Fondation Jean-Pierre Pescatore : plus d’un siècle d’histoire au service des aînés

Depuis plus de 130 ans, la Fondation Jean-Pierre Pescatore accompagne les personnes âgées au cœur de Luxembourg. Née d’un acte de générosité, l’institution a su évoluer avec son temps tout en restant fidèle à sa mission : offrir un cadre de vie confortable, humain et adapté aux besoins de ses résidents. Explications avec Patrick Vandenbosch, directeur général.

Un héritage né d’un acte de générosité

L’histoire de la Fondation Jean-Pierre Pescatore remonte à la fin du XIXe siècle. À l’origine se trouve le legs de Jean-Pierre Pescatore à la Ville de Luxembourg. Dans son testament, le philanthrope prévoyait qu’une maison de bienfaisance soit construite. L’établissement ouvre finalement ses portes en 1892. « À cette époque, il ne s’agit pas encore d’une maison de retraite telle qu’on la connaît aujourd’hui, mais d’une véritable maison de bienfaisance accueillant des personnes dans le besoin. Hommes et femmes vivent alors séparément dans des ailes distinctes du bâtiment et l’établissement reçoit également des veuves accompagnées de leurs enfants, dans un contexte marqué par les conséquences des guerres et des difficultés sociales de l’époque », explique Patrick Vandenbosch, directeur général. 

Très vite, la structure atteint sa capacité maximale. Au fil des décennies, plusieurs extensions viennent accompagner son développement. Une nouvelle aile est construite en 1956, suivie d’autres bâtiments dans les années 1970 et 1980. D’importants travaux de rénovation et de modernisation sont également réalisés au début des années 2000 afin d’adapter l’infrastructure aux standards contemporains. « Aujourd’hui, la Fondation Jean-Pierre Pescatore s’étend sur un domaine de 3,3 hectares mis à disposition par la Ville de Luxembourg et demeure l’une des institutions les plus emblématiques du pays », déclare-t-il.

Une structure à taille de ville

Si la Fondation Jean-Pierre Pescatore impressionne par son histoire, elle se distingue également par ses dimensions. Aujourd’hui, elle peut accueillir 341 personnes et dispose de 238 chambres à 1 lit, 24 chambres à deux lits ainsi que 55 appartements à 1 lit. Au fil du temps, quelques chambres ont été regroupées afin de créer des espaces plus vastes, allant aujourd’hui de 25 à 42 m². Chaque résident dispose de sa propre salle de bain et de sanitaires privatifs. La structure emploie plus de 350 collaborateurs, ce qui en fait une véritable petite ville. Un élément dont Patrick Vandebosch se montre particulièrement fier est l’absence totale de sous-traitance : « Qu’il s’agisse du personnel soignant, des cuisiniers, du personnel d’entretien ou encore des équipes techniques, tous nos collaborateurs sont directement employés par la fondation et bénéficient de la convention collective du secteur ».

Malgré son ancienneté, la Fondation Jean-Pierre Pescatore revendique une approche moderne et innovante. « Depuis de nombreuses années, nous investissons dans les nouvelles technologies afin d’améliorer le confort et la sécurité de ses résidents. Parmi les initiatives pionnières figure notamment l’installation du Wi-Fi dans l’ensemble de l’établissement il y a plus d’une décennie, une première au Luxembourg dans le secteur », explique Patrick Vandebosch.

Un lieu de vie avant tout

La Fondation Jean-Pierre Pescatore entend avant tout offrir un véritable lieu de vie. Cette philosophie se traduit notamment par une grande liberté laissée aux résidents dans leur quotidien. Chacun peut choisir sa chambre selon ses préférences et attendre qu’elle se libère si nécessaire. 

« Les petits-déjeuners sont servis en chambre afin de permettre à chacun de se lever à son propre rythme. Pour les repas de midi et du soir, les résidents se retrouvent dans les salles à manger, favorisant les échanges et le maintien du lien social. Pour les personnes nécessitant un accompagnement spécifique, des salles à manger thérapeutiques ont été développées afin de garantir un encadrement adapté tout en préservant la convivialité des repas », indique-t-il. Cette attention portée à la qualité de vie se retrouve dans l’ensemble de l’établissement. Bibliothèque, chapelle historique, cafétéria avec terrasse et véranda, terrain de pétanque, minigolf ou encore espaces de remise en forme permettent de créer un environnement stimulant et agréable.

Une cuisine locale

Plus de 35 personnes travaillent quotidiennement dans la cuisine afin de préparer les repas destinés aux résidents. « Nous privilégierons autant que possible les produits locaux. Ceux-ci sont identifiés par un marquage spécifique sur les menus. Les résidents bénéficient d’un choix particulièrement large avec plusieurs menus quotidiens et différentes alternatives permanentes », explique Patrick Vandebosch.

Les régimes alimentaires spécifiques font également l’objet d’une attention particulière. Allergies, diabète, insuffisance cardiaque, dialyse ou encore troubles de la déglutition sont pris en compte afin d’offrir à chacun une alimentation adaptée à ses besoins.

Des services pour favoriser l’autonomie

Le maintien et le renforcement de l’autonomie constituent un principe fondamental de l’approche de la Fondation Jean-Pierre Pescatore. Sur la base du « plan de vie individuel », chaque résident est accompagné de manière à préserver au maximum ses capacités et sa liberté de choix par les équipes multidisciplinaires. Que la personne ait besoin, dès son entrée, d’un encadrement social ou de soins plus soutenus, la Fondation garantit une prise en charge évolutive, permettant à chacun de rester dans son environnement de vie tout au long de son parcours, quelle que soit l’évolution de ses besoins, et ce jusqu’à la fin de sa vie.

Au fil des années, la Fondation Jean-Pierre Pescatore a également développé différents services visant à soutenir cette autonomie au quotidien, parmi eux figure notamment le service « Ënnerwee ». « Ce dispositif permet aux résidents de se rendre à un rendez-vous médical, faire des courses ou effectuer diverses démarches tout en bénéficiant de la présence d’un accompagnateur qui reste à leurs côtés pendant toute la durée de la sortie », indique-t-il.

Par ailleurs, 2 résidences pour seniors telles que la résidence Tramsschapp au Limpertsberg et la résidence Berlaimont, offrent aux personnes de plus de 60 ans la possibilité de mener une vie autonome tout en bénéficiant, le moment venu, d’une priorité d’admission à la Fondation Jean-Pierre Pescatore.

Faire évoluer le regard sur les maisons de retraite

L’une des préoccupations actuelles de la direction concerne l’image parfois erronée « parfois trop onéreuse », que certains citoyens continuent d’avoir de la fondation. Une récente journée portes ouvertes, qui a attiré plus de 550 visiteurs, a permis de constater l’ampleur des idées reçues encore présentes. Beaucoup découvrent alors la réalité de l’établissement, ses infrastructures, ses activités et ses services. « Nous nous devons de mieux informer le public et d’encourager les futurs résidents à anticiper leur entrée en maison de retraite plutôt que d’attendre une situation d’urgence souvent difficile à vivre ».

L’allongement du maintien à domicile, favorisé notamment par le développement des soins à domicile, conduit en effet les personnes âgées à intégrer les structures d’hébergement de plus en plus tardivement. Si cette évolution présente de nombreux avantages, elle réduit également le temps d’adaptation nécessaire pour s’approprier un nouveau lieu de vie.

Préparer l’avenir 

Comme l’ensemble du secteur, la Fondation Jean-Pierre Pescatore doit aujourd’hui faire face à l’évolution démographique et à l’augmentation constante du nombre de personnes atteintes de troubles cognitifs. Alors que le taux de dépendance des résidents a quasiment doublé en vingt ans, la direction et le conseil d’administration réfléchissent actuellement aux solutions permettant de répondre aux besoins futurs.

« Deux pistes sont à l’étude : l’adaptation de certaines infrastructures existantes ou la création d’un second site. Les discussions sont déjà bien avancées, même si aucune décision définitive n’a encore été rendue publique. Quelle que soit l’orientation retenue, une certitude demeure : la philosophie de la Fondation Jean-Pierre Pescatore restera inchangée. Nous tenons à rester fidèles aux valeurs insufflées par la famille fondatrice et entendons poursuivre notre mission avec le même objectif qu’à ses débuts : offrir aux personnes âgées un cadre de vie humain et respectueux ». 

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