La gestion de patrimoine en mode SaaS
Le mode SaaS constitue la meilleure option pour les gestionnaires de patrimoine, les conseillers financiers et la banque privée, si l’on en croit Michel Rodriguez, directeur général de la nouvelle filiale du groupe BSB Solfia, qui entend bien leur offrir un outil unique de consolidation des avoirs. Interview.
Solfia est une filiale fraîchement créée appartenant au groupe BSB, lequel propose des progiciels financiers aux gestionnaires de patrimoine et de portefeuilles, et aux conseillers financiers. Pouvez-vous nous présenter ses activités ?
Solfia est effectivement une filiale de l’éditeur de logiciels BSB qui a deux produits phare qu’elle commercialise dans deux domaines. Le premier, Soliam, est destiné aux professionnels de la gestion de patrimoine, Family Offices et banques privées, tandis que le deuxième, Solife, s’adresse avant tout aux assurances-vie. Ces dernières, cela dit, utilisent – dans le contexte de leur gestion des fonds dédiés – également l’outil de gestion de patrimoine Soliam.
L’idée de Solfia est de commercialiser ces logiciels suivant les modèles «Software as a Service» ou ASP, des modes de commercialisation très particuliers où l’on ne vend pas une licence mais de l’hébergement, la solution logiciel ainsi que tout un ensemble de services qui vont de pair, en particulier dans le cas de Soliam des services de réconciliation multi-dépositaire.
Nous nous adressons donc à des gestionnaires qui n’ont sans doute pas les moyens de se doter d’une infrastructure informatique complexe. Afin que ces derniers aient une vue consolidée des avoirs de leur client, Solfia se charge de l’interface avec les banques dépositaires et de travaux spécifiques de Middle et back office.
Pouvez-vous préciser ?
Avec la la crise qui perdure, beaucoup de clients fortunés ne veulent plus mettre leurs œufs dans le même panier. Ils demandent par conséquent à leur gestionnaire de fortune de disséminer leurs avoirs dans plusieurs banques dépositaires, ce qui augmente pour eux la complexité de gestion de ces portefeuilles. Les outils des différentes banques n’étant pas les mêmes, ils n’avaient d’autre choix que de consolider eux-mêmes les avoirs avec des outils somme toute assez rudimentaires.
J’ai toujours été frappé du décalage existant entre les outils à disposition des gestionnaires et ceux de certaines banques privées. C’est ce qui nous a conduits à créer Solfia.
Nous, nous offrons un outil de très haut niveau qui permet à ces gestionnaires de gérer les avoirs de façon très pointue avec une vue d’ensemble, comme je vous le disais.
Sachez que nous avons toute une équipe de spécialistes en middle office qui se concentre sur l’aspect purement bancaire. Elle prend en charge une série de tâches comme celle par exemple d’aller chercher les prix des instruments sur le marché pour le compte du gestionnaire, ce qui représente déjà en soi beaucoup de travail.
Nous nous assurons également que les portefeuilles sont bien réconciliés, en d’autres termes, que les opérations réalisées ont bien été passées chez le dépositaire.
Il est très étonnant que ce type de services n’existait pas au Luxembourg lorsque l’on sait que le pays abrite plus de 300 gestionnaires indépendants.
Vous vous êtes ainsi véritablement engouffrés dans une nouvelle niche ?
Oui, nous pouvons dire que nous nous engouffrons sur une nouvelle niche de marché pour le Luxembourg. En plus, dès le départ, nous ne nous «attaquons» pas uniquement au marché luxembourgeois; nous avons des ambitions au niveau international.
Nous avons notre premier accord de partenariat avec une grande banque de la place, et nous devrions rapidement passer en mode production. D’autres acteurs, français, belges, suisses, ont déjà marqué leur intérêt pour à nos services. Car il s’agit bien de vendre des services et non des logiciels. Nous mettons en place et gérons l’application, et nous nous occupons de tout ce qui a trait au middle office et back office.
Grâce à la force de vente du groupe BSB – et de ses filiales partout en Europe, Solfia dispose d’un levier plus qu’intéressant pour promouvoir ses services à un niveau international, et ceci dès à présent.
Je tiens à préciser que nous avons un accord de partenariat très important avec Interactive Data pour les données de marché et avec Clearstream Services, notre infrastructure étant hébergée chez eux. C’est en fait un programme, une stratégie SaaS que nous avions initié au départ chez Clearstream Services, lorsque j’y étais responsable des services externes.
En somme, nous avons un acteur important au niveau logiciel, BSB, un outil informatique géré par Clearstream Services, et nous, qui opérons l’application pour le compte des clients sur cette plate-forme.
Solfia est-elle PSF ?
Nous aurons même bientôt tous les agréments possibles de PSF de support dont le 29.3 qui nous permettra d’élargir le cadre de nos activités. Nous pensions au départ qu’à l’international, ce statut n’était pas indispensable, mais il s’avère que lorsque l’on est PSF au Luxembourg, ce statut est nécessaire aussi à l’international. En l’occurence, nous avons un grand donneur d’ordres français qui nous a demandé d’étendre les services en question, et en particulier de compléter les services que nous proposons par des services d’hébergement et de support d’infrastructure.
Concernant le statut PSF, nous avons l’accord de la CSSF, et il ne nous manque plus que la signature de Luc Frieden, ministre des Finances.