La renaissance d’une technologie

Afin de diminuer l’achat de serveurs informatiques, et par conséquent les frais de maintenance et la consommation électrique, une technologie vieille de plusieurs décennies refait surface, la virtualisation des ordinateurs. Parmi les solutions de virtualisation, le logiciel XEN vers lequel s’est orientée la société C2D System House, spécialisée dans la sécurité de l’infrastructure informatique et des logiciels dédiés à un usage professionnel. Interview de son directeur général, Stany Wyrzykowski.

 

C2D System House est une société de services en informatique spécialisée dans l'étude, la réalisation et la maintenance de réseaux sécurisés. Quelles sont les technologies mises en place pour assurer cette sécurité?

Dans les technologies que nous mettons en œuvre chez nos clients et dans notre centre de données, nous utilisons depuis plusieurs années une technologie qui existe depuis 20 ou 30 ans, à savoir la virtualisation des ordinateurs.
Cette technologie était peu connue, si ce n’est dans les gros systèmes. Aujourd’hui, elle est arrivée à maturité au niveau des ordinateurs professionnels de tout un chacun dans les entreprises et est aussi utilisée dans le Nuage, en anglais Cloud Computing.

Quel est le principe de la «virtualisation»?

Le principe de base consiste à utiliser un premier puissant ordinateur physique qui va en faire fonctionner une série d’autres purement logiques, c’est-à-dire sans autre matériel que la machine de base.
Les intérêts sont multiples. D’une part, on peut optimiser les ressources d’un parc de machines grâce à une meilleure répartition des machines virtuelles sur les machines physiques en fonction des charges respectives, d’autre part économiser sur le matériel par mutualisation, et ce, tant sur la consommation électrique, l’entretien physique que la surveillance.

Quelles sont les techniques de virtualisation?

Il existe plusieurs types de plateformes de virtualisation sur le marché de la micro-informatique, dénommées «hyperviseurs», dont XEN.
Nombreuses sont les sociétés qui se tournent vers d’autre hyperviseurs que XEN, voyant un gage de sécurité dans les deux autres plus connus par les professionnels des PME. Pourtant, contrairement aux idées reçues, son concurrent direct requiert un spécialiste si l’on veut qu’il soit installé correctement, au risque d’avoir une installation gérée certes par une interface facile à utiliser mais avec une configuration complètement caduque aux performances médiocres. Ne parlons même pas d’une configuration à haute disponibilité qui ne tiendrait pas ses promesses et vous lâcherait au moment où vous en avez besoin.

Pourquoi ne se tournent-elles dès lors pas vers la solution XEN ?

C’est tout simplement le manque de notoriété de XEN qui est en cause, contrairement à son concurrent qui dispose de gros budgets pour sa promotion. La solution XEN, gratuite, ne peut pas prétendre rivaliser avec lui sur ce terrain.

XEN offre une palette d’outils qui permettent d’avoir une solution totalement open-source sans avoir de frais de licences mais qui, il faut le reconnaître, demande un investissement humain certain. En effet, les solutions XEN 'embarquées' proposent davantage de fonctionnalité mais exigent une connaissance certaine de Linux en ligne de commande pour assurer l’installation et la configuration de la virtualisation.
Pour l'administration quotidienne par le client, certaines consoles graphiques, open-source aussi, en facilitent la gestion.
Enfin, il existe aussi une solution commerciale de XEN proposant plusieurs niveaux d'intégration des outils, du plus simple au plus complexe : la migration des machines virtuelles d'un serveur à un autre sans arrêt de ces dernières, de manière invisible pour les utilisateurs.

Mais, je le répète, il est faux de croire que, parce que son grand concurrent propose lui un produit payant et de surcroît une interface agréable induisant un sentiment de sécurité, celui-ci est facile d’utilisation.

Cela dit, j’ai pu moi-même constater que les plus grands centres de données, avaient bel et bien recours régulièrement à XEN. Il reste à convaincre les PME. Car notre société, C2D, peut grâce à l’hyperviseur XEN offrir des prestations à moindre coût garantissant le même niveau de sécurité.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples d’application de C2D?

Nous terminons à l’heure actuelle une installation XEN à haute disponibilité basée sur des filers NetApp pour une usine de produits chimiques et une autre totalement open-source basée sur DRBD (ndlr : Distributed Replicated Block Device) pour un magasin qui possède un stock pouvant être acheté sur place ou par un magasin en ligne.
Nous démarrons à Luxembourg-Ville une nouvelle installation XEN dans une administration afin de permettre la migration d’anciens serveurs vers une virtualisation utilisant du stockage sur des filers EMC.

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