ACL

 “Nous sommes le reflet
des intérêts des usagers”
 

 

Créé en 1932, l’Automobile Club du Grand-Duché de Luxembourg était au départ un club de prestige orienté vers le sport automobile et le loisir. Initiateur du code de la route en 1952, l’ACL s’est rapidement démocratisé pour jouer un rôle de lobbying et d’assistance technique. Aujourd’hui, l’ACL effectue un “retour aux sources” en se réorientant vers le volet loisir. Rencontre avec Daniel Tesch, directeur.

Comment l’Automobile Club a-t-il vu le jour?

Un premier club automobile au Grand-Duché a vu le jour en 1904 mais a disparu en 1929. Il a été recréé en 1932 sous le nom d’“Automobile Club du Grand-Duché de Luxemboug”, communément appelé Automobile Club.
L’automobile étant réservée à une élite à cette époque, l’ACL était un club orienté vers le sport automobile et le tourisme privilégiant donc l’aspect loisir : excursions, restaurants, hôtels.
Il faut savoir en outre qu’à cette époque un “carnet de passage” était la condition sine qua none pour franchir une frontière. Il s’agissait d’un genre de caution à laisser aux douanes. L’ACL a joué un rôle déterminant en la matière.

Comment l’ACL a-t-il évolué au fil des années, et quelles en sont les raisons?

L’automobile s’est démocratisée au fil du temps, et le développement de l’industrie automobile, d’une part, des infrastructures routières au Luxembourg, d’autre part, est allé bon train. Bon nombre de Luxembourgeois aisés sont de plus en plus partis en vacances en voiture à l’étranger. Dès lors, l’ACL a commencé à proposer des services d’assistance à cette clientèle, essentiellement à l’étranger en partenariat avec des clubs allemands, suisses et autrichiens.
C’est en 1970 qu’a réellement débuté le dépannage à proprement dit et donc pris son essor en tant que club de secours. Le dépannage est devenu gratuit sous condition de cotisation.
Soulignons que l’ACL est avant tout une association défendant les intérêts des automobilistes, et que nous proposons une palette de services dont le dépannage ne constitue qu’un des aspects. Nous proposons ainsi des conseils juridiques et une panoplie de services liés à la mobilité dans sa globalité.
Que pensez-vous de l’ambitieuse politique de mobilité menée par le Gouvernement ainsi que de la politique environnementale dans le domaine?

Je tiens tout d’abord à préciser que bien que défendant les intérêts des automobilistes, l’ACL a pour mot d’ordre d’être “le reflet des usagers” qui cherchent aujourd’hui incontestablement de nouvelles solutions de mobilité combinant transport individuel et transports en commun. Aussi, la volonté de parvenir à un “modal split 75/25” est en soit une bonne idée, mais à mon avis utopique.

Cela dit, nous sommes pour le développement d’une mobilité “intelligente” qui passe incontournablement par une offre accrue de solutions de transports en commun. Hélas le Luxembourg accuse un retard considérable dans le domaine. Nous jugeons, par ailleurs, qu’il est très imprudent de fiscaliser  arbitrairement  l’automobiliste comme c’est le cas avec la nouvelle “taxe sur les véhicules routiers”. Celle-ci relève, à notre avis, d’une démarche purement budgétaire et non d’un souci écologique et nous nous battrons ensemble avec les usagers pour qu’elle soit réformée.  Sachez, pour finir, qu’il n’y a eu aucune négociation préalable à l’instauration de cette taxe avec les décideurs politiques. Nous estimons que le Gouvernement ferait mieux de responsabiliser l’automobiliste plutôt que de le “punir”.

Quelles sont les nouvelles lignes directrices du club, et à quoi ressemblera l’ACL dans vingt ans?

Nous sommes revenus vers des services davantage orientés vers les loisirs et le tourisme. Nous fournissons de plus en plus de conseils touristiques, que ce soit dans le choix des destinations, des routes à prendre, etc., et commençons à proposer également des voyages exclusifs à nos membres. L’augmentation du pouvoir d’achat dans les années 90 et l’essor des agences ont conduit les Luxembourgeois à partir davantage en avion, et nous nous sommes adaptés à cette nouvelle donne. Nous avons à ce titre organisé une croisière gratuite sur le Nil en partenariat avec Sales-Lentz pour 50.000 de nos membres, et comptons bien rééditer ce type d’action.

C’est bien là la vocation de l’Automobile Club du Grand-Duché de Luxembourg : proposer une gamme complète de services réactualisés en fonction des besoins et des nouvelles tendances puisque, je le répète, nous sommes une association et représentons nos membres. Nous sommes également en train de développer notre site Internet qui présentera une interactivité impressionnante.

Il m’est ainsi difficile de vous dire à quoi ressemblera l’ACL dans vingt ans. Par contre, je peux vous assurer que nous continuerons d’être en permanence à l’écoute des membres actuels – soit 165.000 usagers – et futurs, de concert avec la F.I.A., et de leur proposer des services de qualité. Nous allons d’ailleurs être certifiés ISO 9000.

Pour finir, nous cherchons à devenir un interlocuteur privilégié des communes et du Gouvernement pour l’amélioration de la qualité de la mobilité dans le pays, notamment en matière d’offre de transport public, avec toujours pour objectif premier de représenter les usagers au sens le plus large du terme.    PhR

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