Maintenir l’autonomie grâce à un logement adapté
Adapter un logement aux besoins des personnes âgées ou en situation de handicap permet de préserver autonomie et sécurité à domicile. Grâce à un accompagnement structuré et personnalisé, l’ADAPTH transforme les espaces de vie pour répondre concrètement aux besoins du quotidien. Explications avec son directeur, Pierre Minet.
Un dispositif encadré, au service de l’autonomie
L’ADAPTH asbl, bureau de conseil, qui a vu le jour dans les années 1980 autour de projets liés au handicap, a progressivement élargi ses missions pour répondre à un besoin croissant : adapter les logements aux réalités de vie des personnes. Aujourd’hui, son intervention s’inscrit notamment dans le cadre de l’assurance dépendance, l’acteur central du dispositif de l’adaptation au logement.
« Son rôle est déterminant. L’assurance dépendance évalue les besoins, encadre les interventions et finance les aménagements. Elle couvre à la fois les aides humaines, les équipements techniques et les adaptations du logement, avec un objectif clair : garantir l’accès aux espaces essentiels du quotidien, comme la chambre, la salle de bain ou les pièces de vie », explique Pierre Minet, directeur.
Une démarche structurée, de la demande à l’évaluation
Contrairement aux idées reçues, l’accompagnement ne débute pas par une prise de contact directe avec les professionnels de l’aménagement. La première étape passe obligatoirement par une demande auprès de l’assurance dépendance. « Si une personne nous contacte directement, on la renvoie vers ce dispositif. Sinon, elle risque de perdre son droit au subside », explique le directeur.
Une fois la demande introduite, une évaluation est réalisée par l’Administration d’Evaluation et de Contrôle de l’Assurance, sur base de critères précis liés à l’autonomie. Cette analyse permet de déterminer si la personne peut bénéficier d’une adaptation de son logement. Ce n’est qu’à ce stade que les ergothérapeutes d’ADAPTH interviennent, avec une mission clairement définie. « On ne vient pas avec une feuille blanche. L’assurance dépendance nous envoie avec une demande cadrée, par exemple résoudre un problème d’accès au logement, aux équipements de la salle de bains ou un changement intérieur », déclare-t-il.
Une approche sur mesure
L’intervention débute par une visite à domicile. L’objectif : comprendre la situation dans sa globalité. Au-delà des contraintes physiques, les professionnels d’ADAPTH s’intéressent aux habitudes de vie, à l’environnement et aux aides déjà en place. « Nous regardons comment la personne fonctionne au quotidien, si elle est aidée, comment la situation peut évoluer ». Cette approche globale permet d’imaginer des solutions adaptées, durables et cohérentes avec le mode de vie.
Les aménagements concernent le plus souvent la salle de bain ou les accès entre niveaux. La transformation d’une baignoire en douche de plain-pied reste l’une des interventions les plus fréquentes. Chaque projet est cependant unique.
« Cette dimension sur mesure est primordiale. Elle se traduit aussi dans les détails : positionnement des équipements, largeur des passages, ergonomie générale… Rien n’est laissé au hasard pour les bénéficiaires », explique Pierre Minet.
Un travail d’équipe
L’adaptation du logement repose sur une collaboration étroite entre les professionnels de la santé et les techniciens du bâtiment. Chez ADAPTH, les ergothérapeutes apportent leur expertise sur les capacités et les besoins des personnes, tandis que les techniciens garantissent la faisabilité des solutions.
« Nos techniciens traduisent nos propositions d’aménagement en solutions concrètes ». Une fois le projet défini, il est présenté à la personne concernée, puis validé par l’assurance dépendance. Cette étape marque le passage vers la phase opérationnelle.
Des travaux encadrés de A à Z
La réalisation des travaux suit un processus rigoureux. Un cahier des charges détaillé est établi, permettant à plusieurs entreprises de proposer une offre. « La procédure impose de demander au minimum 2 devis. L’assurance dépendance prendra en charge le montant le plus bas, mais la personne reste libre de choisir l’entreprise ». Cette souplesse importante laisse place aux préférences individuelles.
L’un des points forts du dispositif proposé par ADAPTH réside dans l’accompagnement tout au long du chantier. Contrairement à d’autres systèmes, les bénéficiaires ne sont jamais seuls. Avant le début des travaux, une réunion est organisée pour clarifier chaque étape. Pendant le chantier, des contrôles sont effectués régulièrement pour veiller au respect du cahier des charges. « Notre technicien passe sur place pour vérifier que tout est conforme, notamment avant que certains éléments ne soient refermés et plus difficilement accessibles ensuite », prévient-il.
Ce suivi permet également d’éviter les écarts entre le projet initial et la réalisation. « Sans contrôle, il peut y avoir des différences. Ici, on s’assure que tout correspond bien à ce qui a été validé ». Une fois les travaux terminés, une réception de chantier valide la conformité de l’ensemble.
Cap sur la conformité
Au-delà des logements privés, la question de l’accessibilité concerne également les bâtiments publics et collectifs. L’ADAPTH intervient également comme centre de compétence en la matière, notamment pour conseiller les acteurs publics face aux obligations légales. La législation impose une mise en conformité progressive, avec une échéance fixée au 1er janvier 2032. Sur le terrain pourtant, les avancées restent limitées. « On constate une vraie méconnaissance de la loi. Beaucoup de structures n’ont pas encore engagé les démarches nécessaires », prévient Pierre Minet.
Pourtant, les étapes sont connues : réalisation d’audits, identification des obstacles, mise en œuvre de solutions ou, le cas échéant, recours à des dérogations. Un processus qui demande anticipation et planification. « Dans le bâtiment, les délais sont longs. 2032 peut sembler loin, mais les projets doivent se préparer dès aujourd’hui ».
Sensibiliser et accompagner
Dans ce contexte, la sensibilisation apparaît comme un enjeu majeur. Car au-delà des aspects techniques et financiers, l’adaptation du logement reste avant tout une réponse concrète à un besoin fondamental : vivre chez soi, en sécurité et en autonomie.
« Notre rôle, c’est aussi d’accompagner humainement, de rassurer et d’aider les personnes à traverser ces étapes parfois complexes », conclut Pierre Minet.