Strassen affirme son identité culturelle
L’année écoulée aura été riche pour la commune de Strassen, tant par l’ampleur des festivités organisées que par la profondeur des projets culturels mis en œuvre. Entre commémoration des 175 ans de la commune, kermesse revisitée, expositions majeures et préparation de la 13e Biennale, Strassen s’est affirmée comme un acteur culturel incontournable au Luxembourg. Rétrospective de l’année écoulée avec son bourgmestre, Nico Pundel.
Un anniversaire réussi
Les festivités des 175 ans de Strassen ont été lancées presque spontanément : décidées en juin, elles ont pourtant rencontré un succès remarquable. Au cœur de cet anniversaire figurait un magazine retraçant l’histoire de la commune, présenté sous forme de ligne du temps. « Cette initiative a été accueillie avec un réel enthousiasme : les citoyens y ont trouvé un support clair, vivant et accessible à tous », explique Nico Pundel, le bourgmestre.
L’exposition photographique constituait l’autre grand pilier de l’événement. Installées sur les vitres extérieures et dans l’espace intérieur de l’administration communale, les images retraçaient surtout les cinquante dernières années de la vie locale. Ce choix a suscité des échanges intenses, « notamment avec les « anciens » de Strassen, venus reconnaître leurs photos de classe, leurs parents ou des lieux familiers. Pour les nouveaux habitants, ces clichés étaient l’occasion de découvrir une commune à l’histoire wriche », indique-t-il. Souvent présentée comme un simple moment festif, la kermesse s’est transformée cette année en véritable lieu de rencontre intergénérationnelle. Étendue sur deux jours, elle a pris place sous une « tente miroir » emblématique, accueillant animations, illuminations, musique et même un carrousel. L’ouverture officielle a donné lieu à une présentation du passé de la commune, créant un pont entre mémoire collective et ambiance populaire. « Plus de 3.000 personnes ont pris part aux festivités », apprécie le bourgmestre.
Une Biennale sous le signe du chiffre 175
Après ce succès, Strassen prépare désormais la treizième édition de sa Biennale d’art, qui s’articulera autour du thème : « 175 : un chiffre, une somme, un âge, une période, une localité, une identité ». Plutôt que de se limiter à l’anniversaire communal, la thématique s’ouvre sur une réflexion plus large, autour des symboles, des cycles et même des mystères. « La somme des chiffres 1+7+5 menant à 13, nous avons choisi d’assumer pleinement cette coïncidence, entre superstition, chance et continuité. C’est également un clin d’œil à la 13e Biennale ».
Fidèle à son habitude, la commune de Strassen entend garantir un niveau d’exigence élevé. Le jury sera composé exclusivement d’experts reconnus. Le bourgmestre insiste : « nous ne souhaitons pas recourir à un jury politique. Il n’y a pas de favoritisme pour le choix des œuvres, mais une sélection rigoureuse, ancrée dans les standards professionnels ».
Contrairement aux premières éditions où les œuvres étaient directement déposées en masse, les candidats ne remettent désormais qu’un dossier de participation. Cette procédure permet d’éviter les excès constatés juste après la période Covid, où le Centre culturel Paul Barblé avait été saturé d’œuvres. Aujourd’hui, le nombre final de participants oscille généralement entre 35 et 40, en fonction de la qualité des propositions.
« La Biennale reste ouverte à tous : artistes luxembourgeois, créateurs de la Grande Région ou talents émergents reconnus localement. Le Prix Jeune continue d’être un marqueur fort : plusieurs lauréats des éditions précédentes sont devenus des artistes confirmés, faisant de Strassen un tremplin réel pour la nouvelle génération d’artistes », rappelle Nico Pundel.
Une exposition majeure sur l’art luxembourgeois (1930–1960)
En parallèle de la Biennale, la commune prépare une autre exposition d’envergure, centrée sur une période charnière : les années 1930 à 1960. Ce projet, fruit de la collaboration entre deux chercheurs spécialisés. Il s’inscrit dans la continuité des grandes expositions précédentes consacrées aux 50 et 100 dernières années de l’art luxembourgeois.
« Cette prochaine édition promet une plongée profonde dans la création artistique d’avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale. L’exposition explorera les trajectoires individuelles : artistes favorisés par le régime nazi, créateurs juifs interdits d’exposer, mais aussi résistances, silences et évolutions stylistiques de l’époque », décrit le bourgmestre. Cette démarche permettra de mieux comprendre comment le contexte politique a modelé le paysage artistique national.
Les œuvres qui y seront présentées proviennent, pour beaucoup, de collections privées, rarement voire jamais exposées auparavant. Leur valeur considérable impose une sécurité continue, avec surveillance 24h/24 durant les deux semaines d’exposition.
Un véritable pôle culturel
Le Centre culturel Paul Barblé joue un rôle décisif dans le rayonnement culturel de Strassen. En accueillant des expositions de haut niveau, la commune affirme son identité culturelle et sa volonté d’apporter, selon le bourgmestre, « une nourriture pour l’âme et l’esprit », au-delà des festivités populaires.
En effet, à cela s’ajoutent les 104 événements organisés cette année, soit une moyenne de deux activités par semaine qui transforment Strassen en une commune dynamique où les habitants, nouveaux comme anciens, trouvent continuellement matière à participer et à se rencontrer.
Des projets pour la jeunesse et le sport
Au-delà de la culture, le collège des bourgmestre et échevines a décidé d’investir dans les infrastructures dédiées à la jeunesse et au sport. En témoigne le nouveau stade de football et le skatepark qui ont été récemment inaugurés. « Le skatepark rencontrent un succès supérieur aux attentes, notamment grâce au rôle de deux jeunes encadrants. De plus, la nouvelle Maison des Jeunes, modulaire, ouvrira au printemps prochain. Elle deviendra la plateforme centrale pour les 10/25 ans, un segment longtemps considéré comme insuffisamment couvert à Strassen », explique Nico Pundel.
Enfin, dans le domaine du sport, la commune souhaite désormais proposer une offre pour les actifs, entre 17h et 22h, afin d’élargir une programmation jusqu’ici surtout tournée vers les retraités. « L’arrivée d’un coordinateur sportif marque le lancement de cette nouvelle orientation », conclut le bourgmestre.
Mieux comprendre comment le contexte politique a modelé le paysage artistique national