Rome ne s’est pas construite en un jour
Présentée fin 2014, la stratégie Digital Lëtzebuerg a pour vocation de poursuivre et d’accélérer le travail entamé ces dernières années pour tirer profit des opportunités offertes par les nouvelles technologies pour le pays, en impliquant le secteur public et le secteur privé et en les fédérant autour d’une vision commune.
Après avoir misé sur des infrastructures de pointe, une connectivité internationale optimale et l’accès à l’ultra-haut débit pour tous, l’heure est aujourd’hui au déploiement de services innovants, nous a confié le Premier ministre et ministre des Médias et des Communications, Xavier Bettel, dans une interview qu’il nous a accordée le mois dernier.
Pour favoriser l’innovation, il faut «rendre la vie plus facile à ceux qui veulent développer des projets et des services, simplifier et moderniser les procédures administratives, favoriser l’échange entre différentes disciplines», disait-il Xavier Bettel en reconnaissant qu’il s’agit là d’un «changement profond (…) dans tous les secteurs: changement de mentalité, d’organisation interne de l’État, de collaboration entre secteurs, entre privé et public», bref d’un travail de longue haleine qui s’inscrit dans une vision à long terme.
Première étape: s’attaquer à des sujets prioritaires comme, par exemple, les compétences, l’encadrement de l’innovation et des startup, le développement du FinTech ou les défis et opportunités liées au Big Data. Parmi les questions qui sont soulevées dans ces domaines, certaines sont plutôt du ressort de la sphère publique, d’autres de la sphère privée, mais elles nécessitent en général souvent une interaction entre les deux. C’est le but des groupes de travail thématiques mis en place pour engendrer des propositions concrètes.
Le Premier ministre a insisté sur le fait que l’initiative Digital Létzebuerg est une initiative «foncièrement transversale, horizontale, qui concerne potentiellement l’ensemble des ministères, les communes, tout comme le secteur privé et le monde académique», et qu’elle se veut également être «un lieu d’échange et un endroit où peuvent naître de nouvelles idées».
Le budget annoncé pour 2015 est d’un million d’euros, chiffre à modérer par le fait que de nombreux projets qui relèveraient de cette initiative ont déjà été budgétisés dans les différentes ministères, mais aussi par le fait que «on peut faire beaucoup sans budget, par exemple en identifiant les modifications législatives qui sont nécessaires pour s’adapter à la société dématérialisée».
Le Luxembourg ayant atteint un excellent positionnement en ce qui concerne les infrastructures ICT, les principaux défis concerneront désormais l’administration électronique, l’accessibilité de services en ligne aux citoyens, ainsi que la simplification administrative pour la création d’entreprise, en plus du développement de talents, qui n’est finalement pas un problème luxembourgo-luxembourgeois mais concerne toute l’Europe.