L’accompagnement social au service du logement
Le département social de la Fondation pour l’Accès au Logement accompagne chaque année ses bénéficiaires en situation précaire vers une stabilité résidentielle. Entre gestion locative sociale, suivi individualisé et coaching logement, l’objectif reste le même : permettre à chacun d’accéder à un logement digne. Diella Galani, chef du département social, nous en dit plus.
Pouvez-vous présenter le département social et ses principales missions ?
Le département social s’inscrit au cœur de la mission de la Fondation pour l’Accès au Logement depuis plus de quinze ans. Comment ? En permettant aux personnes défavorisées, exposées à la pauvreté ou à l’exclusion sociale, d’accéder à un logement. Pour ce faire, notre équipe sociale regroupe aujourd’hui 16 assistants sociaux et 2 coachs logement, répartis en trois services complémentaires : la coordination sociale, l’accompagnement social interne et le coaching logement.
La coordination sociale est responsable de l’attribution des logements en gestion locative sociale (GLS). Elle mène les enquêtes à domicile, sélectionne les candidats, organise les signatures des contrats de mise à disposition (d’une durée de trois ans, reconductibles jusqu’à cinq) et supervise notamment la mise en place du projet d’Inclusion sociale par le logement (PISL), obligatoire pour chaque ménage logé.
Ce PISL est entièrement individualisé : situation professionnelle, santé, épargne, organisation familiale, perspectives de relogement… Tous les six mois, nos coordinateurs sociaux se rendent au domicile pour évaluer le projet, l’adapter et s’assurer que les bénéficiaires avancent vers une autonomie professionnelle et financière. L’objectif principal : offrir une stabilité de logement temporaire pour permettre aux ménages de se concentrer sur leur reconstruction socio-professionnelle et par la suite, d’accéder au premier marché immobilier.
Pour garantir un suivi complet, chaque ménage logé en gestion locative sociale bénéficie d’un double encadrement social : celui de la coordination interne de l’AIS et celui d’un service d’accompagnement social externe pour des besoins plus précis. Nous collaborons avec plus de 22 services externes spécialisés : médico-social, surendettement, violences domestiques, etc.
Pour faire face au manque d’offres d’accompagnement sur le terrain, nous avons créé il y a cinq ans un service d’accompagnement social interne. Celui-ci intervient en dernier recours, lorsque les services externes ne sont pas disponibles ou lorsque la situation le nécessite. Actuellement, 113 ménages bénéficient de ce service.
Offrir une stabilité de logement pour permettre aux ménages de se concentrer sur leur reconstruction socio-professionnelle
Quel est le rôle du coaching logement et quels effets concrets avez-vous observés ?
Le coaching logement a été développé ces deux dernières années et répond à un besoin primordial : la formation des ménages pour prévenir les dégradations, éviter les factures excessives et favoriser une meilleure gestion de leur logement.
Nos deux coachs interviennent environ un mois après l’emménagement pour expliquer comment aérer ou chauffer correctement, utiliser les équipements du logement (radiateurs, ventilation, VMC), économiser l’énergie, trier les déchets, quels gestes éviter (comme un meuble collé au radiateur), quelles bonnes pratiques adopter au quotidien. Nous tenons à ce que le coaching soit totalement personnalisé afin d’éviter tout effet infantilisant. Si des problèmes apparaissent plus tard, le coach peut repasser pour un rappel, cette fois de façon plutôt curative.
Les résultats sont visibles. Les bénéficiaires sont mieux préparés lorsqu’ils quittent la gestion locative sociale pour retourner sur le marché privé ou accéder à un logement subventionné.
Combien de ménages suivez-vous ?
Parmi les 681 ménages logés par la FAL, 562 sont actuellement accompagnés par notre département social dans le cadre de leur PISL. Nous assurons également le suivi des locataires des logements abordables que la FAL gère en tant que bailleur social pour le compte des communes.
Quels défis principaux rencontrez-vous et quelles solutions développez-vous pour les prochaines années ?
Le défi majeur reste l’impossibilité, en 2025, de garantir un droit pourtant reconnu comme fondamental dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme en 1948 : l’accès au logement. La demande explose, les crises se succèdent et malgré les efforts des pouvoirs publics et des acteurs sociaux, l’offre reste malheureusement encore insuffisante.
Nous travaillons donc sur de nouvelles pistes. Parmi elles, nous envisageons de renforcer nos liens avec les agences immobilières, afin de fournir des garanties sur le sérieux des ménages sortants de la gestion locative sociale et ainsi faciliter leur retour sur le marché privé. Dans l’idée, nous souhaitons créer une « garantie FAL », qui couvrirait une partie du risque pour les propriétaires et les rassurer.