IMS

L’Institut pour le Mouvement Sociétal est une association d’entrepreneurs pour les entrepreneurs. Il rassemble de la connaissance et du savoir-faire et les diffuse par le biais d’initiatives concrètes et efficaces, pour permettre aux entreprises d’avancer dans leur démarche de responsabilité sociale, sans mettre de côté la rentabilité.
Entretien avec Christian Scharff, président de l’IMS.
Revenons aux origines de l’IMS…
L’IMS est né, il y a trois ans, de l’initiative de six entreprises: Kneip, Dexia, PricewaterhouseCoopers, ArcelorMittal, Axa et Noble & Scheidecker. Nous sommes partis du simple constat que tout ce qui touche à la responsabilité sociale des entreprises (RSE) prenait de plus en plus d’importance autour de nous. A l’époque, aucune association ne s’occupait de cela au Luxembourg. Nous prenions tous des initiatives plus ou moins sophistiquées en la matière, mais nous ne les mettions pas en avant, un peu comme si se vanter de nos expériences respectives était honteux. Pourtant, nous avions tous des idées intéressantes. Alors, autant les copier, parce que c’est perdre beaucoup de temps que de devoir réinventer sans cesse le fil à couper le beurre. Aujourd’hui, 92 entreprises sont membres du réseau IMS et ce chiffre double pratiquement tous les ans.
Notre volonté n’est pas d’être un censeur, de distribuer des prix ou des certifications, mais de proposer une boîte à outils en matière de RSE. L’IMS est un lieu de rencontre, d’échange et de partage. Nous donnons à nos membres des pistes de réflexion et, si un intérêt se dégage, nous dépassons la simple notion pour aller vers l’implémentation.
Comment votre action s’articule-t-elle?
Elle s’articule autour de 3 axes.
D’abord, la vulgarisation à travers des conférences qui sont organisées systématiquement sur le même modèle, tous les troisièmes jeudis du mois. Elles se déroulent toujours dans une entreprise et commencent par un exposé théorique qui est donné par un spécialiste du secteur ou par un représentant du Gouvernement si le sujet s’y prête. Ensuite, une ou deux entreprises qui ont appliqué le modèle interviennent pour partager leurs expériences. Par exemple, si le thème est ‘le bilan carbone’, après la définition du concept, toute une série de questions pratiques sont abordées: comment fait-on un bilan carbone? A qui s’adresse-t-on? A quoi cela sert-il? Combien cela coûte-t-il? Combien de temps cela prend-il? Nous avons ainsi traité une myriade de sujets, lors de la trentaine de conférences qui ont été organisées depuis la création de l’IMS, sujets qui vont de l’intégration des personnes handicapées à la collaboration avec les associations ou l’égalité entre hommes et femmes. Ces rendez-vous ont beaucoup de succès: entre 40 et 120 personnes y assistent.
Après la conférence, qui a pour objectif de dégrossir le sujet, on passe à la partie implémentation. Nous organisons des sessions de formation courtes et efficaces sur des sujets ciblés: comment construire un cahier de charges durable? Comment s’y retrouver avec les labels? Comment bien acheter son papier?
Le troisième pilier est la communication vers l’extérieur. Comme les entreprises ne sont pas toujours très enclines à communiquer individuellement sur le sujet, nous avons décidé de le faire de manière collective. L’année dernière, nous avons lancé le
1er forum de la citoyenneté au Luxembourg, le CSR Luxembourg 2009, qui a eu un succès considérable avec plus de 600 visiteurs.
Vous avez d’ailleurs décidé de reconduire cet événement international…
Le forum aura lieu le 20 avril à Luxembourg Congrès et il sera, cette année encore, en libre accès. Toute personne qui veut s’inscrire peut le faire via le site Internet www.imslux.lu. Ce séminaire a pour vocation de faire le point sur la RSE au Luxembourg et en Grande Région et de mettre en lumière quelques grands thèmes d’actualité. Cette année, nous avons souhaité l’orienter sur l’après-Copenhague. Nous rassemblerons des intervenants locaux et des grandes figures internationales comme le patron du WWF ou Yann Arthus-Bertrand. A travers quatre conférences et neuf ateliers, nous mettrons l’accent sur ce qui consomme le plus de CO2 et ce sur quoi la marge de progression est probablement la plus importante: la construction durable. Nous parlerons aussi de l’intégration de la dimension énergie renouvelable dans la micro-finance et de l’éco-responsabilité. Les ateliers aborderont des thèmes comme la micro-assurance, l’immobilier durable, la fiscalité écologique, les éco-technologies, etc.
Nous proposerons aussi une petite touche ludique avec un atelier sur l’influence du climat sur la culture de la vigne et sur l’œnologie. Nous aurons le plaisir d’accueillir notre ministre du Développment durable, Claude Wiseler, et notre ministre de l’Education nationale, Mady Delvaux-Stehres. Nous avons également décidé d’innover encore en invitant les CEO à une soirée spéciale après le forum.
Quel public l’IMS cible-t-il?
Nous prenons la notion d’entreprise au sens large. D’abord, toutes les entreprises sont concernées, qu’elles soient grandes ou petites. La RSE n’est pas l’apanage des grandes entreprises. D’ailleurs, nous avons formé deux groupes de travail, l’un dédié aux grandes entreprises, l’autre aux PME, pour répondre aux besoins spécifiques de chacun de ces groupes. Notre objectif est de leur faciliter la vie en leur donnant des outils simples pour leur permettre d’avancer. Nous touchons aussi des entreprises semi-publiques, par exemple les P&T et un certain nombre d’hôpitaux, des entreprises publiques comme la Ville de Luxembourg ou le ministère de l’Education nationale, qui a souhaité s’affilier pour ses directeurs d’écoles, et même des organismes supra-nationaux comme la BEI.
Les problématiques en termes de RSE dans le secteur public sont-elles différentes de celles du secteur privé?
Nous sommes heureux de voir la réceptivité que nous avons au niveau des partenaires publics. L’entreprise publique est un employeur comme un autre, qui a des déchets, des lampes et des employés plus ou moins stressés à gérer. En revanche, contrairement aux autres, elle met en œuvre des politiques qui impactent directement tout un réseau d’entreprises, une ville ou un pays: la Ville de Luxembourg gère un réseau de bus et le ministèr
e de l’Education nationale crée les comportements futurs de nos jeunes. Je signale à cet égard que nous collaborons avec le Ministère en organisant des conférences dans les écoles. Ceci pour dire que nous ne restons pas dans notre vase clos et qu’il nous paraît important aussi de mener des actions bénévoles. Nous savons que cela reviendra en boomerang car ces jeunes sont nos employés de demain. MT