Droit de vote des résidents étrangers… vaste débat
Lors du référendum du 7 juin prochain, les électeurs devront répondre, entre autres, à la question suivante: êtes-vous d’accord pour accorder le droit de vote actif à tous les citoyens résidant au Grand-Duché depuis au moins dix ans?
Si l’ouverture du droit de vote rencontre un écho globalement favorable, avec 61% des opinions toute population confondue, le “non” est en augmentation chez les Luxembourgeois qui seront, rappelons-le, les seuls à pouvoir s’exprimer à travers les urnes. Il ressort, en effet, du dernier sondage TNS-Ilres en date, commandé par le Luxemburger Wort et RTL, que 48% d’entre eux sont défavorables au vote des résidents étrangers. Résidents étrangers chez qui, en revanche, les opinions penchent, sans surprise, vers le “oui” à 80%. 8% des sondés n’ont pas encore tranché.
Du côté des politiques, chacun y va de ses argument en faveur ou en défaveur de la participation des étrangers. Le “non” l’emporte à l’ADR et au CSV, alors que les trois partis qui forment la coalition se déclarent ouverts à cette évolution à l’instar d’Eugène Berger (DP) qui estime qu’il ne s’agit pas d’une question de nationalité mais de résidence dans la mesure où «on fait référence à des citoyens qui habitent au Luxembourg, sont intégrés, paient des impôts et font fonctionner l’économie. Ils ont les mêmes devoirs. Ils doivent avoir les mêmes droits».
Même son de cloche à Migrations&Intégration, plateforme qui regroupe 28 organisations de la société civile, pour qui la base électorale doit représenter toute la société «et non une frange spécifique non représentative». Ainsi qu’à l’Union des Entreprises Luxembourgeoises qui, sans se prononcer officiellement pour le “oui”, n’hésite pas à dire que le pays est en proie à «un déficit démocratique important» qui «met en danger la cohésion sociale et de ce fait notre modèle économique qui s’appuie largement sur l’apport immense et indéniable de nos concitoyens étrangers».
Rappelons qu’un référendum n’est jamais que consultatif et que les travaux de réforme auront lieu après le 7 juin. MT