Cluster
Cahiers du développement durable
“Put Luxembourg on the map”

Initié en 2002 par le Ministère de l’Economie et du Commerce extérieur, le programme “Cluster” propose de regrouper les entreprises et les centres de recherche publics/privés, ayant des intérêts communs et développant des relations de coopération dans un ou plusieurs domaines technologiques. Aussi, Jeannot Krecké, ministre de l'Economie et du Commerce extérieur, a dévoilé le plan d'action éco-technologies le 22 janvier 2009, plan d'action destiné à une diversification économique au Grand-Duché. Nous avons voulu en savoir davantage et avons contacté le ministère.
Rencontre avec Tom Theves, Conseiller de gouvernement, et Simone Polfer, Attachée de gouvernement.
Tout d'abord, qu'entend-on par “éco-technologies” ?
Il faut tout d’abord distinguer les éco-technologies curatives, qui, comme leur nom l'indique, sont destinées à “réparer” les dommages environnementaux existants, comme la réhabilitation des sols, l'amélioration de la gestion des déchets ou encore le recyclage des eaux usées émanant des procédés industriels. Les éco-entreprises ou éco-industries sont ainsi les entreprises qui produisent des biens et des services capables de mesurer, de prévenir, de limiter ou de corriger les impacts environnementaux tels que la pollution de l'eau, de l'air, du sol, ainsi que les problèmes liés aux déchets, au bruit et aux écosystèmes.
Les éco-technologies préventives, par contre, visent à intégrer des technologies moins polluantes afin d’éviter ou de réduire des impacts sur l’environnement, respectivement de fabriquer des produits et/ou offrir des services écologiques. Les “éco-technologies” qualifient donc une large palette de technologies ou de services.
Le plan d’action s’adresse cependant aussi aux entreprises “éco-responsables”, et donc aux entreprises qui favorisent une démarche écologique dans leur gouvernance d'entreprise.
Pourquoi faut-il promouvoir les éco-technologies ?
Bon nombre des éco-technologies peuvent contribuer à améliorer l'environnement de façon conséquente et renforcer parallèlement la compétitivité de nos entreprises par la réduction de leur consommation d'énergie tout comme de leur production de déchets. Mais ce n'est pas tout: elles contribuent également à l'innovation technologique et à l'ouverture de marchés potentiels, et donc à la création de nouveaux emplois.
Quel est le rôle de votre groupe de travail et quel est l'objectif du plan d'action “éco-technologies” dont vous avez la charge ?
Notre démarche a pour vocation de lancer un plan d'action dont le nouvel axe réside dans le développement des éco-technologies au Luxembourg de concert avec les autres ministères.
L'objectif est double et vise à développer de nouvelles activités économiques tout en cherchant à réduire les impacts sur l’environnement. D'un point de vue économique, il s'agit de développer le domaine des “éco-technologies” comme créneau de diversification de l'économie luxembourgeoise, c'est-à-dire faire progresser les entreprises existantes pour favoriser l'exportation de produits et services écologiques “made in Luxembourg”, et créer de nouvelles entreprises dans le pays tout comme implanter des entreprises étrangères dans le pays. Le but est donc de donner une visibilité aux compétences existantes dans ce domaine des éco-technologies de notre pays et de promouvoir le Luxembourg en tant que centre d'excellence. Nous devons également inciter les secteurs traditionnels à s'orienter vers ces nouveaux procédés et ces nouveaux marchés.
Le volet environnemental, lui, réside dans l'amélioration de la productivité des ressources naturelles et la réduction des impacts environnementaux par l'utilisation des éco-technologies. Autre aspect important, promouvoir la recherche et l'innovation au Grand-Duché.
Pour concrétiser cette démarche, nous avons dans un premier temps effectué l'état des lieux des ressources existantes dans le secteur des éco-technologies tout comme analysé les compétences actuelles de nos entreprises dans le domaine. Nous avons ensuite procédé à une étude par secteur des potentialités de développement des éco-technologies et repéré les opportunités au niveau européen et international.
Luxinnovation GIE a répertorié les éco-entreprises présentes dans notre pays, au nombre de 188 actuellement, actives surtout dans le secteur “énergies renouvelables”, “déchets”, “eau” et “construction durable”. Luxinnovation GIE a ensuite établi une cartographie détaillée.
Dans le cadre de la promotion et de la création de nouvelles activités au Luxembourg, des actions très concrètes sont prévues comme le lancement imminent du cluster EcoDev, le catalogage, la mise en réseau et la stimulation des rencontres entre entreprises et instituts de recherche ainsi que l'accélération de projets pilotes et de projets de recherche et de développement.
Une autre mission importante qui nous incombe est de sensibiliser, d'informer et d'accompagner les entreprises afin qu'elles puissent accéder aux aides nationales et européennes disponibles en matière de recherche-développement et d'éco-innovation. En effet, les entreprises ont bien souvent du mal à s'y retrouver dans le méandre administratif de ces aides financières au niveau communautaire.
A ce propos, les financements seront renforcés au niveau luxembourgeois, par exemple dans le cadre du programme CORE, avec des subsides qui passeront de 2,5 millions à 5 millions d’euros cette année. Un nouveau régime d'aide “environnement” est également en préparation comme par exemple en matière d'études de faisabilité technologique.
Dans le domaine de l'exportation, un soutien aux entreprises du secteur des éco-technologies est également prévu pour faciliter l'exportation de leurs produits et de leurs services. PhR