Sanem
Un développement profitable à tous
Les 2/3 des friches industrielles de Belval s’étendent sur le territoire de Sanem et elles devraient accueillir principalement des logements. Même si la population de la commune pourrait doubler dans les années à venir, cette évolution ne se fera pas au détriment des quartiers existants et tous les habitants en bénéficieront.
Entretien avec Georges Engel, bourgmestre.
La commune a dédié un budget important à la revalorisation du site de Belval (8,5 millions d’euros pour l’année 2008).
Qu’attendez-vous en retour de ces investissements?
Nous attendons 5 à 7000 nouveaux habitants, ce qui représente une augmentation de la population d’un tiers ou de la moitié, sans compter les gens qui viendront travailler sur ce site, notamment dans le quartier Square Mile qui regroupera de nombreux bureaux, entreprises et commerces. Cela apportera une nouvelle dynamique à la commune.
Comment vous y prendrez-vous pour éviter que Belval ne se développe comme une nouvelle ville à côté de celle qui existe déjà?
Nous sommes très soucieux de ne pas en arriver là. Nous voulons vraiment que ce quartier soit bien intégré dans le tissu urbain existant.
Une des manières d’y parvenir est de promouvoir le site pour que les habitants de la commune s’y installent. Par exemple, la présence de membres de clubs ou d’associations donnerait une confiance et une homogénéité au quartier.
Nous tenons aussi à ce que le quartier soit bien desservi par les transports en commun et à ce que les chemins qui y mènent soient faciles à faire en vélo ou à pied. Comme peu de magasins sont actuellement implantés dans notre commune, les gens du village se rendront à Belval pour réaliser leurs achats. Nous sommes attentifs à ce que les croisements avec le réseau routier existant soient harmonieux, de manière à ce qu’on ne voie pas directement qu’il s’agit d’un nouveau quartier.
Nous pouvons aussi agir au niveau de la dénomination des rues, en leur donnant le nom de personnes qui sont connues ici ou qui y ont vécu. On crée ainsi un lien avec le passé.
Comment les habitants perçoivent-ils les bouleversements à venir?
Une très grande majorité se montre favorable au développement et voit le potentiel de ce site avec la dynamique et les emplois qu’il peut créer: 20.000 emplois sont prévus, 80.000 personnes le fréquenteront chaque semaine et la vie estudiantine apportée par l’université représente aussi un atout considérable. Même si, au départ, il y avait quelques réticences de la part notamment des nombreux ouvriers qui ont travaillé à l’Arbed.
Belval accueillera un CIPA pour 120 pensionnaires, une école avec 27 classes, un hall sportif, une maison relais, un lycée technique et un centre omnisport. Le développement de ce site ne se fera-t-il pas au détriment de celui des autres quartiers?
Nous injectons 8,5 millions dans le site de Belval –c’est une année exceptionnelle-, mais cela ne représente que 40% de notre budget extraordinaire qui est de 22,5 millions. Nous investissons aussi dans d’autres quartiers: un complexe sportif au Scheierhaff, un boulodrome national, une piscine, une salle de gym, un centre pour les services de secours, etc. Tout cela est planifié dans une optique d’accroissement de la commune et tous les investissements profiteront à l’ensemble de la population: celle de Belval et celle des structures existantes.
Où en est le projet très controversé de prison?
Je suis favorable à ce projet car, jusqu’à présent, les arguments contre ne m’ont pas convaincu. Il est vrai que le trafic routier deviendra plus important avec les déplacements vers les tribunaux et les gens qui viendront y travailler, mais 250 emplois seront créés, ce qui n’est pas rien. En plus, nous pensons devoir prendre notre responsabilité envers un problème national. Il faut bien qu’une des 116 communes accepte la proposition de l’Etat, à partir du moment où nous nous accordons sur la nécessité d’une nouvelle maison d’arrêt. Nous avons proposé au gouvernement un autre site sur notre territoire et nous espérons pouvoir bientôt tirer une conclusion définitive.