De bons résultats

«Nous nous sommes dotés d’une stratégie ambitieuse il y a trois ans, que nous sommes en passe de déployer sur le terrain», clame haut et fort Mike Hansen, jeune trentenaire débordant d’énergie qui voit déjà les choses en grand malgré les moyens financiers contenus qui lui sont alloués. Interview.
Quel bilan touristique 2014 peut-on d’ores et déjà dresser?
Ecoutez, il est encore un peu tôt pour dresser un bilan touristique de l’année 2014, mais ce que je peux d’ores et déjà vous dire, c’est que les résultats sont jusqu’à présent positifs pour la Métropole du fer. Malgré le mauvais temps que nous avons eu cette année, le nombre de visiteurs à Esch-sur-Alzette est en augmentation par rapport à 2013 à la même époque. Les neufs visites guidées ont connu un franc succès. L’exposition Nelson Mandela au Musée de la Résistance, qui est encore au programme jusqu’à la fin septembre, a littéralement mobilisé les foules.
Au final, cependant, cela n’a rien d’étonnant, dans la mesure où ces bons résultats tiennent très certainement à l’engagement renforcé du syndicat d’initiative ces dernières années. Ceci n’est qu’un début, dans la mesure où les investissements vont être revus à la hausse dans les prochaines années.
J’en profite pour remercier les nombreux bénévoles qui nous épaulent dans notre mission, sans qui les résultats ne seraient certainement pas aussi bons.
 
On pourrait croire à première vue que vous vous «substituez», ou, du moins, que vous vous inscrivez en «complémentarité» avec le ‘Luxembourg City Tourist Office’ de la capitale, compte tenu du fait que vous proposez des dépliants et des informations pour l’ensemble du territoire luxembourgeois…
Notre objectif est d’informer au mieux le visiteur qui s’adresse à nous, et ce, sans faire de ségrégation, raison pour laquelle nous vendons ou plutôt venderons dans un futur proche des tickets pour les manifestations se déroulant dans tout le pays et même dans la Grande Région.
Nous nous inscrivons effet en complémentarité avec l’ONT et le ‘Luxembourg City Tourist Office’ et non dans un esprit de concurrence. Ce serait d’ailleurs contre-productif puisque l’objectif est de «retenir» le visiteur dans le pays voire même dans la Grande Région, dont nous faisons également la promotion. L’ ‘Esch City Tourist Office’ a une stratégie d’ensemble ; nous avons bien conscience que nous pouvons, d’une part, difficilement rivaliser avec l’offre touristique de la capitale, d’autre part, que le Grand-Duché est un petit pays. De surcroît, le public intéressé n’est pas le même dans les deux principales villes du pays.
 
C’est-à-dire?
Esch-sur-Alzette et les villes voisines, qui constituent l’ensemble «Terres rouges», ont une longue tradition minière, comme vous le savez. Dès lors, notre offre s’appuie sur ce passé, avec des sites comme le Musée national des mines de fer luxembourgeoises situé à Rumelange ou le Train 1900 au Fond-de-Gras, pour ne citer qu’eux, deux sites qui connaissent un franc succès auprès des touristes.
Quels sont les efforts de promotion, de marketing réalisés par l’office de tourisme de la ville?
Le marketing et la promotion du tourisme à Esch-sur-Alzette en sont encore à leurs balbutiements, en ce qui nous concerne. Il faut savoir que nous n’avons pas les mêmes moyens financiers que la Ville de Luxembourg, et ne pouvons donc pas nous permettre, par exemple, d’assister aux grandes foires touristiques et ainsi de mettre en valeur notre patrimoine et notre offre touristique tel que le fait la capitale.
Au même titre, nous ne travaillons pas avec des agences, mais réalisons tout nous mêmes, notamment grâce aux nombreux bénévoles qui nous soutiennent dans notre travail, comme je vous le disais.
Cependant, nous nous sommes dotés d’une stratégie ambitieuse il y a trois ans, que nous sommes en passe de déployer sur le terrain. Nous avons par exemple noué des contacts étroits avec l’hôtellerie à Esch de même qu’avec les commerçants – avec ces derniers pour le marché de Noël, ceci pour promouvoir la région.
Autrement dit, nous réalisons de petites campagnes ciblées, à l’instar de la campagne ‘I love Esch’ de même qu’une autre mettant en avant l’Université d’Esch/Belval dont l’ouverture est prévue en 2015. L’objectif de cette dernière étant d’impliquer les futurs étudiants dans le processus, futurs étudiants qui amèneront inévitablement des personnes de leur entourage dans la région, qui sont autant de cibles potentielles.
Nous sommes également présents sur les réseaux sociaux, et ce, sur le site de la Ville d’Esch-sur-Alzette, au stade actuel des choses.
 
Vous évoquiez le succès rencontré par des sites comme le Musée national des mines de fer luxembourgeoises et le Train 1900. Quels sont les autres sites, attractions ainsi que manifestations très prisés par les visiteurs dans cette région du Sud du pays?
A Esch-sur-Alzette, il y a bien évidemment les grands classiques désormais bien connus du public que sont la Rockhal et la Kulturfabrik, qui ne sont plus à présenter. Le Théâtre de la Ville peut également se targuer de connaître un certain succès.
Précisons que des manifestations telles que le carnaval, le marché de Noël de la Métropole du fer ainsi que le festival culturel «Terres Rouges», que nous organisons toutes nous-mêmes, rencontrent un succès grandissant.
Sinon, comme dit, ce qui intéresse nos visiteurs est avant tout ce qui a trait à l’histoire industrielle de la région, raison pour laquelle nous jugeons indispensable de concentrer ses efforts sur cette donne. Le site de Belval, à la croisée des chemins entre passé industriel et cité du futur, représente un potentiel touristique considérable, que nous nous devons d’exploiter. Nous devons incontestablement orienter notre offre vers l’avenir et accompagner les mutations que connaît la Ville d’Esch-sur-Alzette.  PhR

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