Energie verte
Alors que pendant longtemps l’énergie éolienne n’a pu que servir à produire de l’énergie électrique dans des endroits reculés, la maîtrise du stockage de l’énergie éolienne par batteries permet désormais de l’utiliser même en l’absence de vent. Les éoliennes sont aujourd’hui à même de produire du courant alternatif pour les réseaux électriques au même titre qu’un barrage hydroélectrique, par exemple.
On distingue généralement le petit éolien – dont fait partie la nouvelle vague de l’éolien urbain -, c’est-à-dire les éoliennes de petite puissance du grand éolien, encore appelé éolien industriel.
Le petit éolien ou éolien individuel désigne les éoliennes de petite et moyenne puissances (de 100 W à 20 kW) montées sur des mâts ne dépassant pas les 30 mètres et bien souvent autonomes en sites isolés. Il est avant tout destiné à produire de l’électricité destinée à alimenter des appareils électriques: pompage de l’eau, éclairage, …, et ce, essentiellement en milieu rural et dans les îles. Appelé à se développer comme source complémentaire au solaire, il pourrait bien s’imposer en milieu urbain (sur les toitures et les terrasses des immeubles) bien qu’encore au stade expérimental.
L’éolien industriel est généralement synonyme de parc éolien, dans lequel les éoliennes sont raccordées au réseau électrique. D’après les experts, l’éolien est devenue la filière énergétique la plus dynamique dans le monde, tout spécialement dans l’Union européenne où la production d’électricité éolienne a augmenté de 30% par an depuis les années 90, et est ainsi sur le point de dépasser la production d’énergie de la biomasse. Cela s’explique sans doute par son coût très compétitif: il est après l’hydroélectricité l’énergie renouvelable la meilleure marché avec le nucléaire.
Des milliers d’éoliennes ont été implantées à travers le monde, ces dernières années, mais c’est l’Europe qui arrive en tête de marche, avec une part de 65%. A ce titre, l’Allemagne est incontestablement le chef de file avec plus de 20.000 installations pour une production totale de près de 25.000 MW, ce qui en fait le troisième poste d’exportation du pays. L’Espagne prend la deuxième place dans le classement de la production totale. Il n’empêche que la palme du plus grand fabriquant mondial d’éoliennes revient au Danemark voisin avec 500 watts éoliens par habitant, ce qui lui permet de produire environ 20% de son électricité. Outre Atlantique, la croissance de la capacité est impressionnante. Les Etats-Unis ont augmenté leur capacité de 45% pour la seule année 2007.
Les nouvelles éoliennes en cours de développement visent à aboutir à une technologie qui s’affranchit du bruit, de l’encombrement et de la fragilité des éoliennes à pales, tout en étant capables d’utiliser le vent quelle que soit sa direction et sa force. De nombreuses variantes sont étudiées par des essais réels en grandeur nature.
Le débat sur l’énergie éolienne fait toujours grand bruit. Les partisans soulignent que l’éolien est la filière qui a de loin le meilleur bilan, selon de nombreuses études. En outre, une éolienne ne consomme pas d’eau douce (et lorsque l’on connaît l’enjeu à l’échelle mondiale dans le futur…), aucune pollution, quel que ce soit le type de pollution d’air ou de l’eau que ce soit, n’induit aucune pollution thermique, ni radioactive, n’a pas d’impact sur la qualité de l’air, un impact sur la biodiversité négligeable. De surcroît, les coûts d’installation ne sont pas très élevés.
Les détracteurs, quant à eux, insistent sur les nuisances sonores et le souci de l’esthétique. Il reste à souligner que les installations éoliennes (reliées à un grand réseau électrique) doivent être relayées par les autres sources d’énergie, en l’absence de vent, et que dans ce même contexte, les batteries indispensables au stockage de l’énergie – pour les petites installations autonomes – demeurent relativement chères. PhR