Une nouvelle corde à son arc

Si myenergy, structure publique nationale pour le conseil, l’information et la sensibilisation des entreprises, particuliers et collectivités locales dans le domaine de l’énergie, s’est jusqu’à présent concentrée sur les thématiques directement liées à l’énergie, elle prodigue désormais également des services de conseils en matière de construction et d’habitat durables, comme nous l’explique Gilbert Théato, directeur. Entrevue.
Où en est-on au niveau de la politique énergétique européenne, et, plus précisément, de la politique luxembourgeoise en la matière?
La politique énergétique européenne peut être identifiée par trois axes majeurs, qui sont la durabilité, la sécurité d’approvisionnement et la compétitivité, sur lesquels les principales directives en matière d’énergie reposent.
Le volet durabilité n’est autre que la volonté de l’exécutif européen de réduire la consommation d’énergie par l’augmentation de l’efficacité énergétique et par une augmentation de la production d’énergie renouvelable, et ce, pour des raisons environnementales, climatiques et de raréfaction des ressources fossiles.
En ce qui concerne la sécurité d’approvisionnement, celle-ci est une problématique majeure étant donné la dépendance des pays européens aux énergies provenant des marchés d’énergie externes, qui culmine à plus de 50% pour l’ensemble de l’UE et à plus de 90 % au Grand-Duché. Autrement dit, le Vieux Continent est à la merci des pays producteurs dont la stabilité politique n’est pas toujours de mise.
La notion de compétitivité renvoie directement au marché de l’énergie, dont les prix ont une répercussion directe sur les entreprises et le consommateur final.
Quelles sont les directives adoptées par l’UE ?
Trois directives orientent principalement l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.
En matière d’efficacité énergétique, une directive de 2012 exige notamment des Etats membres qu’ils réduisent chaque année de 1,5% leur consommation énergétique finale.
Au Grand-Duché, dans ce contexte, le ministère de l’Economie a déjà planché sur le sujet en présentant un premier projet de loi qui a pour finalité de répercuter cette obligation sur les fournisseurs d’énergie, à savoir de gaz et d’électricité. Ces derniers se verront donc prochainement obligés à promouvoir l’efficacité énergétique auprès de leurs clients, avec tous les changements de mentalité que cela implique.
En matière d’énergies renouvelables, la directive correspondante pose également des objectifs contraignants pour la part d’énergies renouvelables dans la consommation finale en énergie pour 2020.
Finalement, une troisième directive précise les règles pour la performance énergétique des bâtiments.
Où se situe le Luxembourg dans l’UE en matière de politique énergétique dans son ensemble ?
En matière de performance énergétique des bâtiments, nous constatons, chez myenergy, que le Luxembourg figure parmi les bons élèves de l’UE. La méthodologie et sa mise en œuvre, tout comme les objectifs ambitieux, sont souvent reconnus exemplaires à l’étranger. Ces derniers sont l’atteinte des classes énergétiques AAA pour toute nouvelle construction d’habitation d’ici 2017 et une consommation d’énergie quasi nulle pour 2019 («nearly zero-energy building»).
Des plans d’action nationaux règlent la mise en œuvre des autres directives, où le Luxembourg est également «on track».
Comme je le disais, le Luxembourg est quasi-totalement dépendant de l’approvisionnement extérieur. L’unique source d’énergie dont dispose le Grand-Duché repose sur les énergies renouvelables. L’objectif pour 2020 est d’atteindre les 4% d’énergies renouvelables, ce qui signifie toutefois que le pays dépendera toujours à 96% des importations. Le grand défi national réside alors dans l’amélioration de l’efficacité énergétique.
Tous ces éléments se traduisent dans les activités quotidiennes de myenergy, et que nous mettons en œuvre pour les particuliers, les communes  – avec le Pacte Climat – et les entreprises. En parallèle, nous essayons de promouvoir le secteur professionnel, notamment à travers le projet LuxBuild2020, lequel a pour objet l’adaptation et le développement des compétences et des qualifications des salariés actifs dans le secteur de la construction. Ce projet mené par myenergy, par la Chambre des Métiers, l’IFSB et la Fédération des Artisans, montre par ailleurs que, par rapport à beaucoup d’Etats membres européens, le secteur est très au fait quant à la problématique de l’efficacité énergétique dans la construction.
myenergy, qui, comme on le sait, est une structure publique destinée à prodiguer des conseils, de l’information tant aux entreprises, qu’aux particuliers ou encore aux collectivités locales dans le domaine de l’énergie, sera présente au salon Home & Living Expo début octobre à Luxexpo avec l’installation d’un espace d’exposition. Quelles sont vos ambitions ?
Notre présence au salon Home & Living Expo permet de voir comment se concrétisent nos activités, à savoir sur le plan de la construction et de la rénovation énergétique. Nous aurons, à côté de notre stand d’information et de conseil, trois expositions, chacune dédiée à une thématique bien définie : la nouvelle construction, la rénovation et la construction durable, cette dernière étant une nouveauté pour 2014.
La construction durable revêt, outre la question de l’énergie, de nombreux aspects dont certains sont parfois méconnus, tel que l’aspect de la fonction sociale, celui de l’emplacement ou encore ceux de la sécurité et de l’accessibilité. En effet, la durabilité est un concept global qui intègre de nombreux paramètres tels que les distances pour se rendre sur son lieu de travail.
Notre ambition est dès lors d’évoluer dans nos services jusqu’ici énergétiques vers un univers beaucoup plus global en thématisant l’habitat et la construction durable.

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