Maladies non transmissibles: Un enjeu mondial de santé publique
Cancer, diabète, maladies cardio-vasculaires, problèmes respiratoires… Au-delà des épidémies, comme celle du SIDA, les maladies non transmissibles représentent un risque grandissant pour la population mondiale, tant en termes de décès que d’invalidité.
Visite médicale préventive pour déceler les risques de maladies non transmissibles
© J. Gustin / Handicap International
Le Haut Sommet sur les Maladies Non-Transmissibles (MNT) a été un évènement important de la 66e Assemblée Générale des Nations Unies, qui s’est tenue à New York les 19 et 20 septembre derniers. En effet, c'est seulement la deuxième fois que les Nations Unies portent un sujet de santé publique à un si haut niveau dans les discussions internationales (après le SIDA).
Et pour cause. Les maladies non transmissibles sont désormais la principale origine de mortalité et de handicap dans le monde, notamment dans les pays à revenu limité. Chaque année, plus de 9 millions de personnes meurent avant l'âge de 60 ans de ces maladies, soit en pleine période active, provoquant un double coup au développement: elles engendrent des milliards de dollars de pertes pour le revenu national et entraînent chaque année des millions de personnes sous le seuil de pauvreté.
Ainsi, selon le 1er rapport sur la situation mondiale des maladies non transmissibles, publié en avril dernier par l’Organisation Mondiale de la Santé, les maladies cardio-vasculaires sont responsables de la plupart des décès, à savoir 17 millions de personnes chaque année ; elles sont suivies par le cancer (7,6 millions), les maladies respiratoires (4,2 millions) et le diabète (1,3 million). Ces quatre groupes de maladies représentent près de 80% de l’ensemble des décès et ont en commun quatre facteurs de risque: le tabagisme, la sédentarité, l’usage nocif de l’alcool et une alimentation déséquilibrée.
C’est parce que beaucoup de personnes atteintes par ces maladies développent aussi des complications invalidantes que Handicap International participe activement à la lutte contre ces fléaux. De plus, les personnes handicapées, souvent oubliées des services de santé et du fait de leur sédentarité, sont aussi une population plus sujette à développer ce type d’affections. C’est pourquoi, afin de combattre ce cercle vicieux, l'approche de Handicap International est globale, à travers le développement d'un panel de services inclusifs, comprenant la prévention, les soins, la réadaptation, l'insertion et le soutien aux associations de personnes vivant avec ces maladies non transmissibles.
Le diabète, par exemple, pourrait devenir l'une des premières causes de handicap dans le monde au cours des prochaines décennies. Près de 250 millions de personnes étaient atteintes du diabète en 2006 et les estimations officielles parlent de plus de 360 millions de cas en 2030.
Cette explosion du nombre de diabétiques est liée notamment à la transformation des habitudes de vie (diminution de l'activité physique et changements alimentaires) du fait de l'urbanisation et de la motorisation des populations. Cependant, malgré cette épidémie qui s'annonce, la communauté internationale, les Etats du Nord et même beaucoup d'Etats du Sud, n’étaient jusque-là pas conscients du problème et peu d'acteurs s'engagent encore contre cette maladie hautement invalidante.
Le diabète est une maladie chronique, c'est-à-dire une maladie qui peut être soignée mais qui ne peut pas être guérie. Cela implique que le malade sera atteint par cette affection pour le reste de ses jours. Cette maladie apparaît quand le pancréas ne sécrète pas assez d'insuline ou quand l'organisme l'utilise mal. L'insuline est une hormone qui régule la concentration de sucre dans le sang. À long terme, la maladie peut aboutir à l'insuffisance cardiaque, la cécité, l'insuffisance rénale, l'impuissance et à des amputations.
Pour diminuer l'impact de la maladie et venir en aide aux victimes en leur garantissant, notamment, une reprise d’autonomie, les projets de Handicap International comprennent plusieurs volets: amélioration de la prévention par des actions de promotion de l'activité physique et d'une alimentation équilibrée ; formation de personnel médical local au dépistage précoce chez les personnes à risque ; soutien aux activités de soins des personnes diabétiques pour empêcher la survenue des complications invalidantes ; renforcement de l'accès aux médicaments et à un suivi régulier afin que la pauvreté ne soit plus un obstacle au droit à des soins quotidiens ; prise en charge et fourniture d’appareillages adaptés à chaque patient amputé ou devant subir une amputation ; soutien aux associations de diabétiques dans la défense de leurs droits et l'expression de leurs besoins et enfin, actions de plaidoyer national et international pour que le diabète soit reconnu comme une priorité de santé publique.
En adoptant en septembre dernier une déclaration politique qui insiste sur l'importance du problème et le besoin urgent d'agir, l'Assemblée Générale des Nations Unies a ainsi souhaité mettre en avant la priorité de la lutte contre les maladies non transmissibles.
En insistant sur les potentiels effets invalidants de ces maladies, et donc leur incidence sur l’autonomie des personnes et le développement des communautés et pays concernés, les Etats du monde entier rejoignent ainsi les ONG, parmi lesquelles Handicap International, qui militent autour du thème de “la santé pour tous”. Avec, pour Handicap International, l’indispensable nécessité de reconnaître aussi la vulnérabilité des personnes handicapées afin de leur assurer un accès équitable aux services de santé, de réadaptation et de réinsertion.