Le fabuleux monde de l’IT

C’est une année-charnière pour les équipes de Clearstream Services qui, à peine après avoir terminé avec succès leur précédent “plan stratégique“, entament le nouveau, et ce, toujours sous la direction de leur CIO, Yves Baguet. Nommé CIO of the Year pour la seconde fois de sa carrière, ce dernier revient sur les stratégies IT de Clearstream et nous parle de la communauté IT grand-ducale qui s’agrandit.
 

Photo © Clearstream Banking

 

Pouvez-vous nous présenter Clearstream Services.

Clearstream Services est une filiale de Clearstream International qui regroupe tous les départements IT, ainsi que le département “business operations“.
Clearstream Services fonctionne grâce à 500 employés et est détentrice du statut PSF qui permet d’offrir nos services, non seulement aux autres entités Clearstream, mais aussi aux clients extérieurs, notamment via ses nouveaux services IT dans le monde du managed services, de l’Application Service Provision ou du Software as a Service (ndlr: SaaS).

Ce service aux clients extérieurs existe depuis cinq ans maintenant et bénéficie d’une bonne reconnaissance et d’un joli succès. La preuve, en 2011, nous avons connu une augmentation de 54% de nos revenus pour les services IT externes.

Donc Clearstream Services sert le business interne de Clearstream, mais aussi le business extérieur à travers les services IT externes.

 

Vous travaillez par “plan stratégiques“. Jusqu’à la fin de l’année 2011, il s’agissait «d’exécuter le plan directeur métier de Clearstream». Pouvez-vous nous en dire plus?

Notre approche était de créer une interopérabilité fonctionnelle et technique avec nos différents partenaires business, ce qui a nécessité beaucoup de développement informatique puisque nous devions créer toute un mécanisme fonctionnel d’interopérabilité.

Cette stratégie était aussi basée sur une diversification de nos portefeuilles de services et de produits. Concrètement, nous avons développé des produits et des services autour des fonds d’investissements.

Nous avons créé plusieurs liens avec un grand nombre de marchés domestiques dans le monde, et nous avons également amélioré notre interopérabilité avec d’autres éléments de la value-chain du groupe Deutsche Börse.

 

Quel est le plan stratégique 2012-2017?

“To be the best collateral manager in a post-T2S world“. Derrière cette simple phrase qui résume parfaitement notre nouvelle stratégie se cache un énorme travail.

Cette stratégie part du postulat que TARGET2Securities (ndlr: T2S), le projet européen initié par la Banque centrale européenne qui ira en production en 2015 (ndlr: Clearstream va rejoindre T2S en 2016), va éliminer tous les flux de règlements qui sont aujourd’hui envoyés vers des organismes domestiques comme le nôtre en Allemagne ou comme Euroclear notre compétiteur, pour les centraliser dans l’Eurosystème.
Face à cette réalité, nous devons donc opérer des adaptations techniques, mais surtout, nous avons voulu voir plus loin, c’est-à-dire trouver comment voir ceci comme une opportunité d’en faire plus malgré le fait que cette nouveauté va nous supprimer une partie du business.

Nous avons ainsi réalisé que dans, et après la crise, le nerf de la guerre est ce qu’on appelle le “collateral management“. Nous souhaitons donc développer plus en avant nos services de gestion de risques, qui sont déjà très bons, en en créant de nouveaux, avec d’autres marchés.

Ce sera un travail colossal car il faut s’adapter à T2S, qui est un très gros projet qui touche à tous nos systèmes, mais il faut aussi avoir un très bon service de gestion des actifs ainsi qu’une très bonne connectivité clients pour pouvoir offrir à ces derniers la possibilité de savoir ce qu’il se passe dans les services de Clearstream et en particulier au niveau de la gestion de leur collatéral.

Ce programme sera construit entièrement sur notre plateforme informatique CREATION, élaborée en 2002. Pour notre service de gestion des risques, nous avons opté pour des designs originaux d’application et une architecture en SaaS, pour aboutir à un produit multi-tenant et multi-entité. Chose que nous sommes les seuls à pouvoir faire à l’heure actuelle.

Bien évidemment, il y aura beaucoup de travail et beaucoup de projets qui vont s’échelonner entre maintenant et 2016, mais nous croyons très fort en cette stratégie.

 

En 2007, vous déclariez à l’un de nos confrères qu’«il n’y a plus de très grands projets Informatique au Luxembourg à quelques exceptions près». Est-ce toujours le cas?

Non, ce n’est plus tout à fait le cas.

Tout d’abord grâce à Clearstream Services. En effet, comme vous pouvez le constater nos stratégies engendrent des projets quand même très grands.

De plus, je vois aussi certaines banques très célèbres de la Place qui changent de propriétaires et pour lesquelles des rapprochements possibles sont prévus et cela va créer des impacts majeurs au point de vue IT. Je crois donc qu’il va y avoir, sur la Place, quelque gros chantiers IT concrets dans les prochaines années.

Par ailleurs, au cours de ces dernières années, j’ai remarqué que la communauté ICT du Grand-Duché s’était beaucoup développée et largement améliorée grâce au “networking“. Selon moi, cette expansion est surtout due à deux raisons.

D’une part, les évènements ICT, surtout organisés par Farvest, commencent à prendre de plus en plus d’ampleur. En créant l’ICT Spring, par exemple, Farvest a vraiment mis sur pied “the IT place to be“. Avec 3.500 visiteurs en 2011, face aux 450 d’il y a quelques années, nous avons là la preuve que les gens avaient besoin qu’une communauté se créée.

D’autre part, le lancement très récent de la plateforme CIOnet de Luxembourg, par IT nation.
Grâce à sa structure européenne, cette structure permet à tous les CIO européens de commencer à s’échanger de l’information à l’extérieur du pays.

Grâce à tout cela, le “networking“ relationnel, qui était très modeste il y a 10 ans, s’est fortement amélioré. Les gens se connaissent, s’échangent de l’information, des opinions et de l’expérience.
 

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