Petits états, petits jeux?

Du 27 mai au 1er juin, le Luxembourg a accueilli les quinzièmes Jeux des Petits États d’Europe, mais l’événement n’a pas soulevé le même engouement populaire qu’en 1995, lorsque qu’il en était l’hôte pour la première fois.

Pourtant, ces ‘petits’ jeux avaient tout des ‘grands’: un budget confortable de quelque 3 millions d’euros, 9 délégations regroupant plus de 800 athlètes, dont 160 pour le pays organisateur, près de 1.300 accrédités, 750 médailles dessinées et fabriquées au Luxembourg, distribuées dans 11 disciplines, un slogan -Are you ready for the games?-, une mascotte et 4.000 tickets à 25 euros vendus pour la cérémonie d’ouverture au stade Josy Barthel.

Le spectacle, qui a été orchestré par le directeur du théâtre d’Esch-sur-Alzette, Charel Muller, et qui a réuni 600 participants, a été inauguré par le président du Comité international olympique en personne, Jacques Rogge, lequel, après avoir salué l’excellence de l’organisation et l’implication des bénévoles, a appelé les compétiteurs à refuser le dopage et à respecter leurs adversaires, discours qu’il tient traditionnellement lors des ‘vrais’ Jeux olympiques. Quelques têtes couronnées, comme le grand-duc Henri et la grande-duchesse Maria-Teresa de Luxembourg bien sûr, mais aussi la princesse Nora de Liechtenstein et le prince Albert de Monaco, ont marqué la cérémonie par leur présence.

De quoi drainer la foule, donc. D’autant plus que, durant les cinq jours qu’ont duré les JPEE, chacun pouvait assister gratuitement aux épreuves sportives et suivre un beau programme culturel. Les organisateurs ont, par ailleurs, mis un point d’honneur à assurer l’accessibilité des services et des sites accueillant des compétitions à tous les visiteurs, y compris ceux qui sont en situation de handicap. Le ministère des Classes moyennes et du Tourisme a ainsi remis le label EureWelcome à plusieurs infrastructures dans le contexte de ces Jeux.

Et il a tout à y gagner. Même si la levée du secret bancaire a été plus largement relatée par la presse que ces Jeux, ils n’en ont pas moins permis au Luxembourg de rayonner au-delà de ses frontières -il y a fort à parier que les visiteurs ont profité de leur séjour pour découvrir les charmes du pays-, mais aussi d’engendrer quelques bénéfices, principalement dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. Avec près de 8.500 nuitées enregistrées pour les seules délégations sportives et plus de 3.000 repas servis chaque jour à la cantine, sans compter les consommations des spectateurs dans les snacks et buvettes attenants, ce à quoi il faut ajouter les recettes liées au sponsorat et à la vente des billets et d’objets dérivés, la semaine a été bien plus rentable que jamais à la même période.

MT

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