Du potentiel énergétique des eaux usées

Lancé le 6 juillet, le projet INNERS regroupe 11 partenaires européens qui travaillent ensemble sur la mise en oeuvre d’une approche novatrice afin d’optimiser le bilan énergétique des systèmes d’eau urbains.

Source photo :  Inners

INNERS -pour INNovative Energy Recovery Strategies in the urban water cycle- est le fruit d’une collaboration internationale entre des chercheurs provenant des Pays-Bas, de Grande-Bretagne, de France, d’Allemagne, de Belgique et du Luxembourg. Au Luxembourg, trois institutions -le SIDEN (Syndicat Intercommunal de Dépollution des Eaux résiduaires du Nord), l’Université et le Centre de Recherche Public – Henri Tudor- sont impliquées dans ce projet cofinancé dans le cadre du programme européen INTERREG IVB North-West Europe, et dont le top départ a été donné début juillet pour s’achever en décembre 2014. Son objectif: profiter du potentiel énergétique des eaux usées.

Les réseaux d’assainissement classiques, en véhiculant de grandes quantités d’eau, représentent une source d’énergie considérable, principalement sous forme thermique et biochimique, qui reste jusqu’à présent insuffisamment exploitée. Le projet INNERS vise donc à concevoir un cycle de l’eau urbain durable, énergétiquement neutre, voire positif. L’énergie pourrait être gagnée à travers des échangeurs thermiques ou la cogénération avec du gaz de digestion de boues d’épuration.

L’équipe du projet travaillera sur plusieurs axes: l’analyse comparative de différents systèmes d’assainissement européens ; le développement et l'essai de nouvelles technologies réduisant la consommation d'énergie pour le fonctionnement des stations d'épuration ; la prise de conscience des acteurs clé dans le domaine de la gestion des eaux usées par la démonstration des avantages offerts à moyen et long termes par la mise en œuvre d'un cycle de l'eau urbain durable ; et enfin, l'identification des ajustements réglementaires nécessaires pour mettre en œuvre les idées et technologies novatrices dans le domaine des réseaux d’assainissement urbain.

Des projets de démonstration novateurs sont également prévus, notamment le chauffage d’un immeuble composé d’appartements et d’une piscine à l’aide d’échanges thermiques avec les eaux usées.
Le CRP – Henri Tudor et l’Université du Luxembourg participeront également au développement d’un système de management de l’énergie en ligne (Energy Online System – EOS) permettant l'optimisation de la consommation énergétique des stations d’épuration.   

Le projet INNERS renforce les synergies existantes entre les partenaires luxembourgeois. En effet, le partenariat entre le CRP – Henri Tudor et le SIDEN date du début des années 2000, période à laquelle les deux organismes ont planché conjointement sur le projet européen LIFE+ SIDEN, qui avait expérimenté et validé dans la station d’épuration des eaux usées de Bleesbruck une méthodologie de contrôle et d’optimisation en temps réel des procédés de traitement des eaux. Un deuxième projet qui marque cette collaboration est le projet RESEAUSURE, cofinancé par le Fonds National de la Recherche (FNR) et qui vise à développer un outil de contrôle en temps réel du réseau d'assainissement des localités regroupées autour du lac de la Haute-Sûre, afin de réduire les émissions de polluants émanant du réseau par temps de pluie. L’outil est mis en place dans la station d’épuration de Heiderscheidergrund. Celle-ci aura aussi un rôle important à jouer dans le cadre du projet INNERS puisqu’elle servira de démonstrateur pour informer des effets à court et moyen termes du cycle de l’eau durable. Quant à l’Université du Luxembourg, elle s’est jointe aux deux partenaires dans le cadre de ce projet en y apportant ses compétences dans le domaine de l’optimisation énergétique de stations d’épuration. En plus de sa participation aux différents axes de travail, l’Université du Luxembourg utilisera les enseignements de ce projet dans ses modules de formation.

 

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