Luxair: l’avenir dans l’air

Depuis cinq ans, Gilles Feith pilote Luxair avec précision. Depuis le Findel jusqu’aux destinations émergentes, la compagnie poursuit son envol avec une vision bien définie : moderniser sa flotte, enrichir l’expérience passager et élargir son réseau, tout en restant fidèle à ses valeurs. Rencontre avec celui qui façonne l’avenir de l’aérien luxembourgeois. 

Plan de vol 

« Mon rôle de CEO n’est pas différent de celui de n’importe quel dirigeant. Ma responsabilité est de fédérer et de garder la stratégie de la société en mémoire », explique Gilles Feith. À la tête de Luxair depuis cinq ans, il met un point d’honneur à maintenir le cap d’une entreprise qui joue un rôle clé dans la connectivité de la Grande Région. L’objectif de la compagnie est clair : offrir un service aérien de qualité, tout en restant socialement responsable. Selon lui, Luxair doit non seulement transporter des passagers, mais aussi soutenir l’économie et préserver le modèle social luxembourgeois, unique au monde. 

Avec plus de 2.000 collaborateurs, la compagnie avance grâce à un travail d’équipe constant. En 2026, elle prévoit relier 101 destinations. Mais au-delà des chiffres, c’est une mission de long terme qui anime son dirigeant : faire évoluer l’entreprise pour qu’elle reste durable, solide et pertinente pour les futures générations. Dans un marché façonné par les géants low cost, elle défend son indépendance et son modèle équitable ; « nous volons en toute indépendance commerciale », rappelle le directeur. 

À pleine altitude

Lorsqu’il a pris les commandes de la compagnie en juin 2020, il a rapidement compris que les défis allaient au-delà de la crise sanitaire ; « je pensais que Luxair avait le Covid, mais en réalité, elle avait bien plus que ça, elle souffrait de problématiques plus profondes », confie-t-il. Pour relancer la dynamique, il a fallu investir massivement, notamment dans la flotte et les installations. Avec le soutien du conseil d’administration, près d’un milliard d’euros ont été engagés pour la modernisation des avions et l’amélioration du service, dont le premier appareil de cette nouvelle génération a fait son arrivée en novembre dernier. « Les nouveaux avions permettront une réduction de 25 à 30% de la consommation de carburant, soit jusqu’à 1.4 million d’euros d’économies par avion et par année », détaille Gilles Feith.

Cette approche responsable s’étend à tous les niveaux : la compagnie prévoit d’éliminer progressivement le plastique à bord et d’introduire les emballages renouvelables dès l’an prochain. « La durabilité passe aussi par une vision éthique du transport aérien. Il ne faut pas que voler devienne une simple commodité. Les billets à prix cassés que l’on peut voir dans d’autres compagnies ne reflètent pas la réalité des coûts et dévalorisent le travail des équipes ainsi que l’utilisation des ressources environnementales mobilisées. Nous défendons un modèle où le vol reste socialement et écologiquement responsable, loin de la logique de volume d’autres compagnies », insiste-t-il.

Cap sur le digital 

Dans un secteur déjà largement numérisé, l’entreprise a fait le choix de s’appuyer sur Amadeus, un acteur majeur des technologies de l’aviation, qui permet à la compagnie de bénéficier des mêmes standards technologiques des plus grands transporteurs, avec un niveau de qualité équivalent. « Ce partenariat avec Amadeus nous permet d’avoir les outils pour couvrir l’ensemble du parcours client. De la réservation du vol en ligne, au check-in, et jusqu’au traitement au sol. C’est un système coûteux, mais essentiel », souligne Gilles Feith. 

Il rappelle également l’importance pour les voyageurs de réserver directement auprès des compagnies ; « lorsqu’un client achète son billet chez nous, nous pouvons le suivre, intervenir rapidement en cas de problème et trouver des solutions adéquates. C’est notre responsabilité de nous assurer que le voyage se fasse dans les meilleures conditions possibles, un niveau de service que les plateformes tierces ne peuvent tout simplement pas assurer ». 

Nouvelles trajectoires 

Les projets futurs de Luxair s’inscrivent dans la continuité de cette logique de proximité. « Nous sommes une compagnie aérienne régionale, avec un modèle unique : nous servons une région. Mais lorsque l’on sert une région, il faut aussi se diversifier et proposer de nouvelles destinations. Les gens ne veulent pas aller toujours au même endroit ». En ce sens, six nouvelles destinations seront proposées l’année prochaine, parmi lesquelles Édimbourg, Gérone, Alicante, Tunis et Helsinki.

Certaines lignes sont aussi nées de rencontres et d’opportunités inattendues. L’ouverture de São Vicente, au Cap-Vert, en est un bon exemple ; « l’ancien ambassadeur du Cap-Vert nous avait fait remarquer, lors d’une visite il y a quelques années, qu’une importante communauté originaire de là-bas vivait ici, au Luxembourg, sans aucune liaison directe. Nous avons testé la ligne, et elle a immédiatement été un succès », raconte Gilles Feith. 

Sur le tarmac du Findel, les accents se multiplient. La clientèle de Luxair s’élargit au-delà des frontières : belges, français, allemands… tous cherchent ici une expérience de vol sereine. « De plus en plus de passagers n’hésitent pas à faire plusieurs heures de route pour embarquer avec nous. Aujourd’hui, nous remarquons que les passagers luxembourgeois deviennent une minorité. Notre volonté est bien-sûr de garder ce volet et cette identité, mais aussi de nous ouvrir largement à la Grande Région », conclut le CEO. 

Par Barbara Pierrot

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