FMI – Statec
Un groupe d'experts du FMI a récemment planché sur la situation économique et financière luxembourgeoise, sous la houlette de Jürgen Odenius. Plus pessimiste que la STATEC, la mission du Fonds monétaire international table sur une dégradation de la conjoncture luxembourgeoise de près de 4% en 2009, soit un demi pour cent en plus que la moyenne européenne. Le déficit public, quant à lui, devrait dépasser les 3%.
Sans être alarmant, le rapport publié il y a quelques semaines par le Fonds monétaire international sur les prévisions pour le Luxembourg est toutefois inquiétant. “Nous ne dressons pas des perspectives pessimistes mais, compte tenu des derniers indicateurs peu encourageants, nous nous devons d'être prudents quant aux prochaines prévisions”, s'empresse de souligner Jürgen Odenius, chef de la mission du FMI, qui trouve bien optimistes les prévisions de la STATEC pronostiquant une baisse de 1,8% “seulement”.
En cause, plusieurs donnes bien particulières à la situation économique et au marché de l'emploi luxembourgeois. Aussi, le Luxembourg paierait un lourd tribut dans cette crise financière par sa forte dépendance aux échanges internationaux, et ce, tous secteurs confondus. En effet, le Luxembourg devrait souffrir de la contraction de la production dans les pays voisins tout comme du déclin de la rentabilité du pilier de la croissance luxembourgeoise, le secteur bancaire, dont les pertes de revenus considérables devraient affecter le budget. Néanmoins, la diversification des produits bancaires dans le pays devrait “limiter la casse”. Jürgen Odenius tient à préciser à ce propos que “les sauvetages des banques Fortis et Dexia par l'Etat luxembourgeois furent une décision cruciale”, et que, plus généralement, le Grand-Duché avait su prendre les mesures politiques adéquates dans les paquets conjoncturels.
Le FMI exhorte cependant le Luxembourg à mettre en place des mesures de coordination internationale ainsi que limiter ses dépenses, tout particulièrement dans le domaine des prestations sociales et enfin, de revenir sur le principe d'indexation automatique des salaires. PhR