Walferdange et son nouveau capitaine

Bourgmestre de Walferdangedepuis le 18 janvier – soit un mois jour pour jour après l’entrée en fonction de son prédécesseur Guy Arendt au poste de secrétaire d’État – Joëlle Elvinger nous raconte son ascension, si rapide, à la tête de la commune. Elle nous décrit également pourquoi elle aime tellement Walferdange, d’où elle est originaire, et nous parle des nombreux projets en cours qui fleurissent pour améliorer la qualité de vie de ses 8.000 habitants.
Vous
attendiez-vous à devenir bourgmestre?

Pas du tout. C’était une surprise, autant pour Guy Arendt que pour moi. Tout s’est passé très vite car nous avons su qu’il deviendrait secrétaire d’Etat l’avant-veille de son assermentation. Avec mon collègue Alain Weins, nous avons directement décidé de maintenir la coalition DP-LSAP en vigueur et j’ai donc été choisie pour reprendre le rôle de bourgmestre.
Pourquoi vous êtes-vous tournée vers la politique?
D’un côté, j’ai fait des études de droit, un domaine assez lié à l’univers politique. De l’autre, j’ai toujours été entourée dans ma famille de personnes engagées. Et puis surtout, j’aime prendre les choses en main pour les voir aboutir. Je dis d’ailleurs souvent qu’il est vain de critiquer sans agir.
Je suis originaire de Walferdange. Mes parents ont toujours habité ici et j’ai été scolarisée dans la commune. Mes loisirs, mon club de basket étaient du coin. Avocate à l’origine, j’ai décidé de m’investir dans la politique communale en 2005, date à laquelle je me suis portée candidate pour la première fois. Ce fut une réussite et je suis devenue conseillère communale. En 2011, j’ai été nommée à la fonction d’échevin, puis l’histoire que vous connaissez m’a vue devenir bourgmestre cette année. En parallèle, je suis également députée au parlement depuis décembre 2013.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre nouvelle fonction?

Vu que j’étais membre du collège échevinal, je connaissais déjà les dossiers en cours. Mais être bourgmestre change profondément les perspectives. La gestion journalière de la commune prend une dimension toute autre. Je me retrouve en première ligne, confrontée aux dossiers bien plus en profondeur. De simple participante aux prises de décisions, j’en suis devenue l’initiatrice, et je dois dire que cela me convient très bien.
Les rôles de bourgmestre et de député se combinent parfaitement. D’un côté, je peux utiliser mes expériences de terrain en politique nationale; et de l’autre, au parlement, je suis à la source d’informations que je peux transposer par après dans ma commune.
 
Pourquoi cette commune vous séduit-elle?
 
Tout d’abord, sa situation géographique est idéale: proche de la ville tout en ayant une atmosphère de campagne. Walferdange est, de plus, bien raccordée avec la capitale par des transports publics nombreux, via les deux lignes de bus ainsi que la voie ferroviaire qui la traversent. Les pistes cyclables permettent également de relier Luxembourg-Ville en vélo, bien que ce trajet sera bientôt considérablement plus confortable dès l’aboutissement du tronçon à Dommeldange, puis par l’ascenseur au Pfaffenthal.
 
Outre ce volet localisation, la qualité de vie de la commune est très élevée. Nos infrastructures en particulier sont excellentes. Grâce aux trois écoles de la localité, les enfants peuvent presque tous se rendre à pied en classe, s’ils ne prennent pas le bus scolaire. Par ailleurs, la commune est très vivante: elle abrite un grand nombre d’associations culturelles et sportives. Les événements sont légion, que ce soient des concerts, des rencontres musicales, notre fameux salon du livre « Walfer Bicherdeeg », ou encore de réguliers événements sportifs.
Enfin, avec les 89 nationalités différentes qui s’y côtoient, la commune est hautement multiculturelle. Pour une superficie totale de 706 ha (Walferdange est la deuxième plus petite commune du pays) et 8.065 habitants, nous comptons environ 52,76% d’habitants étrangers, dans une intégration paisible et sympathique.
Le départ de l’Université du campus de Walferdange a-t-il posé un problème?
Le site reprend vie petit à petit. De nombreux services de l’Education nationale y ont été relocalisés: le SCRIPT, l’IFEN, l’INFPC, Restopolis et bien d’autres. Vu que de nouvelles personnes ont investi ces bâtiments, il semble que les commerces à proximité ne ressentent pas tellement le changement d’affectation. Les problèmes liés au parking sont quant à eux un peu moins importants. Cependant, cela reste un souci prédominant sur le territoire de la commune… Reste encore à voir ce que l’Etat placera dans les espaces encore inoccupés. Tant que la qualité de vie des riverains à proximité est garantie et que les problèmes de parking se résolvent, nous sommes ouverts à toutes les solutions, qu’il y ait un lycée, des logements,…
Quels sont les grands chantiers à l’agenda communal?

Nous sommes en train de construire une nouvelle maison relais à Helmsange; ainsi les trois écoles de la commune disposeront chacune de ce type d’infrastructure. Nous en profitons pour réaliser une extension à cette école qui se verra dotée de quelques salles de classe supplémentaires et d’un nouveau hall sportif plus adapté. Tout sera en place pour la rentrée, en septembre 2017.
L’autre grand projet qui verra bientôt le jour est la suppression du passage à niveau de la rue Prince Henri, grâce à un passage souterrain. Le chantier mené par les CFL débutera en 2017. Ce tunnel sous les rails permettra aux voitures de ne plus attendre au passage à niveau: un gain énorme en qualité de vie, en fluidité de trafic et en sécurité.
Notre vœu le plus cher serait la création d’un contournement routier du lieu-dit «Biergerkräiz». Hélas, ce projet ne figure actuellement pas au programme des priorités du Ministère du Développement durable et des Infrastructures. De plus, le trafic sur la Nationale 7 est toujours très dense et engorge notre commune, bien qu’une petite amélioration se fasse sentir depuis l’ouverture de la Route du Nord (A7).
 
Et les projets environnementaux?
Etant donné que nous sommes membre du Pacte Climat, nous avons redoublé d’efforts en matière de développement durable. Comme projets récents, je peux vous citer les bornes pour voitures électriques aménagées sur la Place de la Mairie, ou encore les eBike utilisés pour les déplacements de notre service technique depuis maintenant un an, ou bien les installations photovoltaïques sur les toits des bâtiments communaux. Nous venons d’ailleurs de recevoir le label « Sou schmaacht Lëtzebuerg ». Récemment, des études ont été réalisées dans la commune: bilan énergétique des bâtiments, cadastre des toits, examen de l’éclairage public,… Reste maintenant à tirer des conclusions de ces analyses et à faire le nécessaire pour nous mettre à jour en vert.
 
 
 

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