Tout en haut de la liste

Initialement baptisée Watercooler et centrée sur le développement d’applications sur les réseaux sociaux dévolues aux entreprises, Kabam cible aujourd’hui clairement les «hardcore gamers», autrement dit les joueurs passionnés de jeux vidéos. Ce que nous avons réellement voulu savoir, c’est pourquoi cette société américaine au profil atypique dans le paysage luxembourgeois a décidé d’implanter son siège européen dans notre pays. Les éléments de réponse avec Mike Hawkins, Senior Marketing Manager auprès de la filiale européenne, lors d’une interview haute en couleurs.
 

Pouvez-vous nous présenter Kabam ?

Kabam est spécialisée dans la conception et le développement de jeux en ligne gratuits destinés à ceux que l’on désigne comme «hardcore gamers», c’est-à-dire des joueurs passionnés qui passent beaucoup de temps derrière des consoles de jeux généralement. Nous avons décidé de concevoir des jeux pour les réseaux sociaux, ayant réalisé en 2009 qu’il n’en n’existait pas réellement sur facebook si ce n’était quelques jeux occasionnels. Le premier que nous avons conçu, ‘Kingdoms of Camelot’, est devenu aujourd’hui un jeu très sophistiqué. Vous pouvez jouer gratuitement aussi longtemps que vous voulez. Si vous désirez par contre vous doter de pouvoirs spéciaux afin d’accroître votre niveau de jeu, vous devez alors acheter des crédits. C’est un modèle d’affaires très courant dans notre domaine d’activités.

Nous cherchons à nous positionner sur d’autres réseaux sociaux en Europe, comme par exemple sur le réseau néerlandais Hyvees, l’espagnol Tuenti ou encore l’allemand Studivz.

 

Vous avez récemment installé votre siège européen au Luxembourg. Pourquoi le Luxembourg plutôt qu’un autre ?

Nous avons dès le départ mis le Luxembourg tout en haut de la liste, et ce, pour plusieurs raisons. Si une société de jeux vidéos américaine, qui développe principalement des jeux en anglais, veut réussir en Europe, elle ne peut pas se contenter de traduire les jeux de façon approximative, les Européens  étant parfaitement à même de faire la différence entre une traduction de pacotille et une traduction de qualité. Nous devons également être à même de répondre à nos clients dans la langue ou les langues du pays, en l’occurrence des joueurs de jeux vidéos, et c’est la raison pour laquelle nous sommes chez Kabam tous des joueurs, les questions étant souvent très spécifiques.
Nous cherchions pour cela un endroit en Europe qui jouissait de très grandes ressources linguistiques, et le Luxembourg est un modèle d’excellence dans le domaine. Nous avons ainsi trouvé du personnel qualifié très facilement.

En outre, il faut avouer qu’il fait très bon vivre au Luxembourg, que l’atmosphère y est très relâchée lorsqu’on la compare avec celle des autres plus grandes villes européennes. Imaginez que des Italiens ont décidé de venir habiter ici pour ce travail. Notre équipe est également composée d’Allemands, d’Espagnols, etc. Quant à moi, je suis londonien. Croyez-moi, cela n’a pas été très difficile de les convaincre.

Last but not least, un des atouts majeurs du pays est la proximité avec les décideurs politiques. Nous avons ainsi pu entrer directement en contact avec des ministres, alors qu’aux Etats-Unis nous aurions eu affaire aux deputies voire même sub-deputies. Un tel niveau d’influence est sensationnel.

 

Et quelles sont précisément les aides qui vous ont été allouées ?

Nous n’avons pas obtenu d’aides en tant que telles mais pu aisément surmonter la bureaucratie, ce qui nous a considérablement facilité la tâche lorsque l’on sait les défis qui attendent tout nouveau créateur d’entreprise. Et en cela, les autorités luxembourgeoises nous ont été d’une aide précieuse en nous permettant de nouer un réseau de contacts privilégié.

 

Un de vos jeux a été élu «Meilleur jeu facebook 2010». Quels sont les ingrédients clé pour percer en tant que développeur de jeux en ligne… tout particulièrement pour les réseaux sociaux ?

Il y en a trois. Il s’agit tout d’abord de trouver un public spécialisé, en ce qui nous concerne, des «hardcore gamers» comme je l’évoquais tout à l’heure. Et dès lors que nous avons réalisé qu’il n’y avait aucune société sur ce créneau de marché, nous avons décidé de nous lancer dans l’aventure.

En deuxième lieu, vous devez réaliser des jeux exceptionnels, et pour cela vous entourer de concepteurs-développeurs hors du commun. C’est ce que nous avons fait.

Pour finir, étant donné que nos jeux sont conçus pour les réseaux sociaux, le concept ne repose pas sur le face à face direct comme c’est généralement le cas avec les consoles de jeux traditionnelles, puisqu’il se base sur des alliances entre joueurs, ce qui présuppose que vous pouvez immédiatement jouer avec une multitude de personnes… que vous ne connaissez même pas.

PhR

Lire sur le même sujet: