A la croisée des chemins
Après la crise de la dette dans la zone euro qui a émoussé la confiance dans le fonctionnement des institutions, c’est sans surprise que l’intérêt des électeurs pour le scrutin des 24 et 25 mai prochains, pourtant organisé au cours de la très symbolique Année européenne des citoyens, est très mitigé.
Alors que Xavier Bettel dit ressentir une véritable «europhobie» dans un entretien publié dans The European, les résultats de l’étude Politmonitor, parus le 26 avril dans le Luxemburger Wort, confirment, chiffres à l’appui, le profond désaveu dont souffre l’Union. Elle révèle que près de la moitié des résidents luxembourgeois interrogés se prononce pour moins d’Europe ou pour le statu quo, 28 % s’opposent à un élargissement des pouvoirs du Parlement européen et 16 % estiment même qu’ils devraient être réduits.
A l’origine de ce déficit démocratique, le rejet d’une Europe «qui siège à huis-clos, dont les processus décisionnels sont difficilement compréhensibles, qui donne souvent l’impression d’être complexe et bureaucratique et qui se mêle des plus petits détails de notre quotidien au lieu de s’attaquer aux grands défis globaux», selon le DP.
L’européen convaincu qu’est Jean-Claude Juncker, dont la candidature au poste de président de la Commission européenne est positivement perçue par 84% des participants à un sondage du TNS-ILRES, a, quant à lui, rappelé, lors de son investiture en tant que tête de liste officielle du Parti Populaire Européen, la nécessité de revenir aux fondements de l’Union européenne, construite pour éviter de renouveler la tragique expérience des deux Guerres mondiales, et d’être fier de l’Europe qui est le plus petit continent mais aussi le plus grand marché unique au monde. MT