du marché du travail. Nous n’avons en effet aucun critère d’âges – des quadragénaires et quinquagénaires désireux de retrouver un emploi aux sexagénaires qui souhaitent tout bonnement rester actifs. De plus, les circonstances économiques actuelles font que malheureusement la jeunesse européenne est de plus en plus contrainte de passer par de l’intérim pour décrocher un CDI.
Les entreprises quant à elles, viennent à nous parce que leur carnet de commandes ne leur permet plus de garder une activité constante. Dans l’incapacité d’augmenter leur effectif, elles font le choix d’une flexibilité temporaire. Synergie s’assure de la qualification de l’intérimaire mais une fois au sein de l’entreprise, celle-ci pourra s’assurer de ses qualités. Cela peut remplacer l’entretien d’embauche habituel et déboucher sur un contrat.
 
Quelles sont vos différences par rapport à vos concurrents?
Il faut tout d’abord savoir que le marché est mature, presque saturé et que la seule façon de se démarquer de la concurrence, c’est le sérieux. Nous sommes actuellement en charge de plus de 250 intérimaires et si en 2010 nous étions classés 13e, nous occupons aujourd’hui la 9e place. C’est une croissance considérable et je prends pour preuve le fait qu’entre 2013 et 2015 nous avons doublé notre chiffre d’affaires.
Même si nous appartenons à un grand groupe, nous ne forçons jamais la demande. Si nous n’avons aucun candidat pour un poste, nous le faisons savoir à l’entreprise et nous la recontacterons dès qu’on trouvera le candidat adéquat. Ensuite, même si nous travaillons avec de grandes entreprises, les PME représentent la majorité de notre clientèle. Ainsi, nous connaissons nos clients et leurs activités. Enfin, à l’image des entreprises et candidats germanophones (présents dans l’Est luxembourgeois), très prisées dans l’industrie et le second œuvre, nous nous positionnons sur des marchés de niches que nous maîtrisons parfaitement.
 
Quelles sont vos ambitions?
 Nous sommes en train de moderniser nos structures et allons très prochainement adopter la dématérialisation de nos contrats et factures. Nous voulons aussi développer notre présence en ligne via une plateforme qui fera le lien entre les demandeurs d’emploi et les entreprises.
Mais notre grand chantier, c’est notre projet social. Dans le cadre de notre politique RSE, nous souhaitons créer notre propre fonds social. Nous prélèverons une partie de notre chiffre d’affaires pour financer notre Fonds d’Actions Sociales Synergie Luxembourg (FASSYL) qui permettra aux bénéficiaires d’accéder à un soutien financier ou à une enveloppe budgétaire. Un intérimaire qui souhaite acquérir une voiture dans le but de trouver un travail ou un autre dont l’enfant est malade, pourront prétendre à cette aide sociale. Un comité de décisions prendra connaissance des situations via des lettres de motivations et aidera en premier lieu les plus nécessiteux. Au fur et à mesure des années, les sommes distribuées seront de plus en plus importantes.
Bien évidemment il y aura des conditions à respecter, comme un minimum de six mois d’activité pour Synergie au cours des 12 derniers mois. Cela fait partie de notre politique RSE et notre responsabilité sociale va ainsi bien au-delà de trouver du travail. Nous expliquons aux intérimaires comment fonctionne la carte d’impôt et les allocations familiales par exemple. Je pense que c’est indispensable à notre profession dès lors que l’on travaille avec des cols bleus et notamment des frontaliers.

Lire sur le même sujet: