Fonds nova naturstroum, le fonds vert à l’avant-garde

Depuis sa création en 2004, le fonds nova naturstroum, intégré à la Fondation Enovos en 2010, soutient financièrement des initiatives témoignant d’un engagement écologique fort et menées au Luxembourg. Son objectif : défricher de nouveaux terrains pour accélérer la transition énergétique. Pour y parvenir, il réserve sa dotation annuelle aux projets les plus innovants. Jean-Marie Ries et Laurent Magi, depuis peu président et secrétaire-trésorier du fonds, reviennent sur ses ambitions et nous dévoilent les nouveautés pour 2024.

 

Une histoire de précurseurs

À l’aube de son 20e anniversaire, le fonds nova naturstroum entame une nouvelle page de son histoire : ses fondateurs, Frantz Charles Muller et Erny Huberty, en ont récemment laissé les rênes à Jean-Marie Ries et Laurent Magi. Le premier, secrétaire général de l’asbl natur&ëmwelt, en assume la présidence depuis 2022, alors que le second, Head of Energy Transition Services chez Teseos Luxembourg, en est devenu secrétaire-trésorier cette année. La philosophie du fonds, en revanche, reste inchangée : « Le comité s’est toujours montré en avance sur son temps en promouvant le développement durable par des moyens complémentaires aux subventions étatiques et communales existantes. Nous œuvrerons dans la continuité en cherchant perpétuellement de nouvelles niches. Lorsque d’autres acteurs s’empareront des mêmes sujets et que les aides y afférentes se généraliseront, nous trouverons d’autres démarches toujours plus innovantes à soutenir pour inciter le maximum de particuliers et d’organisations à s’engager sur le plan écologique », déclare Jean-Marie Ries.

En effet, créé en 2004 sous forme d’asbl par natur&ëmwelt, energieagence et Enovos, le fonds d’investissement vert nova naturstroum a toujours eu pour mission de primer des études ou des projets qui encouragent le développement durable sur le sol luxembourgeois. Un jury assisté par un groupe d’experts issus des ministères de l’Énergie, de l’Économie et du secteur communal distribue ainsi chaque année une dotation de 200.000 euros allouée par la Fondation Enovos. Ce montant, reversé sous forme de primes, récompense des particuliers, des communes, des établissements publics ou scolaires, des ONG, des entreprises, des asbl ou encore des coopératives ayant réalisé des projets relatifs aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique, aux écotechnologies, à l’utilisation rationnelle des ressources naturelles ou, depuis peu, à la décarbonation. En près de 20 ans, quelque 4.500 primes ont été attribuées, pour un montant total de 3,1 millions d’euros.

 

Des aides ciblées…

Le fonds octroie des primes dites « ciblées » pour la réalisation de projets très spécifiques, dont la liste est actualisée annuellement. « Après avoir subventionné les pompes à chaleur durant plusieurs années, nous n’accorderons désormais nos aides qu’à celles couplées à une installation photovoltaïque, et ce pour encourager l’autoconsommation. Depuis l’année dernière, nous offrons également des primes à l’installation d’un chauffe-eau thermodynamique, une technologie qui, jusqu’à présent, n’est soutenue que par notre fonds », indique Laurent Magi.

Même si nos aides ne couvrent pas les frais dans leur intégralité, l’assurance d’un coup de pouce aide parfois à passer à l’action

Comme les années précédentes, le fonds continuera de récompenser d’une prime « bâtiment d’habitation – construction durable » les projets ayant obtenu la certification LENOZ. Il subventionne également les installations solaires thermiques d’au moins 18 m2 et l’autoconsommation électrique via les systèmes de stockage d’énergie (type batterie) d’une capacité de 5 kWh minimum. « En outre, nous promouvons les initiatives à caractère éducatif et de sensibilisation en allouant une aide aux événements labellisés « Green events » ou encore aux établissements scolaires qui obtiennent le label SuperDrecksKëscht et qui, en parallèle, prévoient une campagne de sensibilisation auprès de leurs élèves », ajoute Jean-Marie Ries.

Les primes du fonds visent également à soutenir le déploiement d’une mobilité décarbonée : « Nous délivrions des aides pour les bornes de recharge « simples » jusqu’à ce que l’État ne prenne la relève en quelque sorte. Désormais, nous cherchons à promouvoir l’électromobilité là où elle peine à s’installer, à savoir dans les résidences. Pour ce faire, nous octroyons un montant qui peut atteindre 4.000 euros pour l’installation d’un système de gestion intelligent centralisé et jusqu’à 1.000 euros supplémentaires pour chaque borne qui viendrait se connecter individuellement à cette intelligence centrale », détaille le secrétaire.

Qui plus est, le fonds prévoit des primes pour les cyclomoteurs électriques dont la vitesse dépasse 25 km/h ainsi qu’une aide « mobilité durable pour le transport scolaire » s’adressant aux administrations communales qui électrifient leur flotte de bus ou qui proposent un service pédibus.

 

… aux coups de cœur

Par ailleurs, le jury du fonds se réserve une enveloppe conséquente destinée à récompenser des projets « hors catégories » présentant un caractère exceptionnel, innovant, multiplicateur ou didactique. « Pour ceux-ci, le comité fonctionne au coup de cœur et les lauréats se voient remettre un prix au cours d’une cérémonie annuelle. Ainsi, les primes promotionnelles et les prix spéciaux du fonds nova naturstroum participent à augmenter la visibilité des organisations qui ont réalisé des efforts substantiels en matière de développement durable », précise le président.

De surcroît, le comité propose des primes « monitoring énergétique » et d’étude, rebaptisées pour 2024 « primes d’étude de décarbonation et de concepts durables ». « Il est difficile de prendre des mesures pertinentes sans données précises sur lesquelles se baser. C’est la raison pour laquelle il nous semble important de soutenir la collecte d’informations. Aussi, depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en particulier, nous voulons pousser la décarbonation au maximum. L’État fait déjà beaucoup à cet égard pour les grandes entreprises. De notre côté, nous souhaitons encourager les plus petites, mais aussi les communes, à réaliser des bilans carbone, des audits énergétiques (non réglementaires) ou encore des études de décarbonation. Les démarches de ce type ont un coût et, même si nos aides ne couvrent pas les frais dans leur intégralité, l’assurance d’un coup de pouce aide parfois à passer à l’action », explique Jean-Marie Ries.

En somme, les occasions de se voir attribuer une aide sont nombreuses tant le développement durable s’entend au sens large. Toutes les demandes pour les projets réalisés cette année sont à adresser à l’asbl fonds nova naturstroum pour le 31 décembre. Et ceux qui envisagent d’améliorer leur empreinte écologique l’année prochaine, le comité les invite à consulter la brochure 2024 bientôt disponible.

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