Lenningen : un mandat placé sous le signe de la modernisation

À Lenningen, plusieurs chantiers structurants prennent forme. Le bourgmestre Tim Karius et les échevins Jean-Marie Hermann et Philippe Gengler reviennent sur le nouvel atelier communal et centre CGDIS, désormais lancé, ainsi que sur les projets qui suivront.

En quelques mots, pouvez-vous nous présenter la commune de Lenningen ?

TK : La commune compte environ 2.145 habitants et s’étend sur un territoire d’environ 21km². Nous sommes surnommés la porte de la Moselle puisque nous sommes l’entrée vers la région viticole. C’est à partir d’ici que commencent les vignes, ce qui offre un cadre privilégié entre la Ville de Luxembourg et la vallée de la Moselle.

PG : Nous conservons un caractère rural tout en bénéficiant d’infrastructures modernes et d’un tissu local dynamique. On y trouve notamment le golf et un ensemble d’entreprises qui contribuent à la qualité de vie des habitants. Nous sommes une commune conviviale, dotée d’une vie sportive particulièrement active, notamment en football et en tennis de table, très fréquentés par les jeunes du village.

Qu’est ce qui a motivé la construction d’un nouveau bâtiment communal et CGDIS et quelles sont ses spécificités ?

TK : La première pierre a été posée le 24 novembre, donc les dates sont encore bien fraîches. Pour revenir un peu en arrière ; en 2000 déjà, nos prédécesseurs avaient lancé l’idée de construire un nouvel atelier communal et un nouveau centre CGDIS. 20 ans plus tard, nous avons finalement pu concrétiser ce projet. Si l’on regarde les infrastructures actuelles, il est évident qu’elles ne sont plus adaptées aux besoins d’aujourd’hui. Ce projet était donc une nécessité absolue et une vraie priorité.

JMH : En 2015, une relance avait confirmé que toutes les études allaient être menées. Nous, nous sommes entrés en fonction en 2022 et aujourd’hui, les travaux ont débuté. Il faut aussi préciser que nous avons changé le site et repensé le projet. L’ancien emplacement n’était pas assez grand et, du côté des soumissions, plusieurs éléments ne tenaient pas la route. Nous avions hérité d’un projet qui n’était tout simplement pas viable.

TK : Nous avons donc choisi un terrain situé entre les villages, ce qui facilite l’accès pour les habitants et évite de traverser inutilement certaines localités. À partir de là, nous avons finalisé les planifications et obtenu l’autorisation en décembre 2024. Comme nous repartions de zéro, nous avons pu élargir le concept ; le bâtiment ne se limite pas à un atelier communal et un CGDIS, mais il intégrera également une salle de rassemblement. Cela en fait un véritable bâtiment multifonctionnel, pensé pour créer des synergies entre les services communaux et la population.

PG : Il était également important pour nous d’intégrer une démarche durable dans cette construction. Nous avons conçu le bâtiment selon des standards élevés, notamment en matière de production photovoltaïque. Nous sommes en discussion avec le ministère de l’Environnement pour un projet pilote lié à la production d’énergie et à la gestion de l’eau.

TK : La commune souffrait d’un manque d’investissement dans ses infrastructures. Ils datent, pour la plupart, des années 1960 et ne sont plus adaptés aux normes actuelles, ni en matière d’accessibilité PMR, ni en termes d’efficacité énergétique. Il était donc indispensable de construire plutôt que de rénover. En attendant de pouvoir créer tous les projets que nous souhaitons, celui-ci permettra aux habitants de louer la salle pour l’organisation d’événement, par exemple. Le site se trouve à proximité directe des infrastructures sportives, ce qui ouvre de nombreuses possibilités.

Quels autres projets d’envergure sont en cours au sein de la commune ?

TK : Nous planifions actuellement un second projet majeur, à savoir la création d’un campus scolaire. Aujourd’hui, nous fonctionnons avec quatre sites scolaires dispersés, ce qui oblige les enfants à passer beaucoup de temps dans les bus. Regrouper l’ensemble sur un seul campus permettrait d’offrir une qualité d’encadrement bien supérieure et, surtout, de renforcer les liens entre l’école et la maison relais. Actuellement, ces structures sont éparpillées : une maison relais ici, une école là, une autre à Lenningen et une plus petite ailleurs. Ce modèle n’est plus adapté à la réalité d’aujourd’hui.

JMH : Nous devons aussi rattraper plusieurs années de retard. Nous sommes en train de finaliser le concept pédagogique, qui définit comment l’école et la maison relais collaboreront au quotidien. Dès l’année prochaine, nous entrerons dans le concret, notamment en ce qui concerne la conception du bâtiment et l’organisation du futur campus. Le projet devient d’autant plus urgent que nous sommes arrivés à la limite de capacité actuelle. Avec le nouveau PAG, certaines zones du village vont pratiquement doubler leur population dans les années à venir. Nous sommes donc obligés d’agir maintenant pour anticiper ces besoins et garantir un encadrement scolaire de qualité.

TK : Sur le plan immobilier, nous finalisons un projet de trois logements abordables à Lenningen. Il s’agit d’un bâtiment protégé que nous souhaitons reconvertir, non seulement en habitations, mais aussi en un espace destiné aux clubs locaux. Cela fait plus de 20 ans que la commune n’a plus développé de logements abordables, les derniers ont été vendus il y a deux décennies. Avec le nouvel article 29bis, qui met des terrains à disposition des communes ou de l’État, nous devons assumer notre part de responsabilité et agir de manière proportionnée aux besoins locaux. C’est pourquoi nous nous sommes engagés dans ce dossier, qui est aujourd’hui très concret.

PG : En parallèle, nous poursuivons d’autres chantiers techniques, comme la finalisation du réseau de canalisations et l’arrivée de la fibre. L’année prochaine, nous souhaitons également lancer l’instauration d’une zone 30 à Lenningen, même si nous devons encore attendre la réalisation des travaux liés à la fibre pour pouvoir avancer. L’objectif serait de présenter le projet aux habitants dans la première moitié de l’année prochaine et de lancer la soumission dans le courant de 2026. Comme souvent, dès que nous ouvrons une route, d’autres interventions deviennent nécessaires : canalisation, réaménagement de la voirie, etc.

TK : Un autre projet qui nous tient particulièrement à cœur est la création d’une piste cyclable reliant Canach et Lenningen. Les avant-projets sont terminés et nous en sommes aujourd’hui à l’acquisition ou aux échanges de terrains. L’idée est de recréer une véritable unité entre les deux villages, qui forment une seule commune mais ne sont actuellement reliés que par une route nationale trop dangereuse pour les enfants. Nous aimerions pouvoir entamer les travaux avant 2029.

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