IFBL

Rencontre avec Werner Eckes, General Manager.
Comment la place financière luxembourgeoise se défend-elle face à la crise internationale qui touche le secteur?
Dans le cadre du renouvellement du secteur financier, de nouveaux mécanismes et produits apparaissent. Le Luxembourg est une place financière internationale qui attire de nombreux investisseurs qui y trouvent la stabilité et le savoir-faire qu’ils recherchent. C’est un des premiers centres financiers concernant les produits traditionnels, mais il mène une politique de niche. Il est donc toujours intéressé à développer des spécificités et à prendre le rôle de leader.
Le Luxembourg étant connu et reconnu pour sa réactivité, il y a déjà plusieurs années que nous préparons le terrain.
Vers quelles solutions se tourne-t-on alors?
La finance islamique est une première piste. Nous pensons que le Luxembourg a un intérêt à se tourner vers cette solution et nous comptons d’ailleurs déjà un certain nombre d’acteurs actifs en la matière.
Nous avons commencé par organiser une conférence pour présenter le sujet au grand public, conférence qui a réuni 300 personnes. Des besoins en formation sont apparus lors des discussions qui l’ont suivie.
Nous avons donc cherché un partenaire et nous l’avons trouvé. L’université londonienne de Reading a accepté de nous faire profiter de son expertise et d’offrir des cours au Luxembourg par notre biais. Cette formation connaît un grand succès et nous en sommes déjà au 2e cycle.
Nous avons une démarche similaire en ce qui concerne la microfinance. L’IFBL a signé un partenariat avec l’ONG ADA et a mis en place un parcours de formation ouvert à toutes les personnes intéressées par ce sujet. ADA est la référence au Luxembourg en matière de microfinance. Depuis 15 ans, elle expérimente et développe des concepts novateurs proposant des alternatives aux exclus des services bancaires traditionnels. C’est donc le partenaire idéal pour l’échange de compétences, la recherche d’information et l’organisation d’évènements de sensibilisation. La microfinance a non seulement une dimension durable dans la mesure où elle contribue à lutter contre la pauvreté dans les pays en voie de développement, mais c’est aussi un marché financier qui a du potentiel.
En quoi consiste concrètement le cycle de formation en microfinance proposé par l’IFBL?
Comme toutes les formations de l’IFBL, celle sur la microfinance s’articule en trois modules qui peuvent être souscrits séparément, en fonction des besoins du participant. Les principes fondamentaux sont abordés lors du premier module. Le suivant est plus axé sur la pratique et l’aspect opérationnel avec des exercices et des études de cas portant sur l’analyse de performance, l’investissement et la gestion des risques. Le troisième approfondit certaines notions complexes ayant trait aux structures juridiques. Les formateurs sont des experts dans le domaine de la microfinance. Il s’agit soit de professionnels impliqués au quotidien dans la gestion pratique, soit d’enseignants académiques confirmés.
Ces formations ont un grand succès.
Cela s’explique par le fait que nous investissons pour trouver des solutions et non pas pour que les participants obtiennent le même résultat qu’en se documentant eux-mêmes sur Internet ou dans une bibliothèque.
Quelle position un institut de formation comme l’IFBL occupe-t-il dans le développement de nouvelles pistes?
Depuis deux ans, l’IFBL a agrandi son panel d’offres, non seulement avec des formations mais aussi avec des parcours de développement à l’attention de nos membres, et aussi, de plus en plus, du grand public.
Nous voulons être une plateforme neutre où nos membres peuvent échanger avec d’autres acteurs. Nous exigeons des quelque
200 experts qui travaillent avec nous qu’ils restent attentifs aux besoins émergents de nos membres. Nous ne perdons jamais de vue notre approche proactive, parce que nous voulons précéder le marché.