Président de la Commission Européenne, une fonction à laquelle on ne peut plus rire?

Nos voisins belges et français ont été surpris par la conduite de Jean-Claude Juncker lors du sommet de Riga, le 22 mai dernier. Son comportement désinvolte et facétieux a fait le bonheur de l’émission satirique Le Petit Journal de Canal+. Relayée sur la toile, la vidéo compilant les gestes du politicien a vite atteint plusieurs milliers de vues.
On y voit Jean-Claude Juncker saluer des personnalités politiques, aux côtés du président du Conseil européen, Donald Tusk et de la Première ministre lettonne, Laimdota Straujuma. Le moins que l’on puisse dire, c’est que son comportement contraste avec son sobre mais néanmoins souriant prédécesseur, José Manuel Barroso. Outre les nombreuses comparaisons de cravates -dont l’une très longue avec le premier de Grèce, Alexis Tsipras- le Luxembourgeois s’emploie à tapoter gentiment les politiciens sur les épaules et le dos. Jean Asselborn, notre ministre des Affaires étrangères, a lui été gratifié d’une tape ferme sur la joue. Plus ridicule encore, le Belge Charles Michel, s’est vu adoublé d’un bisou sur son crâne dégarni. Après avoir maintes fois déploré à haute voix la perte de temps de cette obligation protocolaire, la saga se termine en apothéose par l’accueil du Premier ministre hongrois, Viktor Orban: le président de la Commission européenne lui adresse un joyeux «salut, dictateur».
Le comportement de celui qui fut pendant 19 ans Premier ministre du Grand-Duché était-il déplacé? Quelle impression cela va-t-il donner aux européens, alors que le Luxembourg se trouve aux portes de la présidence du Conseil de l’Union européenne?
Margaritis Schinas, son porte parole, a signalé en réponse à ce “buzz” que Jean-Claude Juncker était bien connu pour son style très informel et détendu, mais non dénué d’efficacité. En effet, la conduite adoptée durant une longue et ennuyeuse cérémonie d’accueil ne doit pas porter ombrage aux 35 années que le soixantenaire a passées en politique. Le tenor luxembourgeois nous l’a rappellé d’ailleurs dans sa dernière intervention face aux menaces hongroises. «Un pays qui rétablit la peine de mort n’a pas sa place au sein de l’Union européenne» a-t-il déclaré dans une interview donnée au journal allemand Süddeutsche Zeitung. Le président de la Commission met en garde celui qu’il a appelé quelques jours plus tôt «dictateur» quant aux dérives de sa politique populiste, qui voudrait remettre la peine de mort à l’ordre du jour. SoM
Press conference. Eastern Partnership Summit. Copyright photo: EU2015.LV

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