La comptabilité, pilier de la FAL
Souvent perçue comme un service discret, la comptabilité joue pourtant un rôle primordial dans le bon fonctionnement de la Fondation pour l’Accès au Logement (FAL). Entre gestion financière, digitalisation des processus, exigences de transparence et accompagnement de la croissance du parc immobilier, le département comptable est devenu un acteur stratégique de l’organisation. Peter Sonkes, responsable du service, revient sur les évolutions de ces dernières années, les défis à relever et le sens qu’il trouve dans son métier au sein d’une structure à vocation sociale.
Vous dirigez aujourd’hui le service comptabilité de la FAL. Pouvez-vous nous présenter votre parcours et votre rôle au sein de la Fondation ?
Je suis responsable du service comptabilité depuis près de cinq ans. Avant de rejoindre la Fondation en 2021, j’ai travaillé pendant 15 ans au sein du département financier d’une société internationale au Luxembourg. Aujourd’hui, je supervise l’ensemble de la comptabilité de la FAL ainsi que la stratégie financière et analytique. Mon rôle ne se limite pas aux chiffres : il s’agit également de mettre en place des outils de suivi, de garantir la fiabilité des informations financières et d’assurer la transparence vis-à-vis notamment de la direction, du conseil d’administration, des ministères, nos partenaires et des auditeurs.
Notre service comprend actuellement cinq personnes. Outre la comptabilité générale, nous gérons également le suivi administratif des décomptes de charges pour les occupants et les propriétaires. C’est un travail conséquent qui demande rigueur, organisation et réactivité.
Comment le service a-t-il évolué ces dernières années ?
L’évolution du service est directement liée au développement de la FAL et à l’augmentation du nombre de logements gérés. Au fil des années, de nouvelles missions se sont ajoutées et les exigences en matière de gouvernance financière se sont renforcées. L’affaire Caritas a notamment marqué un tournant pour l’ensemble du secteur social. Elle a conduit à une demande accrue de contrôle, de suivi et de transparence financière. À la FAL, nous avions déjà une culture de la rigueur et de la justification des opérations, mais ce contexte a encore renforcé l’importance accordée au reporting et au contrôle interne.
Depuis 2025, nous réalisons des clôtures trimestrielles afin de suivre précisément la situation financière des différentes activités. Cela nous permet d’analyser nos résultats, d’identifier les éventuels écarts et de disposer d’une vision claire de chaque branche d’activité. Nous travaillons également avec un budget annuel défini en amont qui fait l’objet d’un suivi régulier tout au long de l’année. Cette évolution s’est faite avec le soutien de la direction, qui accorde une grande confiance à ses équipes tout en encourageant l’amélioration continue des processus.
La digitalisation occupe aujourd’hui une place importante dans de nombreux métiers. Comment cela se traduit-il au sein de votre service ?
Ces dernières années, nous avons mené un important travail de modernisation. Depuis 2024, le traitement des factures est entièrement digitalisé. Les documents sont réceptionnés électroniquement et un système permet d’en extraire automatiquement les données avant leur intégration dans nos outils comptables.
Parallèlement, nous avons développé des interfaces entre nos différents logiciels, notamment notre ERP et notre logiciel comptable. Cette automatisation concerne notamment la gestion des loyers, les paiements et les écritures comptables associées. Auparavant, une partie importante de ces opérations était réalisée manuellement à partir de fichiers Excel.
Aujourd’hui, les échanges entre les systèmes sont largement automatisés. Le principal avantage réside dans la fiabilité des données. Les risques d’erreurs humaines sont considérablement réduits et les équipes peuvent consacrer davantage de temps à des tâches à plus forte valeur ajoutée. Pour les bénéficiaires ou les propriétaires, ces évolutions sont souvent invisibles, mais c’est précisément le signe que les processus fonctionnent correctement.
Nous poursuivons également plusieurs projets liés à l’intelligence artificielle et au partage de données entre services. L’objectif est notamment de permettre aux équipes sociales d’accéder rapidement à certaines informations financières actualisées sans devoir solliciter systématiquement la comptabilité. Cela représente un gain de temps important à la fois pour nos collaborateurs et pour nos bénéficiaires.
Quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confrontés aujourd’hui ?
Les changements législatifs, notamment dans le domaine du logement abordable, nous obligent régulièrement à adapter nos processus et nos outils. Nous devons également être capables de justifier chacune de nos opérations. Le métier de comptable repose sur la traçabilité, la transparence et la conformité. Chaque chiffre doit pouvoir être expliqué et documenté. Même si nous ne prenons pas les décisions opérationnelles, nous avons la responsabilité de les traduire fidèlement dans les comptes.
Un autre enjeu concerne les décomptes de charges. Nous étudions actuellement différentes solutions permettant d’automatiser davantage certaines tâches administratives. Toutefois, dans le secteur immobilier, chaque logement présente ses particularités. Une facture peut être imputée au propriétaire, à l’occupant, à la FAL ou à un tiers selon la situation. L’intervention humaine reste donc indispensable pour analyser les dossiers et prendre les bonnes décisions.
Enfin, la croissance du parc immobilier constitue un défi permanent. La FAL gère aujourd’hui environ 750 logements et plusieurs dizaines d’autres sont en cours d’intégration. Cette expansion nécessite des outils performants mais aussi des ressources adaptées pour maintenir un niveau de qualité élevé.
Qu’est-ce qui vous motive au quotidien dans votre fonction ?
Sur le plan technique, je fais aujourd’hui un métier proche de celui que j’exerçais dans le secteur privé. La différence réside dans la finalité de notre travail. Ici, les chiffres ne servent pas à accroître la rentabilité d’actionnaires ou à augmenter une fortune privée. Ils servent à soutenir une mission sociale concrète.
Même si nous travaillons principalement avec des données financières, nous savons que derrière chaque dossier se trouvent des personnes, des familles et des situations de vie. Contribuer, à notre niveau, à la recherche de solutions de logement pour les personnes qui en ont besoin donne un véritable sens à notre activité. C’est cette dimension humaine qui fait toute la différence. Nous ne sommes peut-être pas toujours visibles, mais nous participons pleinement à la mission de la FAL et à son impact sur le terrain.